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    Europe

    Espagne: le procès des indépendantistes catalans a commencé sous haute tension

    media Les magistrats du Tribunal suprême en charge du procès des indépendantistes catalans, ce mardi 12 février 2019 à Madrid. Emilio Naranjo / POOL / AFP

    Un procès inédit s'est ouvert ce mardi 12 février 2019 à Madrid. Douze leaders indépendantistes catalans comparaissent pour le rôle qu'ils ont joué lors de la tentative de sécession de la Catalogne, il y a un an et demi. Tous encourent des peines très lourdes.

    Situé en plein cœur de Madrid, le Tribunal suprême était placé ce mardi sous haute surveillance. Autour du tribunal, la tension était considérable entre les insultes de ceux qui exigent la plus grande sévérité contre les prévenus, et les vivas des supporters séparatistes catalans, a constaté notre correspondant à Madrid, François Musseau. Ceux-ci sont arrivés depuis les prisons de Soto del Real et d’Alcalá-Meco, dans le nord de la capitale.

    Accusés de rébellion contre l’Etat espagnol, ils ont tenus des propos très véhéments dès l'ouverture de ce procès considéré comme étant le plus décisif de ces quarante dernières années. L’ancien président catalan et chef de file des sécessionnistes Carles Puigdemont, actuellement à Berlin, a demandé à Madrid « d’absoudre les 12 personnes mises en examen ».

    L'intégrité du tribunal remise en cause

    Cette première journée a donné lieu aux questions préliminaires des avocats de la défense. Tour à tour, ils ont fait le procès de la justice espagnole. Ils ont notamment demandé la nullité pure et simple de la procédure, en remettant en cause l'intégrité du juge d'instruction et d'une partie du tribunal. Le plus vindicatif, Jordi Pina, avocat de trois des accusés, a même demandé explicitement aux magistrats « de jouer leur rôle de juges et non pas de sauveurs de la patrie espagnole ».

    Mais malgré ces dures accusations ponctuées de marques de respect au tribunal, le ton restait cordial, rapporte notre correspondante, Elise Gazengel. Ce mercredi, ce sera au tour des parties accusatrices d'exposer leurs questions préliminaires. Des allégations qui devraient être plus courtes, avant, si le temps le permet, de commencer les interrogatoires des 12 indépendantistes catalans.

    Les accusés sont d'anciens leaders politiques soupçonnés d’avoir tenté d’arracher par la force la partition de la Catalogne et, selon les dires du procureur général, d’avoir essayé de « briser l’Espagne ». Jamais, depuis la fin du franquisme, des chefs d’accusation frappant des responsables politiques n’avaient été aussi graves : rébellion, sédition, malversations ou désobéissance.

    De lourdes peines ont été requises

    Ainsi, l’ancien vice-président de la Catalogne Oriol Junqueras, l'ancienne présidente du parlement régional Carme Forcadell et deux leaders associatifs, risquent entre 17 et 25 années de prison. Toutefois, selon Hubert Peres, professeur de sciences politiques à l'Université de Montpellier, on peut s'attendre à ce que les peines soient moins lourdes que celles qui ont été requises. « Je suis assez persuadé qu’il y aura relativement peu de prison pour un grand nombre des accusés, nous explique t-il. Par exemple, l’ex-numéro 2 de la Generalitat est passible de vingt-cinq ans de prison, je crois, et il serait très, très étonnant qu’on en arrive là.

    On peut prévoir qu’il sera difficile à l’accusation de prouver les délits les plus graves, de rébellion et de sédition, qui impliquent un usage de la violence et l’usage de la violence n’est pas facilement prouvable. En tout cas, il n’est pas facilement prouvable que, parmi les douze qui vont être jugés par le tribunal suprême, pendant près de trois mois, qu’il aurait délibérément été fait usage de pression violente sur la vie politique catalane ».

    Un procès qui devrait durer au moins trois mois et ne contribuera pas à apaiser les tensions politiques entre Madrid et Barcelone.

    ► À relire : Les indépendantistes catalans sur le banc des accusés

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