GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Lundi 15 Juillet
Mardi 16 Juillet
Mercredi 17 Juillet
Jeudi 18 Juillet
Aujourd'hui
Samedi 20 Juillet
Dimanche 21 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Europe

    Cinq ans après Maïdan, l’Ukraine reste attachée aux accords de Minsk

    media Oleg Shamshur, l'ambassadeur d’Ukraine en France. RFI

    Il y a cinq ans, le 20 février 2014, en Ukraine, les manifestations pro-européennes prenaient un tour tragique. Près de cent personnes étaient tuées près de la place de l’Indépendance à Kiev. Dans la foulée de cette journée de violences, le président Ianoukovitch prenait la fuite, laissant la place à un gouvernement pro-européen. Oleg Shamshur, l’ambassadeur d’Ukraine en France fait le point sur l’état de son pays.

    RFI : Cinq ans après la révolution, l’Ukraine se retrouve amputée de la péninsule de Crimée, la guerre continue de déchirer le Donbass, dans l’est du pays et la lutte contre la corruption et les réformes n’avancent pas assez vite, aux yeux de nombreux observateurs. Quel bilan tirez-vous de ces cinq années ?

    Oleg Shamshur : En ce jour où nous commémorons la tuerie à Maïdan, je ressens de l’amertume. Pendant toutes ces années, nous avons essayé de trouver des réponses à deux questions essentielles : comment lutter contre l’agression russe et comment réformer le pays ?

    Je pense qu’en dépit de toutes les difficultés rencontrées, le bilan est plutôt positif. Nos soldats, nos volontaires ont réussi à stopper la progression russe. Notre armée a gagné en efficacité. Nous avons aussi commencé à changer profondément le pays. Vous le savez bien en France, les réformes ne sont pas toujours immédiatement suivies de résultats. Mais ces réformes ont été entamées dans presque tous les secteurs de notre société. Les choses ont commencé à changer. Le pays est en pleine transformation et je suis plutôt optimiste quant à ses perspectives.

    La guerre dans le Donbass a déjà fait plus de 13 000 morts et si l’intensité a baissé, aucune issue ne semble en vue, aucun des points de l’accord de Minsk n’est respecté à commencer par le retrait des armes lourdes de la ligne de front. L’Ukraine considère-t-elle que les accords de Minsk sont encore en mesure d’apporter une solution à ce conflit ou faut-il une nouvelle approche pour régler la situation dans le Donbass ?

    L’annexion de la Crimée et l’occupation d’une partie du Donbass c’est une blessure pour nous. Dans l’est du pays, la situation reste très instable, dangereuse, en raison des actions de la Russie.

    Les principes fondamentaux des accords de Minsk, le cessez-le-feu et le retrait des armes lourdes ne sont pas respectés par la Russie. Dès la dernière tentative d’instauration d’une trêve, nos positions ont été pilonnées par les forces russes près de 2 200 fois avec 30 soldats ukrainiens tués, 140 soldats blessés. 

    Pour dissimuler leurs actions, les Russes empêchent le travail de la mission de l’OSCE. Malgré cela, l’Ukraine reste attachée à la mise en œuvre des accords de Minsk, mais nous ne voyons ni d’intérêt ni de volonté de la part de la Russie pour respecter ces accords.

    Mais l’Ukraine non plus n’a pas retiré ses armes lourdes.

    Nous ripostons aux tirs des forces russes. C’est notre obligation de protéger notre population et nos soldats, parce que nous avons déjà eu une expérience douloureuse dans le passé : nous n’avons pas riposté et nous avons alors perdu des civils et des soldats.

    En novembre, la Russie a arraisonné trois bâtiments de la marine ukrainienne dans le détroit de Kertch.

    Quelle est aujourd’hui la situation en mer d’Azov et dans les ports ukrainiens ?

    Depuis cet acte d’agression russe, en novembre, la situation ne s’est pas améliorée. Les experts internationaux et nous-mêmes avons noté une augmentation de la présence militaire russe dans le détroit de Kertch et en mer d’Azov.

    La Russie tente de transformer la mer d’Azov en une mer intérieure russe. Les Russes ont illégalement instauré un contrôle des navires dans le détroit de Kertch. Les bateaux ukrainiens ou étrangers sont contrôlés minutieusement. Nous avons aussi noté une augmentation des activités militaires en mer Noire.

    Tout cela est très préoccupant. Ils essayent d’étrangler économiquement les ports ukrainiens de la mer d’Azov pour instaurer un climat de mécontentement. Nous avons vécu tout cela à la fin de l’année dernière et aujourd’hui nous observons que les choses empirent.

    Les Européens ont décidé de sanctionner la Russie pour son comportement en mer d'Azov à l'encontre de l'Ukraine. Huit ressortissants russes vont être placés sur la liste noire de l’UE pour leur responsabilité dans ces incidents. Ses sanctions sont-elles, à votre sens, suffisantes ?

    Nous sommes d’avis qu’il faut plus de sanctions et qu’elles doivent être plus dures. Le « paquet d’Azov », approuvé par l’UE est très important, parce que c’est un signal politique important pour la Russie, qui signifie qu’il y a un prix à payer pour les actes d’agression. Nous pensons que les sanctions d’Azov peuvent être étendues et renforcées.

    Après l’incident dans le détroit de Kertch, l'Allemagne et la France s'étaient opposées en décembre à l'instauration de nouvelles sanctions et avaient à l'époque réclamé plus de temps pour négocier la libération des marins et la restitution des bateaux. Est-ce que vous considérez que vous avez été suffisamment soutenu ?

    Nos partenaires français et allemand, comme je le comprends, ont voulu essayer d’infléchir le comportement des Russes en obtenant la libération des marins et la restitution des navires par le biais de la négociation et de la persuasion. Faute de réaction positive de la part de la Russie, la France et l’Allemagne ont joué un rôle important dans l'instauration de nouvelles sanctions. Nous apprécions la position prise par la France, de même que les efforts faits par l’UE pour minimiser les dégâts économiques provoqués par les actions de la Russie dans la mer d’Azov.

    Je veux aussi saluer ici l’accord intergouvernemental conclu entre la France et l’Ukraine pour améliorer la qualité de l’eau potable dans le port de Marioupol.

    Le 31 mars aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle. L'envoyé spécial américain en Ukraine Kurt Volker a récemment accusé la Russie de s'ingérer dans la campagne présidentielle ukrainienne. Est-ce que c’est quelque chose que vous redoutez ?

    Nous n’avons aucun doute que la Russie fera tout son possible pour entraver le processus électoral en Ukraine. Nous sommes surtout préoccupés par le fait qu’ils utilisent les moyens de la cyberguerre. Nous sommes en première ligne, ces quatre dernières années, nous avons subi 7 000 cyberattaques russes. Nos services spéciaux ont découvert quelques tentatives des Russes d’influencer le processus électoral en Ukraine.

    Des organisations comme la « Balaklava blanche » sont soutenues par les autorités russes pour s’ingérer dans le processus électoral ukrainien.

    C’est très sérieux pour nous. Les enjeux politiques sont très importants pour l’Ukraine, mais aussi pour l‘Europe tout entière. Nous avons vu des tentatives d’ingérence en France, en Grande-Bretagne, dans beaucoup de pays européens et non européens. Cette semaine, les présidents français et russe se sont parlé au téléphone. Ils ont évoqué la situation en Ukraine.

    Vladimir Poutine s’est plaint d’une « campagne anti-russe lancée par Kiev » et notamment du fait que l’Ukraine ait décidé de ne pas autoriser des observateurs russes lors de l'élection et qu’elle refuse de mettre en place des bureaux de vote en Russie. Pourquoi une telle décision ?

    L’Ukraine a toujours soutenu les efforts de transparence et les principes démocratiques dans le déroulement des élections. Nous avons enregistré plus de 900 observateurs internationaux pour l’élection présidentielle. Mais en ce qui concerne la participation des observateurs russes, notre Parlement, la Rada, a pris une décision : les observateurs qui représentent un pays agresseur ne peuvent pas participer aux missions de contrôle des élections en Ukraine. Nous sommes persuadés qu’ils n’en ont pas le doit ni d’un point de vue moral ni juridique.

    Lire aussi : Ukraine: cinq ans après les violences du Maïdan, «la justice n'avance pas»

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.