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    Europe

    L'accord de Brexit rejeté aux Communes, nouvel échec pour Theresa May

    media La Première ministre Theresay May s'exprime devant les Communes le 12 mars 2019, après le second rejet de l'accord de Brexit qu'elle négocie avec Bruxelles. Reuters TV via REUTERS

    Les députés britanniques ont rejeté, mardi 12 mars, l'accord de Brexit négocié entre Londres et Bruxelles, par 391 voix contre 242, plongeant le Royaume-Uni dans l'incertitude à 17 jour de la date prévue du divorce. Le texte avait déjà été massivement rejeté en janvier. Après le vote de ce mardi, la Première ministre Theresa May a répété que cet accord était « le seul et meilleur accord possible ».

    A dix-sept jours de la date prévue du Brexit, les députés britanniques de la Chambre des communes ont rejeté dans la soirée du mardi 12 mars, par 391 voix contre 242, l'accord de retrait que leur présentait pour la seconde fois Theresa May. La sanction est moins lourde que le 15 janvier dernier, quand l'accord de retrait avait été balayé par 432 voix contre 202, mais le résultat est le même : le Royaume-Uni est plongé dans une crise politique d'une gravité sans précédent depuis plusieurs générations.

    Ce vote, en outre, est un cinglant désaveu pour la Première ministre conservatrice qui a âprement négocié ce texte de près de 600 pages pendant de longs mois, et pose la question de sa survie à la tête de l'exécutif.

    Le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn a, lui, estimé que l'accord présenté par Theresa May était « clairement mort ».

    « Je regrette profondément la décision que cette Chambre a prise », a déclaré Theresa May immédiatement après le vote, l'air fatigué et la voix enrouée, comme une métaphore des difficultés qu'elle rencontre dans ce processus d'une incroyable complexité, né du vote des Britanniques en faveur du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016. Avant de demander à la Chambre des communes ce qu'elle veut désormais : « Souhaite-t-elle révoquer l'article 50 (qui a lancé le processus de divorce, ndlr) ? Veut-elle organiser un deuxième référendum ? Ou partir avec un accord, mais pas cet accord ? »

    La prochaine étape : ce mercredi 13 mars, les députés votent sur la possibilité d'une sortie de l'UE sans accord. Si le Parlement exclut cette option, les députés revoteront jeudi sur une proposition de report « limité » de la date du Brexit.

    L'UE a fait « tout ce qu'elle a pu »

    Plusieurs réactions ont fusé immédiatement après le vote. L'UE a fait « tout ce qu'elle a pu » pour que l'accord soit approuvé, a indiqué Michel Barnier, le négociateur en chef du Brexit pour l'Union européenne. « L'impasse peut uniquement être surmontée par le Royaume-Uni », a tweeté Michel Barnier, ajoutant que les préparatifs de l'UE en cas de divorce sans accord « étaient maintenant plus importants que jamais ».

    Le vote de rejet du Parlement britannique a accru de façon « significative » le risque d'un Brexit sans accord, a de son côté estimé Preben Aamann, le porte-parole du président du Conseil européen. « Il est difficile de voir ce que nous pouvons faire de plus. S'il y a une solution à l'impasse actuelle, elle peut seulement être trouvée à Londres », ajoutant que l'UE allait continuer ses « préparatifs » pour un Brexit sans accord.

    L'Union européenne se dit, pour sa part, « prête à considérer » un report de la date du Brexit si le Royaume-Uni devait en faire une demande « motivée », a déclaré une porte-parole de la Commission européenne, Mina Andreeva. Elle sera décidée à l'unanimité « en tenant compte des raisons » avancées et « de la durée » demandée, a-t-elle ajouté.

    « La solution à l'impasse ne peut être trouvée qu'à Londres », a réagi mardi l'Elysée. « La France regrette le vote de ce soir », a déclaré la présidence française, en précisant que Paris ne pourrait « en aucun cas accepter une extension (de la date du Brexit) sans une stratégie alternative, crédible, de la part du Royaume-Uni ».

    A Strasbourg, les eurodéputés inquiets ou euphoriques

    La confusion règne aussi au Parlement européen chez les députés. Le rejet de l’accord des parlementaires britanniques n’a pas été une surprise, rapporte notre envoyée spéciale à Strasbourg, Domitille Piron. Certains eurodéputés s’inquiètent, d’autres se réjouissent à l’issue du vote, à l’image de David Coburn, membre du parti pour le Brexit et eurodéputé pour l’Ecosse. « C'est excellent de partir sans deal [accord], je suis un architecte du Brexit, donc je suis heureux avec ça. »

    Une sortie du Royaume-Uni de l’UE sans accord n’est pas du goût de la majorité des parlementaires à Strasbourg. Et pour ajouter à la confusion ambiante, d’autres députés européens se réjouissent du rejet de l’accord sur le Brexit, parce qu’ils voient là une issue vers un maintien du Royaume-Uni dans l’Union. C’est le cas de Charles Tannock, membre du parti conservateur : « Je suis très heureux, parce que je suis complètement contre le Brexit, c'est une erreur historique. Et à mon avis, l'accord qu'elle a fait avec l'aide des 27 est mort et elle ne peut pas le refaire trois fois. Elle doit maintenant penser soit à un deuxième référendum - mon choix préféré - ou bien rester dans le marché interne. »

    Et face aux incertitudes, les députés européens voteront dès aujourd’hui un ensemble de mesures d’urgence pour assurer un minimum de service entre le Royaume-Uni et l’UE, en cas de Brexit sans accord.

    Quant aux députés britanniques, ils sont plus que jamais divisés.

    Je pense que cet accord est mort. Si Theresa May veut un résultat différent, elle doit présenter un accord différent ainsi qu’une autre déclaration politique.

    Certains, comme la travailliste Seema Malhotra, veulent reprendre tout à zéro face à une impasse 13/03/2019 - par Muriel Delcroix Écouter

    Le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn a, lui aussi, estimé que l'accord de Mme May était « clairement mort ».

    « Deal » ou « no deal »

    Deux nouveaux votes doivent avoir lieu à la Chambre des communes britannique : l'un sur une sortie sans accord et l'autre jeudi sur un délai pour le Brexit. Quels sont les scénarios envisageables à 17 jours de la date théorique du divorce avec l'UE ?

    « Un no deal - une sortie de l'UE sans accord - supposerait de retomber sur les règles de l'OMC. Il est très peu probable qu'une majorité des députés aille dans cette direction. Si une majorité vote contre le no deal, le jour d'après il y aura un vote pour savoir s'ils souhaitent prolonger le déclenchement de l'article 50, ce qui supposerait une négociation avec le reste des partenaires européens », explique Sophie Heine, politologue et chercheure associée à l'Université d'Oxford.

    « Il faut souligner que les députés auront un véritable choix, pourront décider en âme et conscience, il n'y aura pas de consigne de vote de la part de Theresa May, poursuit la chercheuse. Alors après, sa tentative de mettre beaucoup de pression quand même sur les membres de son propre parti, en créant une atmosphère de tension, je pense que c'est une façon d'accepter le jeu de la démocratie parlementaire et c'est très cohérent avec la façon dont la démocratie britannique a toujours fonctionné, puisqu'un parlementaire britannique doit à la fois suivre son électorat mais il doit aussi suivre sa conscience, son opinion influencée par son idéologie mais par ses propres valeurs aussi. »

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