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    Un seul soldat poursuivi pour le Bloody Sunday, déception des familles

    media A Londonderry, en Irlande du Nord, le 30 janvier 1972, l'armée britannique a tué 13 manifestants pacifistes. (Photo by Popperfoto/Getty Images)

    47 ans après la tuerie du « Bloody Sunday » en Irlande du Nord où 14 civils catholiques ont perdu la vie sous les balles de soldats britanniques, la justice nord-irlandaise a annoncé jeudi 14 mars qu'un seul soldat sera poursuivi. Cela fait suite à de longues années d'investigations ainsi qu'à une campagne de plusieurs décennies menée par les proches des victimes pour obtenir justice. Des familles très largement déçues.

    De notre correspondant à Dublin, Julien Lagache

    La foule rassemblée à l'extérieur de l'hôtel de ville de Londonderry a pu rapidement mesurer la déception des proches des victimes du « Bloody Sunday ». A leur sortie du bâtiment, les visages sont déconfits, marqués. Le procureur britannique les a informés qu'un seul ancien militaire sur 17 soldats affronterait un procès pour le meurtre de deux manifestants (sur 14 morts) ce 30 janvier de 1972. Les éléments de preuve disponibles dans le cas des 16 autres soldats « sont insuffisants pour envisager une condamnation » a-t-il affirmé.

    Face à la presse un peu plus tard, les familles des victimes semblaient accuser le coup. La déception est là, ont-ils dit en substance, même si la plupart retiennent qu'enfin une procédure judiciaire est entamée à l'encontre de l'armée britannique, près d'un demi-siècle après les faits. Dans l'immédiat, aucune date n'a été communiquée pour la tenue du procès de ce militaire uniquement désigné par le nom «Soldat F» qui pourrait n'encourir qu'une peine de 2 ans de prison grâce à une clause de l'accord de paix nord-irlandais signé en 1998.

    Les familles des victimes du « Bloody Sunday » ne comptent cependant pas en rester là et disent vouloir étudier en détail l'annonce de la justice britannique ainsi que les autres voies légales à leur disposition dans un pays qui cherche toujours à panser les plaies du conflit intercommunautaire entre catholiques et protestants qui a fait plus de 3 500 morts en 30 ans.

    Les familles des victimes avant l'annonce de la justice sur la décision de poursuivre les soldats impliqués dans les événements du Bloody Sunday à Londonderry, en Irlande du Nord, le 14 mars 2019. REUTERS/Clodagh Kilcoyne

    Si cette décision de justice a suscité autant d’intérêt, c’est aussi parce qu’un procès du « Bloody Sunday » a forcément une dimension symbolique en tant qu’évènement marquant du conflit nord-irlandais. On se souvient d’ailleurs des excuses officielles présentées au nom du Royaume-Uni formulées par le Premier ministre David Cameron en 2010, il y a 9 ans déjà !

    Une lente réconciliation

    Le « Bloody Sunday » s’est produit au tout début du conflit nord-irlandais, intitulé aussi les « Troubles ». Ce jour-là, un dimanche, des soldats britanniques ouvrent le feu sur des civils venus manifestés pacifiquement pour leurs droits. Ils seront dans de nombreux cas mitraillés dans le dos. Aucun soldat n'a été blessé lors de cette journée et aucune arme n'a été retrouvée du côté des manifestants.

    Ce n’est qu’à la signature des Accords du Vendredi saint en avril 1998 qu’une commission d’enquête a été mise en place. Une investigation titanesque qui a pris 12 ans et coûté 200 millions d’euros. Des centaines de témoins ont été auditionnés et des milliers de preuves compilés pour produire un rapport suivi d’une enquête de police avant que le dossier n’arrive au parquet, il y a quelques années. L’Etat britannique a d'ailleurs déjà été condamné en octobre dernier à verser plus d’un million d’euros de dommages aux familles des victimes.

    La décision d'aujourd’hui était très attendue, car il s'agira du premier procès lié aux « Troubles » nord-irlandais . Il y a bien une autre affaire de meurtre dans laquelle un ex-soldat britannique doit faire face à la justice, mais le procès n’a toujours pas débuté et le dossier n’a pas la même ampleur que le « Bloody Sunday ».

    Au-délà du tristement célèbre « Bloody Sunday », il ne faut pas oublier que les « Troubles » ont fait plus de 3 500 morts et qu’on est loin d’avoir fait la lumière sur ces trois décennies de violences. Or, 21 ans après la paix, catholiques et protestants continuent plus ou moins de lire l’histoire à travers leur prisme communautaire et ne parviennent pas à s’entendre pour mettre en place les outils nécessaires à la réconciliation. Des débats subsistent, par exemple, faut-il juger certains militaires quand d’anciens combattants de l’IRA ont été amnistiés par les accords de paix ? Faut-il un travail de justice ou simplement d’histoire ? Autant de questions auxquelles la société nord-irlandaise n’a pour l’instant encore aucune réponse.

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