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    Europe

    En Albanie, manifestations à répétition contre la corruption

    media Le 16 mars 2019 à Tirana, manifestation demandant le départ du Premier ministre et des élections libres. Louis Seiller / RFI

    Une nouvelle manifestation de l'opposition s'est déroulée dans une ambiance tendue samedi à Tirana. À l'approche d'importantes élections locales, le Premier ministre socialiste fait face à une vague de contestations, accusé de corruption et de liens avec le crime organisé.

    Près de 10 000 personnes ont répondu à l'appel des partis d'opposition albanais en manifestant, samedi 16 mars à Tirana. Elles demandaient le départ de l'actuel chef du gouvernement, Edi Rama. Aux cris de « Rama, va-t-en ! » et munie de pancartes le caricaturant en un « Maduro des Balkans », c'est une foule très masculine qui s'est rassemblée plusieurs heures devant le siège du Premier ministre, sur le principal boulevard de la capitale.

    À la veille de la manifestation, l'ambassade des États-Unis et la représentation européenne à Tirana avaient appelé les opposants à éviter toute violence et préférer le dialogue. Mais, samedi, l'ambiance s'est considérablement tendue quand les responsables de l'opposition ont dirigé les manifestants devant l'Assemblée nationale. Des affrontements ont eu lieu avec les forces de l'ordre après qu'un petit groupe de manifestants a tenté de s'introduire dans l'enceinte du Parlement en lançant des pierres. Plusieurs personnes ont été blessées dont trois du côté des forces de l'ordre. Le gouvernement et l'opposition se sont renvoyés la responsabilité des violences.

    Dialogue politique au point mort

    Le chef du Parti démocratique (droite), Lulzim Basha, a évoqué « un jour historique » en qualifiant les manifestants de « missionnaires de la démocratie et de la liberté ». Il a annoncé la poursuite du mouvement et demandé aux États-Unis et à l'Union européenne « d'écouter la voix des gens et des citoyens libres d'Albanie ». En déplacement dans le centre du pays, le Premier ministre Edi Rama a de nouveau rejeté toute possibilité de démission. Selon lui, ces manifestations nuisent à l'économie du pays mais également au processus d'intégration de l'Albanie à l'UE.

    La manifestation de samedi était la deuxième de grande ampleur organisée par l'opposition, après celle du 16 février 2019. Les élus de l'opposition avaient alors décidé de démissionner de leur mandat parlementaire et de boycotter les travaux de l'Assemblée.

    À l'approche d'importantes élections locales, prévues le 30 juin 2019, l'opposition continue d'affirmer que l'influence du crime organisé et le risque d'achats de vote ne permettent pas de garantir des élections libres et transparentes. Elle s'appuie notamment sur une enquête de Voice of America publiée fin janvier concernant les législatives de 2017, où le parti socialiste a obtenu la majorité absolue.

    Clientèlisme et fuite des cerveaux

    Élu pour la première fois en 2013 sur un programme de lutte contre la corruption et de réduction des inégalités, le socialiste Edi Rama a été réélu avec la majorité absolue lors des dernières élections législatives, en juin 2017. Malgré une croissance de près de 4% et une ambitieuse refonte du système judiciaire, le pays connaît d'importants problèmes socio-économiques, favorisés par la persistance de la corruption et du crime organisé. Certains choix économiques du gouvernement, et notamment les partenariats public-privé (PPP), ont été critiqués par le FMI.

    De nombreux scandales impliquant des cadres de la majorité socialiste ont alimenté la polémique ces derniers mois. L'ancien ministre de l'Intérieur, en poste de septembre 2013 à mars 2017, fait actuellement l'objet d'une enquête pour trafic de drogue. Dans le dernier classement de Transparency International, l'Albanie régresse à la 99e place et est désormais l'un des trois plus mauvais élèves européens.

    En décembre dernier déjà,les étudiants sont descendus massivement dans la rue, contre le coût des frais d'inscription à l'université mais aussi contre un système universitaire jugé clientéliste par beaucoup d'entre eux. Edi Rama avait alors été contraint de remanier de moitié son équipe gouvernementale. En outre, le montant des salaires dans le pays ne fait pas rêver la jeunesse albanaise. Le salaire moyen tourne autour de 330 euros et le salaire minimum dépasse à peine 200 euros.

    Ce mécontentement social se traduit avant tout par l'émigration : depuis quelques années, le pays fait face à un nouvel exode de sa population qui touche toutes les catégories sociales. Entre 2011 et 2017 près de 12% de la population a ainsi quitté le pays et, selon Eurostat, les Albanais ont été plus de 19 000 à déposer une demande d'asile dans un pays de l'UE en 2018. Ces départs affectent notamment le secteur médical : faute de personnel, certains hôpitaux du pays sont en sous-effectif.

    L'Albanie est officiellement candidate à l'intégration à l'Union européenne depuis 2014. Les chefs de gouvernement européens doivent se prononcer en juin prochain sur une éventuelle ouverture des négociations du pays. Une décision recommandée par la Commission européenne l'an dernier.

    → À lire aussi : Les peuples des Balkans unis dans les contestations

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