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    Europe

    Investissements chinois en Europe, un boom entre inquiétudes et tensions

    media Xi Jinping au Parlement portugais, le 5 décembre 2018. Reuters/路透社

    La Chine a investi au moins 145 milliards d'euros en Europe depuis 2010, mais la tendance est au ralentissement, à l'heure où plusieurs États durcissent leurs mesures pour encadrer les acquisitions du géant asiatique.

    Alors que le président chinois Xi Jinping entame ce jeudi une visite cruciale en Italie, l'Union européenne reste divisée sur l'attitude à adopter face à Pékin.

    Totalisant 2,1 milliards d'euros en 2010, les investissements directs de la Chine dans l'Union européenne ont bondi à 20,7 milliards en 2015 puis 37,2 milliards sur l'année 2016, selon une étude de référence du cabinet Rodhium Group.

    Les investissements chinois ont décru à 29,1 milliards en 2017 puis à 17,3 milliards d'euros en 2018 (dont 45% concentrés sur le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France).

    Investissements tous azimuts

    Pour les experts, ce repli reflète le durcissement de Pékin contre les acquisitions jugées « irrationnelles » de groupes déjà surendettés mais aussi un cadre réglementaire plus strict en Europe.

    Le suédois Volvo Cars (automobile), l'italien Pirelli (pneus), les français Club Med (tourisme), St Hubert (margarines) et Lanvin (mode), les allemands Kuka et KraussMaffei (machines-outils): autant de fleurons passés sous pavillon chinois.

    Depuis 2000, 60% des investissements chinois en Europe viennent de groupes étatiques contrôlés par Pékin.

    Percées à l'Est et au Sud

    Les pays d'Europe orientale n'ont accueilli que 1,5% des investissements chinois dans l'UE en 2018, et l'Europe du Sud 13%, selon Rodhium. Ces régions se montrent cependant particulièrement bienveillantes envers Pékin.

    Rome s'apprête à signer un protocole d'accord pour intégrer les « Routes de la soie », colossal projet d'infrastructures piloté par Pékin, à la suite de plusieurs pays européens (Grèce, Portugal, Hongrie, Pologne). Athènes a cédé en 2016 son port du Pirée au géant chinois du fret Cosco, qui contrôle également en Espagne les ports à conteneurs de Valence et Bilbao.

    Le Portugal a tissé d'étroits liens avec Pékin à la faveur de la crise financière, recevant, selon Rodhium, 6 milliards d'euros de capitaux chinois, visant notamment sa première banque privée, l'assureur Felidade et le gestionnaire du réseau électrique (REN). Et Lisbonne ne s'est pas opposé à l'OPA lancée par China Three Gorges sur l'électricien Energias de Portugal (EDP), premier groupe du pays.

    En République tchèque, une visite de Xi Jinping en 2016 avait scellé des investissements massifs du chinois CEFC dans des médias, le transport aérien et un club de football. Le patron de CEFC, Ye Jianming, avait même été nommé conseiller économique du président tchèque Milos Zeman.

    Paris, Berlin et l'Union européenne durcissent le ton

    Le 14 février, le Parlement européen a approuvé un cadre de contrôle des investissements étrangers dans l'Union européenne dans les secteurs stratégiques (intelligence artificielle, télécoms, robotique...)

    Poussé à l'origine par la France, l'Allemagne et (à l'époque) l'Italie, inquiètes de voir des groupes étrangers s'offrir à moindre coût et d'une manière jugée déloyale une expertise et des technologies clés, le texte a été adopté début mars par les États-membres. La Commission n'aura certes pas elle-même la possibilité de bloquer un investissement, mais quatorze pays sont déjà dotés d'un dispositif de filtrage et les législations se durcissent.

    Paris a précisé depuis 2014 les secteurs à surveiller, avant qu'Emmanuel Macron en fasse un cheval de bataille.

    L'Allemagne, ébranlée par le rachat du fleuron industriel Kuka, a adopté en décembre un décret ramenant à 10% du capital, contre 25% depuis 2004, le seuil permettant à Berlin de bloquer des acquisitions étrangères. Sous pression des autorités, le chinois Yantai Tahai avait renoncé en août à reprendre le fabricant de machines-outils allemand Leifeld.

    Selon Rodhium, presque la moitié des investissements chinois dans l'UE en 2018 relevaient de secteurs jugés « sensibles ».

    Les États-Unis vent debout

    Les États-Unis, engagés dans une guerre commerciale et une rivalité technologique avec Pékin, multiplient les avertissements.

    Washington exerce une pression particulière sur l'Allemagne, menaçant de ne plus partager d'informations confidentielles si Berlin n'écarte pas les équipementiers télécoms chinois des réseaux 5G. De même, les États-Unis se sont farouchement opposés mi-mars à l'OPA chinoise sur l'énergéticien portugais EDP.

    Enfin, un responsable de la Maison Blanche, Garrett Marquis, a enjoint début mars l'Italie de ne pas légitimer les « Routes de la soie », estimant que les firmes italiennes n'en bénéficieront pas nécessairement et que la réputation de Rome sera « ternie à long terme ».

    ►À relire : L’Europe enfin réveillée face à la Chine ?

    (avec AFP)

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