Avec notre correspondante à Rome, Anne Tréca
Durant sa cavale de 38 ans, dont une quinzaine d’années en France, Cesare Battisti s’était toujours dit innocent, victime d’une persécution politique. Il avait été protégé en France, au Mexique, au Brésil. Il s’était refait une vie d’auteur reconnu, défendu par d’autres intellectuels.
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Livré à la justice italienne par le Brésil au début de l’année, il est depuis détenu en Sardaigne, dans un établissement pénitentiaire de haute sécurité. C’est là qu’un magistrat du parquet a recueilli les premiers aveux de culpabilité de l’ancien membre des Prolétaires armés pour le communisme.
Condamné à la prison à vie pour quatre homicides, blessures et de nombreux cambriolages commis durant les années de plomb en Italie, l’écrivain avait à l’époque 22 ans et voulait refaire le monde. Il en a aujourd’hui 64, se dit changé et malade.
Il reconnaît que le passage à la lutte armée était une erreur qui a anéanti les espoirs de progrès social du mouvement révolutionnaire de 1968. Il regrette la douleur qu’il a pu causer aux familles des victimes.
En Italie, Cesare Battisti n’avait pas beaucoup de défenseurs. Ces aveux et ces remords tardifs sont accueillis avec une certaine froideur.
Cesare Battisti encadré par des policiers italiens à sa descente d'avion, le 14 janvier 2019.
Alberto PIZZOLI / AFP