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    Europe

    Brexit: quelles seraient les conséquences d'un «no deal» le 12 avril prochain?

    media Pénurie de médicaments, perturbations dans les transports, retour des frais de «roaming»: les risques sont nombreux pour les citoyens britanniques et européens. REUTERS/Henry Nicholls

    Les députés britanniques ont rejeté, pour la troisième fois ce vendredi, le Traité de retrait de l’Union européenne négocié par le gouvernement de Theresa May, ouvrant grand la voie à une sortie sans accord le 12 avril prochain.

    Par 344 voix contre 286, les députés britanniques ont rejeté, une nouvelle fois ce vendredi, l’accord de retrait de l’Union européenne conclu entre Londres et Bruxelles, le 13 novembre dernier. Parmi les scénarios qui se dessinent désormais, celui d’une sortie sans accord, un « no deal » le 12 avril prochain, semble le plus probable. Un départ brutal dont les conséquences sont multiples et parfois inquiétantes.

     ■ Une montagne de paperasse 

    L’une des premières conséquences d’un « no deal » est l’amoncellement de documents administratifs sur les bureaux des sociétés britanniques. Les milliers d'entreprises qui importent ou exportent au Royaume-Uni devraient apprendre à remplir des nouvelles déclarations de douane et pourraient subir de nouvelles taxes. Quatre entreprises sur cinq se disent prêtes à cette éventualité et les deux tiers ont déjà effectué des démarches en ce sens, selon une enquête publiée par la Banque d'Angleterre le 21 mars dernier.

     → Lire aussi : Royaume-Uni: le jour où le Brexit aurait dû avoir lieu

    Londres a également annoncé la mise en place d'un système d'indications géographiques protégées pour des produits alimentaires comme le whisky écossais ou le fromage Stilton, jusqu'ici reconnus par des labels européens.

     ■ Le risque d'un retour des frais de « roaming »

    Une des premières conséquences visibles pour les consommateurs britanniques et européens concernera la téléphonie. A l’été 2017, l’Union européenne a mis un terme aux frais d’itinérance sur son territoire, c’est-à-dire que l’on peut utiliser - dans une certaine mesure - un réseau mobile étranger sans surcoût. Ce qui pourrait changer en cas de « no deal » pour les voyageurs franchissant la Manche ou la frontière irlandaise.

    Même risque sur le plan bancaire : l'usage de cartes de paiement devrait entraîner des frais supplémentaires, tandis que les procédures seront « plus lentes », affirme Londres. Au sein de l'UE, les clients des banques d'investissement basées au Royaume-Uni ne pourront plus faire appel à leurs services financiers. De nombreux établissements ont mis en place des filiales sur le continent pour éviter ces perturbations.

     ■ Une pénurie de médicaments… et de sperme ?

    La pénurie de médicaments en cas de « no deal » est redoutée depuis plusieurs mois. Habituellement, le Royaume-Uni dispose de trois mois de stocks mais les autorités ont dû augmenter les réserves pour bénéficier de six semaines de provisions supplémentaires. Une période de transition est prévue durant laquelle le pays, ayant quitté l’Agence européenne du médicament, continuera à reconnaître les tests et avis européens.

    Question moins soulevée jusqu’ici et qui se posera pourtant à un Royaume-Uni séparé de l’Union européenne : celle des réserves de sperme. Londres ne pourra en effet plus faire appel aux banques de sperme européennes et devra nouer de nouveaux partenariats internationaux.

     ■ Des couacs attendus dans les transports

    Ce serait automatique : en cas de sortie dans accord ce 12 avril, les compagnies aériennes européennes et britanniques perdraient le droit automatique d'opérer des vols entre l'UE et le Royaume-Uni. Pour éviter le chaos dans les airs, mais également sous la Manche avec l’Eurostar, des permissions temporaires de circulation pourraient être accordées.

    Pour éviter le chaos dans les airs, sur terre et sur mer, des permissions temporaires de circulation pourraient être accordées. REUTERS/Stephane Mahe

    Les citoyens britanniques se rendant dans l'Union européenne seront aussi soumis à des contrôles renforcés et leurs séjours limités à 90 jours.

     ■ Des colis plus chers

    Les consommateurs britanniques qui ont l’habitude de commander en ligne pourraient avoir une mauvaise surprise : leurs frais devraient augmenter car les colis livrés depuis le continent ne pourraient plus prétendre à une TVA allégée.

     ■ Une validité des permis remise en question

    Enfin, avec une sortie brutale de l'Union, les Britanniques en vacances en Europe pourraient également devoir obtenir un permis de conduire international car les leurs « pourraient ne plus être valables ».

    (avec AFP)

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