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    Europe

    Journée de présidentielle en Ukraine, Porochenko joue gros

    media Le président Porochenko et sa famille dans un bureau de vote de Kiev, le 31 mars 2019. Mykhailo Markiv/Ukrainian Presidential Press Service/Handout

    Les bureaux de vote ont ouvert à 5h TU et fermeront à 17h TU pour le premier tour d'une élection présidentielle hautement imprévisible dans ce pays coupé en deux depuis cinq ans, avec un conflit larvé à l'est.

    Plus de 300 irrégularités signalées à la mi-journée

    Est-ce le signe classique de la déconsidération des électeurs pour leurs représentants ? Dans ce bureau de Kiev installé dans la salle de lecture d’un vieil institut d’études où se trouve notre envoyée spéciale,  Anastasia Becchio, on ne se presse pas aux urnes.

    Les quatre grandes urnes transparentes se remplissent lentement sous l’œil des membres de la commission électorale et de quelques observateurs. Après être passés dans l’isoloir, les électeurs glissent leur bulletin de vote. Un bulletin long de plus de 80 centimètres. Et pour cause, il comporte 39 noms à cocher.

    Toujours à Kiev, Iryna Podlesnya est la secrétaire de la commission électorale du bureau 557. Elle a enregistré 19 observateurs d’élections, la plupart commissionnés par des candidats, explique notre correspondant sur place, Sébastien Gobert. La campagne a déjà été entachée de multiples allégations de fraudes et d’achat d’électeurs. En plus des organisations internationales, 139 ONG sont enregistrées comme observatrices. Parmi elles, les Natsionalniy Droujyny, une milice ultra-nationaliste qui se pose en assistance de la police. Son chef a évoqué la possibilité de « frapper quelqu’un au visage » en cas de fraude.

    La milice ultra-nationaliste s’est enregistrée comme observatrice pour protéger le scrutin. Elle est pourtant connue pour des affrontements violents avec la police. Certains politologues la soupçonnent d’un possible coup d’éclat pour défendre l’intérêt de tel ou tel candidat. Le représentant local, Iouriy Petrenko, prend cette accusation comme de la diffamation. Pour lui, la violence ne serait utilisée qu’en dernier recours : « S’il y a de graves violations, des cas de pression ou de menace. Dans ce cas-là, oui, nous interviendrons pour protéger l’élection. »

    
Au bureau 557, tout se passe bien. Mais à la mi-journée, on a déjà recensé 338 irrégularités en Ukraine. L’élection se déroule globalement dans le calme, mais la perspective d’une escalade localisée est prise au sérieux.

    Cinq millions d'électeurs manquants

    Plus de 2300 observateurs internationaux doivent superviser le déroulement du vote. Sur fond de crise avec Moscou, Kiev a interdit aux observateurs russes de faire partie du dispositif de supervision. Les autorités pro-occidentales ont également fermé les bureaux de vote en Russie, une décision inédite qui prive potentiellement de scrutin au moins 2,5 millions de citoyens ukrainiens résidant dans ce pays de 45 millions d'habitants.

    Par ailleurs, certains bureaux de vote resteront fermés le jour des élections. Dans le nord-est de l’Ukraine, les républiques séparatistes de Donetsk et de Lougansk échappent depuis quatre ans au contrôle de Kiev ; la Crimée annexée non plus ne votera pas. Au total, plus de cinq millions d’électeurs, soit environ 12% de la population, ne participeront pas au scrutin.

    ►À réécouter aussi : L’Ukraine, la transition inachevée

    39 candidats, un comique pour favori

    Au total, 39 candidats sont en lice pour le premier tour. Parmi eux, trois personnages.

    ►À lire aussi : Présidentielle en Ukraine, entre candidatures absurdes et fraudes records

    Volodymyr Zelensky, 41 ans. Sa seule expérience de gouvernance se résume à incarner un professeur d'histoire devenu subitement président dans une série télévisée. Il devance de loin ses rivaux avec plus de 25% des intentions de vote, selon les derniers sondages. Sa fulgurante ascension a été favorisée par le ras-le-bol des électeurs ukrainiens face à des élites éclaboussées par de nombreux scandales de corruption et par leur déception cinq ans après le soulèvement pro-occidental du Maïdan, qui a porté au pouvoir M. Porochenko.

    Si ses détracteurs interrogent sa capacité à gouverner le pays, ses partisans voient en lui un nouveau visage, vierge des compromissions et des échecs de la classe politique actuelle. C’est le cas de Vadim, un électeur de 54 ans, venu voter avant d’aller travailler, interrogé par RFI. L’inexpérience du comédien ne l’effraie pas. Il est temps de faire quelque chose, de changer les têtes et de mettre des gens qui ne se sont pas salis, plaide-t-il. Zelensky semble avoir surtout conquis un public jeune. Ils ne sont pas visibles ce matin dans ce bureau de vote, reste à savoir s’ils ne préféreront pas profiter du beau temps ensoleillé, plutôt que d’aller donner leur voix à leur candidat préféré. L'acteur n'a pas fait de campagne traditionnelle, préférant les spectacles aux meetings électoraux et les réseaux sociaux aux interviews.

    Aujourd’hui débute une nouvelle vie, une vie normale, sans corruption, sans pots-de-vin. Une vie dans un nouveau pays, le pays du changement. Nous pensons que tout va bien se passer et que nous gagnerons...

    Le candidat Zelensky vote - Reportage 31/03/2019 - par Anastasia Becchio Écouter

    Petro Porochenko, 53 ans. Chef de l'Etat sortant. S'il talonne le favori dans les sondages, il est critiqué par une large partie de l’électorat pour ses promesses non tenues. « Porochenko avait promis de mettre fin à la guerre en deux semaines, personne ne l’avait obligé à affirmer ça. On a fait des enquêtes auprès de la population : cinq années ont passé, mais les gens n'ont pas oublié. Il a même demandé pardon pour ça, mais les gens lui en veulent quand même », analyse le politologue ukrainien Konstantin Batozsky.
    Sa deuxième promesse était de vendre ses entreprises. Là aussi, personne ne l’avait obligé à faire cette déclaration. Mais quand il a fait cette promesse, il  pensait que ça l’aiderait à remporter l’élection. Il continue de penser qu’il suffit de promettre quelque chose pour gagner. Or, les gens ne pensent plus de la même manière. Ils veulent vraiment qu’il se passe des choses positives. De nombreuses personnes ont le sentiment que le développement du pays est ralenti de façon artificielle, par la corruption par exemple.
    Porochenko a fait de la surenchère dans les promesses. Il l’a fait tout seul en 2014, mais on ne peut plus promettre n’importe quoi juste pour gagner, parce que les électeurs ont changé, ils se sont transformés. »

    Ioulia Timochenko, 58 ans. Ex-Première ministre, c'est sa troisième présidentielle. Elle fut l'égérie de la Révolution orange en 2004 et accède à la tête du gouvernement. En 2010, elle s'incline finalement face au pro-russe Viktor Ianoukovytch, et prend la tête de l'opposition. Emprisonnée de 2011 à 2014, elle est libérée à la faveur de la révolution du Maïdan.

    Ces deux derniers ont été éclaboussés par les scandales. Les trois favoris sont partisans de la poursuite du rapprochement avec les Occidentaux. Parmi les 39 candidats, seuls quatre sont pro-russes et le plus populaire d’entre eux, Iouri Boïko, pourrait arriver en quatrième position, avec 10% des intentions de vote, précise Arte.fr.

    ►À réécouter aussi : Ukraine: quels sont les enjeux de la présidentielle?

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