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    Europe

    Européennes: cinq têtes de liste françaises débattent sur RFI et France 24

    media Les têtes de liste françaises débattent des grandes questions européennes et internationales sur RFI et France 24. RFI/France24

    À quelques semaines des élections européennes, RFI et France 24 a organisé, ce mardi 9 avril, un débat entre cinq têtes de liste françaises. Ils ont répondu durant 1h30 aux questions de Caroline de Camaret (France 24) et Frédéric Rivière (RFI).

    Manon Aubry (FI), François-Xavier Bellamy (LR), Raphaël Glucksmann (Place Publique - PS), Yannick Jadot (EELV) et Nathalie Loiseau (LaREM) sont revenus lors d'un débat organisé par RFI et France 24 sur les grandes questions européennes et internationales. Invité pour représenter le RN, Jordan Bardella a renoncé à participer au débat quelques heures avant la rencontre.

    Au cours de ces échanges #GrandDébatUE, plusieurs grands thèmes principaux ont été abordés, dont les grands défis économiques, la place de l'Union européenne dans le monde et les questions de migrations, ou encore l'environnement et la jeunesse.

    Défis économiques

    Les citoyens européens attendent beaucoup de l’UE en termes de pouvoir d’achat, de croissance, de solidarité face à la crise, de lutte contre le chômage. Or, malgré les 1,9% de croissance dans la zone euro, la France est en dessous avec 1,6%. Alors la question se pose : est-ce que l’Union européenne est bonne pour la croissance ?

    Premier interrogé, le candidat LR François-Xavier Bellamy estime que la France a besoin de l’UE. « Nous ne pouvons pas faire sans l’Union européenne pour nous renforcer dans la mondialisation, nous avons besoin de la force du marché unique, mais malheureusement l'Europe a cédé à une forme de naïveté ». L’adjoint au maire de Versailles considère qu’il faut « exiger une réciprocité » et « rééquilibrer la mondialisation » pour peser face à la Chine et aux États-Unis.

    De son côté, le candidat de gauche rassemblant le PS, Place Publique et Nouvelle donne, Raphaël Glucksmann, plaide pour une « révolution mentale à l'échelle de l’UE »: « Il faut imposer des barrières douanières aux frontières de l'Union européenne, ce qu'on appelle un protectionnisme vert et solidaire. C'est aussi sortir de cette religion des 3%, c'est aussi injecter de la dépense publique pour créer des champions européens ». Selon cet essayiste, il faut que l’Europe « rompe avec la religion du libre-échange et de l’austérité budgétaire ». Il est nécessaire de « transformer ce marché en force politique et protectrice », avance la tête de liste du PS.

    La représentante de La République en marche, Nathalie Loiseau considère pour sa part qu’« un marché c’est bien, mais à condition qu’il y ait les mêmes règles pour les employeurs comme pour les travailleurs ». L’ancienne ministre des Affaires européennes pointe qu’il y a « aujourd’hui dans l’UE une énorme divergence sur le plan fiscal comme sur le plan social entre les pays ». Elle critique la mise « en concurrence des pays » entre eux et appelle donc à une « convergence fiscale et sociale dans l’Union européenne ».

    La tête de liste France insoumise, Manon Aubry estime pour sa part qu’il faut « remettre en cause les traités européens ». « Aujourd’hui, on a des contraintes posées par les traités, les 3% de déficit, le libre-échange inscrit dans les traités, l’impossibilité de donner des aides d’État, détaille l’ancienne porte-parole d’Oxfam. Dans ce cas-là, allons jusqu’au bout de la démarche et remettons en cause les traités européens. »

    Le candidat Europe Ecologie-Les Verts, Yannick Jadot, défend « l’innovation, la protection, la souveraineté », estimant qu’« une économie forte est une économie qui respecte l’environnement, qui offre de la prospérité à tous ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas et c’est une économie qui innove ». « Le vice de fabrication de l’UE c’est qu’elle n’a pas de politique de la production, elle n’a pas de politique industrielle, donc on se fait concurrence les uns contre les autres alors qu’on a la Chine, la Russie, les États-Unis. », argue-t-il. La tête de liste écologiste milite pour « un protectionnisme vert » et entend « sanctuariser les services publics et protéger les infrastructures vitales ».

    ► Agriculture et transition verte

    Aujourd’hui, nombre d’agriculteurs biologiques affrontent des situations extrêmement difficiles. C’est le cas de l'un d'entre eux, basé en Creuse, qui n'a pas reçu d'aide depuis trois ans en raison d'un problème de logiciel. Interrogé par les journalistes de France 24 lors d’un reportage, il appelle à une plus grande solidarité entre les pays de l'Union européenne.

    Sur cette question, la tête de liste LR François-Xavier Bellamy estime qu’il faut « mettre en œuvre une politique agricole qui soit vraiment commune, qui impose les mêmes règles à tous à l’intérieur du marché unique », mais aussi qu’il faut cesser « d’imposer des règles à nos agriculteurs que nous ne fixons pas à ceux qui importent sur la marché européen. »

    Pour le candidat EELV Yannick Jadot, il est urgent de réformer la Politique agricole commune. « Les résultats des 9 milliards d’euros de la PAC, c’est un suicide tous les deux jours, c’est un tiers des agriculteurs qui a moins de 360 euros par mois pour vivre, c’est la désertification de nos campagnes et c’est la biodiversité qui meurt. » L’ancien eurodéputé (de 2009 à 2013) veut que ces « 9 milliards d’euros servent à accompagner tous les agriculteurs pour sortir des pesticides ».

    Une suggestion sur laquelle s’accorde en partie Raphaël Glucksmann. Il faut « réorienter les aides pour accompagner les agriculteurs vers une transformation écologique », estime-t-il. « La PAC donne une mauvaise direction à notre société. Il faut flécher les aides différemment », soutient le candidat PS–Place Publique-Nouvelle Donne. « Il faut que la subvention publique européenne fixe un cap. L'UE perd son sens, car on ne sait pas où elle veut nous amener. Si c'est protéger un système qui n'arrive même pas à nourrir ses agriculteurs, alors dans ce cas-là, les fonds européens sont toxiques ».

    Manon Aubry, de La France Insoumise, partage l’idée d’une PAC repensée, notamment en faveur de l’écologie : « on peut se servir de la Politique agricole commune pour réorienter l’agriculture – faire une agriculture de proximité, paysanne, biologique - et de l’argent public pour investir massivement dans la transition écologique ».

    Si Nathalie Loiseau dit « partager le diagnostic » sur le péril climatique, elle ne partage pas en revanche les propositions avancées par les candidats de gauche, accusant Raphaël Glucksmann et Manon Aubry d’être « drogués à l’argent public ». La tête de liste LaREM ne veut pas « léguer à nos enfants à la fois une dette écologique et financière » et considère que pour pouvoir financer l’écologie, « c’est l’épargne des Européens qu’il faut réorienter vers les renouvelables ». Nathalie Loiseau défend la création d’une « banque du climat pour que l’argent des Européens aille vers des projets ».

    ► Politique migratoire

    Sur le sujet des migrations, le candidat Les Républicains François-Xavier Bellamy propose une politique d'accueil stricte : « nous voulons bien accueillir, mais nous ne voulons pas subir des flux migratoires. » « Nous voulons mettre fin à cette affirmation toute simple selon laquelle mettre le pied sur le sol européen, même de manière illégale, c'est avoir beaucoup de chances de s'établir durablement sur le sol européen », a poursuivi François-Xavier Bellamy, qui estime qu’« il faut que le demandeur d’asile puisse faire sa demande au dehors du territoire européen. »

    « Ce que vous dites, c'est déjà ce que font les gouvernements européens malheureusement: ils délèguent aux garde-côtes libyens la responsabilité de maintenir les gens dans l'enfer », lui a répondu Raphaël Glucksmann. « Il y a eu 20 000 morts en mer Méditerranée, il faut relancer les opérations de sauvetage en mer, soutient le candidat du PS-Place Publique-Nouvelle Donne aux européennes. Et si on veut une solidarité européenne, il faut un régime d’asile européen. Qui soit contraignant pour les États et qui se décide à l’échelle européenne »

    Raphaël Glucksmann a par ailleurs interpellé Nathalie Loiseau sur les propos du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, qui avait déploré vendredi que des ONG aient « pu se faire complices » des passeurs. L’ancienne ministre des Affaires européennes a affirmé qu'il n'y avait pas « un bénévole d'ONG qui ne soit pas sincère ». « Ce que j'ai vu aussi, c'est que les passeurs en profitent », a fait valoir la tête de liste LaREM, en déplorant par ailleurs qu'une opération de sauvetage de migrants soit actuellement « bloquée à cause de M. Salvini ».

    Mais la représentante de La République en marche a également dû faire face au tacle de Yannick Jadot sur ce sujet : « Quand ce gouvernement ferme la frontière franco-italienne, refuse l'Aquarius, vous participez de l'élection de M. Salvini parce que la France, avec les autres, a laissé l'Italie seule face à 750 000 réfugiés », a lancé le militant écologiste.

    Et Manon Aubry a renchéri : « Il y a une forme de convergence entre la politique que mène (Matteo Salvini) et celle que vous menez : qui applaudit des deux mains quand on voit la politique migratoire en France et en Italie ? Respectivement l'un et l'autre ». La candidate La France insoumise appelle à faire face à ces questions « avec humanité », en « s’adressant aux causes de la souffrance » et en accueillant « avec dignité ».

    ► L’avenir de l’UE

    À l’heure où le Brexit est au cœur de l’actualité, la question de l’avenir de l’Union européenne est centrale. Sur ce sujet, Nathalie Loiseau, tête de liste LaREM, estime que « la construction européenne est face à un échec ». Il est nécessaire pour elle « de reprendre le contrôle de la conduite du projet européen » avec, par exemple « moins de commissaires », suggère-t-elle. « Il y a le Brexit et l’échec de la classe politique britannique, mais moi je regarde plutôt l’échec de l’UE. On n’a pas su retenir les Britanniques, on a eu l'Europe honteuse. Il doit nous conduire à une introspection. »

    Pour Manon Aubry, l’introspection n’est pas suffisante. L’UE doit se réformer en profondeur. « Cette UE va droit dans le mur si on ne fait rien, avance-t-elle. C’est un grand commercial où on est des consommateurs, où on nous met en concurrence les uns face aux autres ». La France insoumise estime qu’il faut renégocier les traités. Si cela n’est pas possible, la tête de liste prévient : « on va toquer à la Commission et on dit "voilà la liste des dispositions qui posent problème dans la conduite de notre politique. Nous ne les respecterons pas". »

    Yannick Jadot veut pour sa part « un traité environnemental qui conditionne toutes les politiques européennes », « le projet, ça doit être de rassembler autour d’une cause commune : le respect du vivant ». Il faut changer certains traités qui « empêchent parfois d’agir » et « recréer une dynamique européenne ». « L’Europe a donné 4 000 milliards pour sauver les banques. Nous voulons la même somme pour le climat et pour un grand projet pour la jeunesse, un grand Erasmus », insiste la tête de liste EELV, qui milite pour « un grand métissage européen ».

    Un métissage, dont se méfie François-Xavier Bellamy, s'« il affaiblit la singularité des peuples européens ». La tête de liste LR estime qu'aujourd'hui « l’Europe est à la croisée des chemins » et que si elle suscite un tel désamour, « c’est parce qu’elle est devenue le synonyme d’une dépossession démocratique. » Désormais, il faut « avancer avec des blocs de coopération pour sortir de la paralysie » et « le sens de l’aventure européenne », conclut-il.

    Mais Raphäel Glucksmann, tête de liste PS-Place Publique-Nouvelle Donne, considère qu’il s’agit avant tout de forger chez les Européens, et les jeunes surtout « un sentiment d’appartenance à une communauté de destins politiques », qui passerait par exemple par un « service civique européen ». « Erasmus concerne 3 à 4% de jeunes, pointe-t-il. On crée comme au XVIIIe siècle, une aristocratie qui connaît l'Europe et, à côté, des peuples qui ne se connaissent pas. » L’essayiste veut donc « démocratiser ça ».

    Le mot de la fin est pour Manon Aubry, interrogée sur « que veut la jeunesse européenne aujourd’hui ? » La tête de liste LFI veut terminer sur une note d’espoir. « La jeunesse est présente dans les rues sur les questions climatiques, tous les vendredis, elle est consciente du péril et du défi climatique. Alors je remets les propositions concrètes sur la table pour que l’Europe nous réconcilie avec les jeunes : la règle verte – ne pas prendre à la Terre plus que ce qu’elle ne peut reconstituer -, 100% d’énergie renouvelable d’ici 2050 et le protectionnisme solidaire pour arrêter de faire venir de l’autre bout de la planète des produits qui peuvent être produits ici. »

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