GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 14 Août
Jeudi 15 Août
Vendredi 16 Août
Samedi 17 Août
Aujourd'hui
Lundi 19 Août
Mardi 20 Août
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Europe

    VOX, un parti populiste aux portes du Parlement espagnol

    media Santiago Abascal, chef du parti d'extrême droite VOX, et le candidat régional Francisco Serrano célèbrent les résultats des élections en Andalousie, à Seville, le 2 décembre 2018.. REUTERS/Marcelo Del Pozo

    Déjà forte d’une percée en Andalousie, la formation VOX pourrait s’adjuger plus de 10 % des sièges mis en jeu à l’occasion des législatives du 28 avril. Une première pour un mouvement classé à l’extrême droite de l’échiquier politique, depuis la fin du franquisme.

    Près d’un demi-siècle d’une intolérance enracinée à l’extrême droite, marquée par une absence totale de représentation dans les chambres régionales et nationale espagnoles. Un héritage de la traumatisante ère franquiste, longue de près de quarante ans. Puis, soudainement, une rechute. En décembre dernier, près de 400 000 électeurs ont permis l’entrée de douze députés se réclamant de VOX au Parlement andalou, pourtant bastion socialiste.

    « Un tremblement de terre », aux yeux de plusieurs médias ibériques, qui pourrait être suivi de nouvelles secousses à l’occasion des élections législatives anticipées du 28 avril, les troisièmes en quatre ans. Si une récente enquête de l’Institut gouvernemental de sondages donne les socialistes du PSOE en tête (30,2 %), VOX raflerait 11,9 % des suffrages, soit 29 à 37 sièges. La fin annoncée de l’exception espagnole, alors que les mouvements d’extrême droite ont pignon sur rue dans différents pays européens depuis plusieurs années déjà.

    À écouter aussi : Espagne: Vox, l'émergence du parti d'extrême droite espagnol

    Comment expliquer ce basculement tardif ?

    « Les Espagnols ont gardé un souvenir traumatisant de la période Franco, mort en 1975. Jusqu’ici, ils se protégeaient des partis d’extrême droite, raconte Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l’IFRI (Institut français des relations internationales) sur les questions ibériques. Mais ce sursis est terminé : on assiste à une relève générationnelle. Les électeurs d’aujourd’hui n’ont pas la même culture historique que leurs parents. En revanche, ils ont beaucoup souffert de la crise économique de 2008 ». Un terreau favorable à la diffusion d’idées populistes.

    Autre élément à prendre en compte, selon l’expert : la politique d’oubli volontaire engagée après la mort de Franco. « Les auteurs de la répression ont été amnistiés. Tout a été fait pour faciliter la transition démocratique. Conséquence : la période franquiste est mal connue des Espagnols et cela s’entend à travers certains discours. Cette normalisation du passé, de la part du Parti populaire (PP, droite) notamment, a légitimé l’émergence de VOX ». De manière à rallier davantage de votants à sa cause, le PP a « droitisé » son discours, « intégrant une gamme idéologique proche de l’extrême droite ». Au point que les deux partis composent aux côtés de Ciudadanos (centre-droit) la majorité au Parlement andalou.

    Quels sont les thèmes majeurs du parti ?

    VOX a fait campagne sur un thème majeur : celui de l’unité nationale. Ses leaders ont la volonté de recentraliser et de supprimer les parlements régionaux. Ils jouent sur la fibre patriotique, misant sur des symboles tels que le drapeau ou l’hymne national. « Avec ce nationalisme combatif, ils se placent en contrepoint des indépendantistes », poursuit Jean-Jacques Kourliandsky. Et usent de déclarations tapageuses et de provocations. VOX a ainsi incorporé à sa liste un matador, symbole de Madrid et du pouvoir central, ainsi qu’un négationniste. Face au tollé que cela a suscité, ce dernier a fini par se retirer. Signe de leur proximité, VOX, Ciudadanos et le PP ont conjointement organisé une grande manifestation anti-indépendantiste dans les rues de Madrid en février dernier.

    Plus largement, VOX englobe les idées que l’on retrouve dans la plupart des « logiciels d’extrême droite » : lutte contre l’immigration, homophobie et dénonciation d’une forme d’insécurité. Le parti s’est également distingué par son anti-féminisme et sa volonté de modifier une loi sur les violences faites aux femmes. De quoi s’attirer les foudres des mouvements féministes et des partis de gauche.

    À lire aussi : Espagne: le parti d'extrême droite VOX lance sa pré-campagne à Barcelone

    Qui en sont les leaders ?

    Santiago Abascal, 42 ans et adepte des discours offensifs à l’égard des nationalistes, est président du parti. Il est secondé par Javier Ortega, avocat et ex-militaire, qui occupe pour sa part le rôle de secrétaire général du parti. À Madrid, la bataille est menée par Rocio Monasterio, figure féminine du parti. « Ce sont des personnalités politiques aussi neuves que leur partie. On les connaît encore assez peu », estime Jean-Jacques Kourliandsky.

    « Les membres influents de VOX sont pour la plupart issus du PP », ajoute le chercheur. 2013, l’année de fondation du parti, correspond au moment où a mûri la crise catalane. Petit à petit, VOX a accueilli les déçus des partis traditionnels, dont ils dénoncent la mollesse. « Les législatives sont leur priorité. On ignore encore s’ils entendent présenter une liste aux européennes ».

    Quasi-inexistant depuis sa fondation, VOX clame être majoritairement composé de bénévoles et non de professionnels de la politique. Une manière de se présenter comme le parti du peuple.

    À écouter aussi : Espagne : les fantômes du franquisme

    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.