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    Europe

    Élections européennes: E. Macron doit-il se lancer davantage dans la bataille?

    media Le président Macron à l'Élysée, le 7 mai 2019: le débat sur un engagement plus important du président dans la campagne de son mouvement pour les élections européennes est engagé. Christophe Petit Tesson/Pool via REUTERS

    Le président Emmanuel Macron est entré ce mardi soir dans la mêlée en vue des élections européenne. Il s’est invité dans un restaurant parisien où se réunissaient les candidats de la liste « Renaissance » et les principaux cadres de la campagne. L’occasion de sonner la mobilisation générale à moins de trois semaines du scrutin. Doit-il aller plus loin, en soutenant Nathalie Loiseau lors d'un meeting ? Le débat n'est pas tranché et divise dans son propre camp.

    Il n'est pour l'instant qu'une voix off dans une vidéo diffusée en début de meeting : Emmanuel Macron voudrait maintenant faire une apparition en chair et en os !

    L'Europe, c'est sa bataille, depuis le premier jour. Mais voilà, beaucoup, dans sa garde rapprochée, le dissuadent de monter à la tribune. Cela donnera une cible à l'opposition, assure un proche du président. Un dirigeant d'En Marche ! redoute, lui, que ne s'ouvre un débat qui parasiterait la campagne sur le thème : le président de tous les Français peut-il prendre part à un meeting dans une élection partisane ?

    Autre piste sur la table : une interview ou un déplacement spécifique... Rien n'est tranché, dit-on à l'Élysée. Dans tous les cas, Emmanuel Macron s'implique déjà dans la campagne : comme lundi soir quand il a dévoilé un plan pour la biodiversité alors même que l'écologie est la priorité affichée de Nathalie Loiseau. Et c'est bien le visage du président qui apparaît en bonne place sur les tracts de campagne.

    Sacha Houlié (LaREM): «Nous avons besoin que son projet soit validé par les Européens et par les Français en premier lieu» 08/05/2019 - par Marine de La Moissonnière Écouter

    Alors que La République en marche et le Rassemblement national sont au coude-à-coude dans les sondages, le député Sacha Houlié est favorable à une plus grande implication du chef de l'État dans la campagne. Si l'opposition reproche au chef de l'État de sortir de son rôle de président de tous les Français, peu importe, selon lui, « ce procès nous sera de toute façon fait. Donc prenons en notre parti et assumons totalement que nous sommes pour reconstruire, rénonver l'Union européenne et que la meilleure figure de proue, la personne qui est visionnaire en la matière, c'est le président de la République ! ».

    Olivier Faure, en revanche, le patron des socialistes, dénonce l'omnipotence du président au service de sa propre politique. « Chacun l'a compris : ce président, il est président, il est aussi Premier ministre, ministre, président de l'Assemblée, président du groupe à l'Assemblée pour la majorité et maintenant il est même candidat aux élections européennes ! »

    Olivier Faure (PS): «À quoi joue-t-il ? Si le président se met en marche dans ces élections européennes, c'est tout simplement qu'il a envie d'en capter les bénéfices pour s'en servir au plan national» 08/05/2019 - par Marine de La Moissonnière Écouter

    Le gouvernement déjà engagé dans la bataille des élections européennes

    Le gouvernement français s'est déjà lancé dans la bataille pour soutenir la tête de liste de la majorité présidentielle, Nathalie Loiseau. Mais avec certaines règles. Les déplacements des ministres à travers la France sont encadrés par la loi pour éviter que de l'argent public ne soit détourné au profit d'un parti.

    La consigne est venue de Matignon en février dernier. Dans une note révélée par l'AFP, Édouard Philippe rappelle les règles à ses ministres : « Le programme de vos déplacements doit exclure toute utilisation d'argent public ».

    Pour éviter le mélange des genres, les membres du gouvernement se déplacent dans des voitures de location, payées par Renaissance, la liste commune de la République en marche et du MoDem.

    Mais il y a des cas particuliers pour les postes les plus exposés. Les ministres de l'Intérieur, des Affaires étrangères et le Premier ministre utilisent un véhicule blindé de leur ministère, même sur les route de la campagne. « Pour des raisons de sécurité et au cas où il faudrait partir rapidement », précise un conseiller d'Édouard Philippe.

    Le coût de ces déplacements dans une voiture de la République reste malgré tout aux frais du parti. Entre le forfait kilométrique et le salaire du chauffeur, la facture est « élevée », se contente d'indiquer Matignon.

    Pas vraiment un problème pour la République en marche : le parti d'Emmanuel Macron peut compter sur plus de 20 millions d'euros par an de financement public grâce à ses victoires électorales de 2017.

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