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    Europe

    Portraits d'Européens (1/5): un Italien à Bruxelles

    media Alessandro Dati dans son magasin de design vintage de la rue Blaes, à Bruxelles. RFI/Sabine Cessou

    Alessandro Dati, né dans le nord de l’Italie, vit à Bruxelles depuis 26 ans. Patron d’une boutique de design vintage, il s’est laissé porter par le vent de ses rencontres de jeunesse, passant de la Grande-Bretagne à la Belgique en suivant des amis. Dans sa ville cosmopolite, il se vit d’abord et avant tout comme citoyen du monde.

    De notre correspondante à Bruxelles,

    La vaste boutique d’Alessandro Dati, rue Blaes, regorge de luminaires, de fauteuils et de meubles vintage. L’enseigne, “ d+ ”, propose beaucoup de design italien des années 1950 à 1980. L’accent du patron est reconnaissable entre tous. « Dès que j’ouvre la bouche, on sait d’où je viens et on me le rappelle », sourit Alessandro Dati. Bruxellois d’adoption, arrivé « par hasard » à 30 ans parce qu’il a « suivi des copains belges » rencontrés à Londres, Alessandro Dati a quitté l’Italie très jeune. Adolescent, il rejoignait durant l’été un cousin dans le Connecticut, aux États-Unis, et s’est pris à rêver d’une vie à l’étranger. Après son lycée, il quitte Brescia, près du lac de Garde, pour parler l’anglais et tenter l’aventure à Londres. Là, il commence à chiner sur les marchés aux puces de Portobello et Camden Town.

    Bruxelles, latine et cosmopolite

    Sept ans après son arrivée à Bruxelles, en 2000, il ouvre son premier magasin dans le quartier des Marolles, au pied du Palais de justice. Sa clientèle est internationale, drainée par les nombreux expatriés qui travaillent pour les institutions européennes, mais pas seulement. Il voit aussi passer beaucoup de Français qui font des emplettes le week-end. Pour s’approvisionner, il a des contacts dans toute l’Europe, mais ne retourne en Italie qu’en vacances, et non pour affaires.

    Toujours prêt à aller là où le vent le porte, il pourrait plier bagage à tout moment, s’il en avait envie. Il s’en étonne presque : depuis de longues années, il n’a pas quitté Bruxelles, qui lui convient. Dans cette ville cosmopolite, il se sent surtout un citoyen du monde. « J’apprécie le côté laïc de la Belgique, mais aussi le caractère latin de Bruxelles et son ouverture d’esprit », dit-il.

    Les modes de fonctionnement autour de lui ne lui paraissent pas très différents de l’Italie du Nord. Il se sent bien accueilli « en tant qu’Italien », mais précise aussitôt : « Si j’étais arabe ou africain, ce serait bien différent. Je ne suis pas fier d’être Italien et les nationalismes ne m’intéressent pas. Je pourrais aussi bien être Chinois ou Burundais. Je me comporte comme un humain, le plus possible ».

    S’il a des choses à critiquer en Belgique, c’est parce qu’il y vit, et non par comparaison avec d’autres pays. Il pointe l’état de délabrement du Palais de justice tout proche, dont « les échafaudages pourraient être classés monument historique, tellement ils sont vieux eux aussi ». Parmi les dossiers problématiques du moment, il cite aussi les avocats et les magistrats qui manifestent contre le manque de moyens de la justice, ainsi qu’une police fédérale en manque d’effectifs.

    Le refus du « petit confort » bourgeois

    Ses centres d’intérêt ne portent pas sur les objets ni sur l’actualité italienne, qui lui fait penser à une perpétuelle « commedia dell’arte ». Il se préoccupe surtout de « relations humaines ». S’il vote toujours, par principe, il n’attend guère de changements concrets des politiques, et s’inquiète de voir le populisme monter partout. « On simplifie les choses, sans chercher la source des problèmes, qui sont très complexes. Il est plus facile de viser les migrants et les plus misérables que les plus forts ou ceux qui ont beaucoup. On parle de paix, mais les armes représentent l’une des plus grosses industries… Tout est un peu à l’envers ». Face aux inégalités, il appelle de ses vœux une Europe plus sociale et plus juste, et non cette UE qui donne l’impression d’aider elle aussi les « grandes industries, et non les petits citoyens ».

    Alessandro Dati garde un attachement au goût prononcé de l’Italie pour tout ce qui est esthétique, de la mode au design en passant par la cuisine. Mais contrairement à la seconde génération d’Italiens émigrés en Belgique, il ne cultive pas une image « romantique » de son pays natal. « Notre génération a grandi avec le terrorisme », rappelle cet ex-enfant des années 1960. Aujourd’hui encore en Italie, « beaucoup de gens rament », dit-il. Et pas seulement à cause du passage à l’euro, qui a fait mal sur le plan du pouvoir d’achat.

    Cet entrepreneur attaché à des valeurs humanistes a beau proposer des fauteuils moelleux et des luminaires rares, il refuse de se contenter d’un « petit confort » bourgeois. Il se scandalise de voir l’Europe donner du pouvoir à la Turquie et la Libye pour arrêter les flux de migrants dans des conditions terribles. Et formule ainsi ce sentiment d’angoisse qui monte : « Tout le monde ferme les yeux, comme pour les Juifs avant la Seconde guerre mondiale ».

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