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    Europe

    Portraits d'Européens (2/5): un couple irlandais à Athènes

    media Kim Gillick et Connor O’Hare dans leur appartement à Athènes. Charlotte Stievenard/RFI

    Kim Gillick et Connor O’Hare, un couple d’Irlandais qui travaillent dans la publicité, ont décidé de délocaliser leur vie et leur bureau à Athènes. En un an, ces deux Européens convaincus ont complètement adopté leur pays d’accueil.

    De notre correspondante à Athènes,

    Petit pull bleu marine, coupe au carré et baskets grises aux pieds, Kim ouvre la porte de son nouvel appartement athénien, un grand sourire aux lèvres. Cette trentenaire à l’allure décontractée y a emménagé il y a deux semaines avec son partenaire Connor, 44 ans. La barbe grisonnante et en t-shirt gris, il est assis à la grande table du salon, concentré devant l’écran de son ordinateur portable.

    Ce couple d’Irlandais vient d’emménager dans le cosmopolite quartier d’Exarchia, après un an passé dans une banlieue plus résidentielle d’Athènes. Ils payent désormais 600 euros par mois sans les charges pour cent mètres carrés. Leur loyer est élevé par rapport à la moyenne en Grèce, car à Athènes les tarifs ont augmenté avec l’arrivée des Airbnb, la plate-forme de location de particulier à particulier en ligne. « Mais à ce prix-là, à Dublin nous logerions dans une boîte à chaussures », rappelle Kim, ravie de cet appartement aux plafonds hauts et aux grands murs bleus clairs qui lui rappelle les immeubles haussmanniens de Paris où elle a étudié un an.

    Le coût de la vie est une des raisons principales pour lesquelles ils ont choisi de s’installer dans la capitale grecque, explique-t-elle : « Nous voulions garder le style de vie européen mais en moins cher.  Avec la crise du logement en Irlande, ce n’était plus possible. Les deux tiers de ma paye partaient dans le loyer et les charges ». Connor ajoute que ce n’était pas qu’une décision financière, mais aussi émotionnelle : « Nous étions venus en vacances voir les îles grecques et, en passant, nous avions visité la ville avec un ami irlandais qui vit ici. Nous avions adoré. »

    Tous deux travaillent à leur compte dans la publicité. Ils font partie de cette génération qui profite de ne pas avoir de travail fixe pour voyager. Ils pouvaient donc s’installer où ils le voulaient, mais l’idée de rester au sein de l’Europe s’est vite imposée.

    L’Europe en trois mots: « facilité, ouverture et diversité »

    « Nous ne voulions pas être trop loin de nos familles », raconte Kim, et d'ajouter : « La mère de Connor est âgée. La mienne vit en Espagne et nous devons souvent nous rendre dans d’autres capitales pour le travail. » Elle voulait aussi apprendre une nouvelle langue. En Grèce, elle a été servie. « Avec le grec, je n’ai pas choisi la facilité », s’amuse Kim qui a pris des cours pour débutant dans un centre de langues, avant de continuer avec des cours privés, plus adaptés à ses horaires instables.

    Se faire des amis aussi a été facile, explique-t-elle : « Je travaille dans un espace de travail partagé où je loue un bureau quelques jours par semaine. J’ai tout de suite été invitée à boire des verres et une des Grecques avec qui j’ai sympathisé est une de mes meilleures amies aujourd’hui. »

    Son partenaire, Connor, le confirme, ils se sont rapidement sentis à la maison : « Nous aimons beaucoup les Grecs. Ils vivent à l’autre extrémité de l’Europe, mais ils ressemblent beaucoup aux Irlandais dans leur façon d’être, ils sont assez directs. Ils ont aussi vécu la colonisation, nous par les Anglais et eux par les Turcs. Ils ont le problème de Chypre. Nous avons celui de l’Irlande du Nord. »

    La crise et les plans d’aide sont aussi un point commun, selon lui. Alors que le père de Kim a dû fermer son entreprise de plomberie pendant la récession en Irlande, ils estiment tous les deux que l’austérité a tout de même été beaucoup plus violente en Grèce. Selon Connor, « le problème en Europe, c’est qu’on attend qu’un pays comme la Grèce se comporte comme l’Allemagne. Cela ne fonctionne pas, car les gens ont des priorités différentes ».

    Des modes de vie et des cultures différentes à deux ou trois heures d’avion, c’est justement ce qui fait la richesse du continent, selon Kim : « Tu peux aller à Paris, à Berlin ou Londres, la nourriture est différente, la langue, l’architecture… »

    Et surtout, ils n’ont pas besoin de visa, il y a la monnaie unique et des vols pas chers. Pour Kim, l’Europe se définit en trois mots : « facilité, ouverture et diversité ! ». « Ce qui est étrange, ajoute-t-elle, c’est que nous profitons de tous les avantages de l’Union européenne, mais nous y pensons rarement. Ne pas avoir à y penser est une bonne chose. » Une de leurs amies sino-américaine essaie elle-aussi de s’installer à Athènes, mais rencontre d’autres difficultés. « Elle fait des cauchemars à cause de ses histoires de visa », raconte Connor. Contrairement à eux, elle ne sait pas si elle pourra rester. « Elle doit affronter un tout autre type de bureaucratie grecque à laquelle nous n’avons jamais eu affaire », explique Kim.

    La jeune trentenaire n’a connu quasiment que l’Union européenne et l’espace Schengen de libre circulation des personnes. Elle se sent Irlandaise et Européenne, deux identités qui n’entrent pas en conflit, selon elle. Connor, lui, se souvient d’une toute autre époque : « Quand j’étais plus jeune, tout le monde parlait de la carte verte aux États-Unis. Aujourd’hui, le passeport européen est la nouvelle carte verte. Quand vous voyez le nombre de gens qui veulent venir en Europe, des gens d’Afrique, du Moyen-Orient, il y a des gens qui sont prêts à mourir pour arriver ici. » Il tire une leçon de leur installation en Grèce : « Il est important d’apprécier ce qu’on a ».

    Demain, la suite de notre série : Portraits d'Européens (3/5) : un Français à Varsovie

    ► À lire aussi : Portraits d'Européens (1/5): un Italien à Bruxelles

    À voir aussi : [Vidéos] Élections européennes: alerte aux infox et idées reçues

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