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    Europe

    Européennes: ces non Britanniques mobilisés en Écosse

    media «L'Écosse est pour l'Europe» est le slogan de campagne du SNP (Parti national écossais) de la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. RFI / Assa Samaké-Roman

    « Les élections les plus surréalistes de notre histoire » : c'est comme cela que la presse britannique parle des européennes au Royaume-Uni. S'il est étrange pour les Britanniques de devoir participer à ce vote alors que leur pays ne devrait déjà plus être dans l'UE, cela l'est encore plus pour les ressortissants européens installés là-bas, eux qui ont le droit de voter et de se présenter pour le scrutin du 23 mai prochain.

    « Cette campagne est étrange », explique Susan Lusseau, une danoise, spécialiste d’halieutique à Aberdeen, dans le nord-est de l’Écosse. « Si cela ne me tenait pas tant à cœur, il se pourrait très bien que je ne sache pas qu’il va y avoir des élections. » Elle parle bien des élections européennes. Alors que les posters et pancartes sont les attributs classiques des élections britanniques, à quelques jours du scrutin, il n’y a pas cet air de campagne dans les rues.

    Ce vote n’aurait pas dû se tenir, car le Royaume-Uni ne devrait plus être concerné. Le Brexit, censé avoir eu lieu le 29 mars dernier, a été repoussé à fin octobre. Les électeurs, dont les 223 000 ressortissants européens que compte l’Écosse, sont donc appelés à se rendre aux urnes.

    Mais beaucoup de leurs voix risquent de manquer, entre ceux qui n’ont pas respecté ou eu connaissance de la date limite pour s’inscrire sur les listes électorales, le 7 mai, et ceux qui se sont inscrits pour voter dans leur pays d’origine parce qu’ils pensaient que les européennes n’auraient pas lieu cette année au Royaume-Uni. C’est le cas de David Lusseau, l’époux de Susan. Ce Français, professeur à l’université d’Aberdeen et par ailleurs conseiller consulaire UDI, ne votera pas en Écosse cette fois-ci. « Tout laissait penser qu’il n’y aurait pas d’élections européennes ici. Donc là, je voterai pour une liste en France, et pas en Écosse. Dans tous les cas, ce sera un vote crucial pour le projet européen. Pour nous les pro-européens, il va falloir qu’on envoie un signal fort en choisissant qui va nous représenter au Parlement européen », nous confie-t-il.

    Des non Britanniques sur les listes

    Le Royaume-Uni va devoir choisir 72 eurodéputés, qui pourraient par ailleurs ne même pas siéger si le Royaume-Uni vote un accord de retrait de l’UE avant fin juin. Six d’entre eux viendront d’Écosse et, parmi ces eurodéputés, certains d’entre eux pourraient être des citoyens européens.

    Vita Zaporoczenco, originaire de Lettonie, est candidate à Édimbourg pour le parti libéral-démocrate, pro-UE, qui fait campagne pour un deuxième référendum sur le Brexit. Actuellement collaboratrice d’un député au Parlement écossais, elle explique pourquoi il était important, pour elle, de figurer sur la liste des Lib-Dems pour les européennes. « Je n’avais pas le droit de voter dans le référendum de 2016 [sur le Brexit]. Parce que ces élections sont si importantes, je pense que c’est le moment pour moi de m’impliquer et de montrer aux autres citoyens européens qu’ils peuvent s’impliquer. J’aime l’Écosse, je suis chez moi ici depuis presque 10 ans. Et je pense que j’ai une voix spécifique qu’il faut que j’apporte. »

    Parfois, elle entend dire qu’en temps que non Britannique, elle n’a pas à donner son avis sur la politique du pays. Elle rejette cet argument. « Ce n’est pas parce que nous venons d’un autre pays que nous ne pouvons pas nous exprimer. Si vous vivez ici, payez vos impôts et contribuez à la société, alors vous avez le droit à une opinion. C’est la raison pour laquelle les Libéraux-Démocrates veulent que les ressortissants européens puissent voter aux élections nationales. »

    Christian Allard, un Français originaire de Bourgogne, habitant en Écosse depuis plus de 30 ans, va dans le même sens. Actuellement conseiller municipal à Aberdeen, il est en deuxième place sur la liste du Scottish National Party (SNP), le parti indépendantiste et pro-européen au pouvoir à Édimbourg. « Je pense qu’ici en Écosse, la majorité des gens considèrent que peu importe d’où vous venez : à partir du moment où vous vivez ici, vous devriez vous impliquer dans la démocratie et voter. Il faut que nous fassions bien entendre notre voix, qu’elle soit avec un accent français, polonais ou autre », estime-t-il.

    Envoyer un message fort pour l’Europe

    Pour Christian Allard, ce scrutin sera l’occasion de rappeler à Londres que l’Écosse ne veut pas quitter l’Union européenne. « Nous avons voté à 62 % pour rester dans l’UE », rappelle-t-il. « Nous allons nous battre de toutes nos forces pour que tout le Royaume-Uni reste dans l’UE. On voit que le Brexit n’a aucun sens. On n’avance pas. Cela affecte beaucoup de gens, pas seulement les ressortissants européens. Il faut que ça s’arrête avant qu’il ne soit pas trop tard. »

    C’est pour cela que Corinne Cervetti, une Franco-Britannique vivant à Édimbourg depuis presque 30 ans, a déjà fait son choix. « Je vote toujours, et j’oblige mes enfants à le faire aussi », explique-t-elle. « Je voterai pour une liste qui est contre le Brexit. Mais en Écosse, je pense que pour vraiment envoyer un message fort, il n’y a qu’une seule solution : le SNP, parce que c’est le parti le plus influent. Idéalement, j’aimerais voter pour les Verts, mais il faut vraiment que l’Écosse défende son statut dans l’UE. »

    Les indépendantistes sont partis pour faire un excellent score dans ces élections européennes : quatre des six futurs eurodéputés écossais pourraient venir du SNP. Mais à l'échelle du Royaume-Uni, les résultats vont être très différents : avec 30 % des intentions de vote, le Brexit Party de Nigel Farage est en tête des sondages, 9 points devant le Parti travailliste, tandis que les conservateurs sont à la peine à 13 %.

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