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    Europe

    UE: à Bath, la drôle de campagne britannique pour les Européennes

    media Rachel Johnson, sœur de Boris avec qui elle est en désaccord sans parvenir à percer, incarne assez bien la drôle de campagne des Européennes au Royaume-Uni. Bath, le 16 mai 2019. GEOFF CADDICK / AFP

    Ils seront parmi les premiers à voter. Les Britanniques auraient dû être sortis de l'Union européenne le 29 mars, mais l'interminable feuilleton du Brexit n'a toujours pas trouvé d'issue. Toujours membres de l’UE, ils éliront donc jeudi 23 mai 73 eurodéputés, que l'on connaîtra dimanche. Une campagne inattendue et presque invisible, y compris à Bath, dans le sud-ouest de l'Angleterre, une terre centriste et pro-européenne.

    De notre envoyée spéciale à Bath,

    Des rues pavées et ensoleillées et des touristes qui flânent. Dans la célèbre cité thermale, à 1h30 de train de Londres, les seules affiches indiquent le menu des restaurants : pas un panneau, pas une affiche électorale, rien pour signaler le scrutin.

    Tout le monde sait bien qu’on vote ce jeudi, mais à la toute première question, ce même cri du cœur revient : « C’est un drôle de scénario, assez déroutant. Je crois que beaucoup de gens ont cessé de s’intéresser à tout ça et ont quasiment renoncé à comprendre », confie un homme. « De toute façon, les politiques n’écoutent pas ce qu’on dit, je ne les crois plus, ils ne s’occupent que d'eux et de leur parti », renchérit un autre.

    Pas facile pour ces électeurs de se motiver pour aller voter, pas facile non plus de mobiliser. Eve Hancock, présidente des étudiants de cette université perchée sur une colline verdoyante, tente de s'activer pour appeler les jeunes à participer au scrutin. Elle raconte : « C’est un peu la course, c’est difficile de mobiliser les étudiants dans ce très court délai. J’ai des tracts encore dans des cartons que j’aurais aimé distribuer sur tout le campus, mais je n’ai pas eu du tout de temps pour m’en occuper. »

    « Les examens, ajoute-t-elle, ont commencé la semaine dernière et vont durer plusieurs semaines, donc la priorité des étudiants c’est de se concentrer sur leurs révisions. » « Mais j’imagine, conclut Eve Hancock dans un sourire, que ça peut être pour eux une bonne manière de procrastiner leur travail que d’aller à la bibliothèque de l’université, là où il y a un bureau de vote, pour mettre un bulletin dans l’urne. »

    Deux Johnson, deux positions sur l'UE

    Les jeunes qui font des études supérieures sont pourtant l'un de cœurs de cible des militants pro-UE. Mais à Bath comme ailleurs, ce camp-là se divise et se fait concurrence. La députée locale est libérale-démocrate (LibDem), un parti qui a d’ailleurs le vent en poupe dans les sondages.

    C'est pourtant à Bath que le tout nouveau parti Change UK, pro-européen lui aussi, a dépêché sur la pelouse taillée au millimètre du club local de cricket toutes ses stars. Il y a là, par exemple, Rachel Johnson, sœur de Boris Johnson, ex-ministre des Affaires étrangères, fervent « brexiter » et candidat à la succession de Theresa May. Les médias britanniques s'en amusent, le frère et la sœur sont en rivalité ouverte sur la question de l'UE, même si « Boris le Bouffon », c'est son surnom outre-Manche, ne participe pas au scrutin.

    Rachel Johnson en campagne à Bath, en Angleterre. GEOFF CADDICK / AFP

    En baskets et robe verte au bord de la rivière, qui serpente au milieu de la pelouse, la journaliste de 53 ans, débutante en politique, a bien du mal à parler d’autre chose que du leader du Brexit Party Nigel Farage et de sa campagne tonitruante. L'un des grands artisans du vote « no » en 2016 est aujourd'hui en tête des intentions de vote.

    À la question « quel est votre message-clé ? », Rachel Johnson répond : « Nous devons stopper cette prise de contrôle du pays par Nigel Farage. Cette campagne, il en fait juste un "one man show" et au fond, une manière pour lui de devenir Premier ministre, le Donald Trump britannique. »

    Farage a « un très bon instinct politique »

    À peine quelques dizaines de personnes seront venues pour applaudir la candidate du Change UK, un parti qui peine à s’imposer, crédité de 4% des voix. Obsédé comme Rachel Johnson par la réussite éclatante du candidat du Brexit Party : Matthew Goodwin, professeur de sciences politiques à l’université de Kent.

    « Le fait que Nigel Farage ait été capable de lancer un parti, dit-il, et en quelques semaines de l’amener autour des 30% d’intentions de vote, ça montre bien qu’il a un très bon instinct politique, qu’il sait communiquer auprès de ses électeurs, contrairement à Theresa May et Jeremy Corbyn. Il a su identifier et occuper un espace. Il est certainement là pour plusieurs années. »

    Nigel Farage en campagne à Frimley Green, au sud-ouest de Londres, dimanche 19 mai 2019. Adrian DENNIS / AFP

    Pris en étau entre l’efficace bateleur Farage et les centristes pro-européens, les conservateurs s’acheminent pour leur part vers la pire défaite de leur histoire, tous scrutins confondus. Pas de meeting, pas de campagne nationale, à peine quelques mots presque désespérés de Theresa May (« si vous voulez un parti qui travaille dans l’intérêt national, qui peut mettre en œuvre le Brexit, qui peut emmener ce pays vers un futur meilleur, votez conservateur »), la Première ministre en sursis rame seule.

    À Bath, comme souvent ailleurs dans le pays, le siège des Tories est vide et sans lumière. Quant à la star locale, le fervent brexiter Jacob Rees Mog, il a beau s’être acheté un château dans la ville, être élu dans une ciconscription limitrophe, personne n’a aperçu sa silhouette longiligne ni entendu son accent chic et snob. Sur sa page Facebook, le député fait la promotion de son dernier ouvrage... sur l’Angleterre victorienne.

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