GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 19 Juillet
Samedi 20 Juillet
Dimanche 21 Juillet
Lundi 22 Juillet
Aujourd'hui
Mercredi 24 Juillet
Jeudi 25 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Europe

    Pologne: que représente encore Solidarnosc pour les jeunes Polonais?

    media Filip (g.) et Andrzej (d.) font partie des dizaines de volontaires impliqués dans les célébrations des 30 ans des premières élections libres de Pologne. RFI / Thomas Giraudeau

    La Pologne célèbre les 30 ans des premières élections semi-démocratiques. Cinq mois avant la chute du Mur de Berlin, les Polonais ont voté massivement, le 4 juin 1989, pour le mouvement Solidarnosc, et son leader, Lech Walesa, précipitant ainsi la chute du communisme en Pologne. Trente ans plus tard, que représente Solidarnosc pour ceux qui n’ont pas vécu ces événements ? Visite du musée consacré au mouvement, à Gdansk, avec deux jeunes Polonais.

    À 16 et 19 ans, Filip et Andrzej participent activement aux célébrations des 30 ans des premières élections libres. Ils font partie des dizaines de volontaires qui, du 1er au 11 juin, aiguillent les visiteurs au Centre européen de la solidarité.

    Ce gigantesque musée, inauguré à Gdansk en 2014, est au cœur des festivités. Il accueille notamment des visites guidées exceptionnelles, menées par d’anciens membres du mouvement Solidarnosc, opposants au régime communiste durant les années 1970 et 1980.

    À écouter aussi : Pologne: l'héritage du mouvement Solidarnosc menacé ?

    Filip et Andrzej se souviennent de leur première visite ici. Ces deux lycéens de Gdansk sont venus avec leur famille, lors de l’inauguration, il y a cinq ans. « Je me rappelle avoir dit "Wow". Le bâtiment est magnifique, et l’exposition permanente raconte un peu la vie de nos grands-parents », se remémore Andrzej. « Ici, on est plongé au cœur de l’histoire de notre pays. »

    Des grands-parents impliqués dans la lutte

    Le musée retrace l’épopée de la lutte contre le communisme, menée en particulier par le syndicat Solidarnosc. Le tout à quelques mètres des chantiers navals. Là où Lech Walesa et ses collègues ont lancé la contestation.

    Une période qu’Andrzej et Filip connaissent bien. « Mon grand-père dirigeait un internat de garçons. Pendant les grèves, ils ont fait le mur et sont partis manifester et jeter des pavés sur la police », raconte Filip. « Il a eu très peur, car il était responsable de leur sécurité. Alors, il est allé les chercher dans la rue pour les ramener à l’internat. »

    Le grand-père d’Andrzej, lui, a participé activement à la lutte. Il était mécanicien sur les chantiers. Au-dessus de lui, au plafond, sont accrochés des centaines de casques des ouvriers. « Ces hommes et femmes-là ont risqué de perdre leur travail pour obtenir la liberté », s’émeut Filip.

    Ma grand-mère n’a pas pu rester dans la salle

    Nous rentrons dans la salle suivante. Un camion de police occupe le centre de la pièce. À droite, les boucliers de protection des forces de l’ordre. À gauche, une photo de Lech Walesa arrêté puis interné. En décembre 1981, le dirigeant communiste Jaruzelski instaure la loi martiale. L’opposition est réprimée.

    Une période terrible, que Filip découvre en arrivant dans cette salle du musée. « La première fois, j’étais terrifié. J’ai vu les vestes des ouvriers tués par la police ou l’armée. C’était beaucoup pour moi. Pour ma grand-mère, ce fut encore plus dur. Elle n’a pas pu rester dans la salle. »

    Comment peut-on manipuler notre histoire ?

    Nous faisons un saut dans le temps, et arrivons en février 1989. Les leaders du mouvement Solidarnosc et le pouvoir communiste, affaibli par des années de récession et de pénuries, s’assoient autour d’une immense table ronde, recréée dans le musée. C’est là que durant deux mois, les deux camps vont négocier les contours de la future Pologne, et surtout les élections de juin 1989, les premières ouvertes au suffrage universel.

    Le mouvement Solidarnosc triomphe. Mais pour le PiS, le parti ultra-conservateur au pouvoir aujourd’hui, le résultat de ces élections avait été décidé avant, en secret. Lors de discussions entre le Parti communiste et certains membres de Solidarnosc, dont Lech Walesa. Les communistes auraient négocié des positions de pouvoir dans la future Pologne démocratique.

    Une théorie relayée par la télévision publique, complètement aux mains du pouvoir actuel. « Cette manipulation de l’histoire est terrible », s’inquiète Andrzej. « Aujourd’hui, mon grand-père est un peu malade. Il regarde la télévision publique et commence à croire ce qu’elle raconte, notamment que Lech Walesa travaillait en fait pour la police secrète communiste. »

    Le chef du parti PiS, ancien camarade de Walesa sur les chantiers navals, lui voue une détestation sans borne et tente depuis plusieurs années de salir sa réputation. Le rôle de Walesa dans la chute du communisme est presque effacé dans les nouveaux programmes d’histoire.

    Pas d’unité nationale pour ces célébrations

    Les deux lycéens regrettent que leur pays ne soit pas uni, au moment de fêter les 30 ans de ces élections libres. Aucun membre du gouvernement n’est présent à Gdansk pour les célébrations, organisées par la mairie, tenue par l’opposition.

    « Cela me rend triste », déplore Andrzej. « Tous les ans, nous devons oublier nos différences. Mais c’est impossible. Aujourd’hui, on ne peut presque plus parler de ces élections sans que cette histoire de conspiration ressorte. »

    Les deux jeunes sont très fiers de l’héritage légué par Solidarnosc. Pour eux, les acquis démocratiques sont solides. « Le PiS déforme notre histoire, mais ce n’est qu’un parti politique », estime Andrzej. « S’ils perdent les prochaines élections, à l’automne, on reviendra peut-être à la normale. »

    Et si le PiS venait à être réélu et à remettre en cause les libertés fondamentales, Filip tient à rappeler l’esprit de résistance des Polonais. « Il ne s’arrête jamais. Il y a 30 ans, durant le communisme, comme aujourd’hui, nous poursuivons constamment le combat pour conserver notre liberté. »

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.