GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 16 Octobre
Jeudi 17 Octobre
Vendredi 18 Octobre
Samedi 19 Octobre
Aujourd'hui
Lundi 21 Octobre
Mardi 22 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Europe

    Vol MH17 abattu en Ukraine: quatre suspects seront jugés

    media Présentation des conclusions de l'enquête internationale sur le crash du MH17, à Nieuwegein, aux Pays-Bas, mercredi 19 juin. REUTERS/Eva Plevier

    Quatre suspects feront l'objet d'un procès pour homicide aux Pays-Bas pour leur participation présumée à la destruction du vol MH17 de la Malaysia Airlines en juillet 2014 au-dessus de l'est de l'Ukraine, qui a fait 298 victimes, majoritairement néerlandaises. C'est ce qu'ont annoncé ce mercredi 19 juin les experts internationaux chargés de l'enquête aux Pays-Bas.

    Avec notre envoyée spéciale à Nieuwegein, Joana Hostein

    Les enquêteurs internationaux ont réussi à réunir suffisamment de preuves pour identifier et inculper quatre personnes dans l'affaire du crash du vol MH17. Elles sont soupçonnées d'avoir commandité le tir du missile BUK à l'origine de la destruction de l'avion. Il s'agit de trois militaires russes dont l'ancien ministre de la Défense de la République autoproclamée de Donetsk, Igor Guirkine, et d'un Ukrainien lié au service de renseignement des séparatistes, Leonid Khartchenko.

    Selon le procureur néerlandais Fred Westerbeke, « ils ont eu un rôle prépondérant dans l'est de l'Ukraine. Ce sont eux qui ont demandé ce missile BUK et ce sont eux qui ont tout mis en oeuvre pour qu'il soit acheminé dans la zone dont ils avaient la responsabilité et c'est à partir de cette zone que le MH17 a été abattu. Ils sont responsables pour l'ensemble de cette opération ».

    Ces quatre suspects sont donc poursuivis pour meurtre. Ils seront jugés à partir du 9 mars 2020 devant la justice néerlandaise. Ils risquent la prison à vie. Mais selon les enquêteurs internationaux, il paraît peu probable qu'ils assistent physiquement à leur procès, les Constitutions ukrainienne et russe ne permettant pas l'extradition de leurs nationaux.

    Un soulagement pour les familles des victimes

    Des noms et des visages, c'est ce que les enquêteurs internationaux ont pu fournir aux familles des victimes. Un soulagement pour Silene Fredriksz qui a perdu son fils de 23 ans et sa belle-fille dans l'accident. Mais le quotidien reste très éprouvant pour cette mère néerlandaise.

    « Non, ça ne va pas mieux, des jours comme ça, c'est très stressant. On n'a pas dormi de la nuit. On attend ce jour depuis cinq ans. Maintenant on a une date, on peut se concentrer sur le 9 mars 2020. »

    Les enquêteurs internationaux ont lancé un nouvel appel à témoin pour réunir suffisamment de preuves d'ici le début du procès pour inculper d'autres suspects. Ils demandent davantage de coopération à la Russie, qui n'a pas fait suffisamment d'efforts depuis le début de l'enquête, selon les experts.

    Un enquêteur inspecte le débris de l'avion MH17 à Hrabove, en Ukraine, le 22 juillet 2014. REUTERS/Maxim Zmeyev/File

    Moscou se défend

    Depuis le début de l’enquête sur le drame du MH 17, Moscou rejette toute implication dans le crash. Les conclusions avancées par les enquêteurs sont d'ailleurs « tendancieuses et partiales », juge-t-on en Kremlin.

    Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères estime donc sans surprise que ces nouvelles révélations n’apportent rien de concret. « Ce sont des accusations totalement creuses, peut-on lire dans ce communiqué, dont l’objectif est de discréditer la Russie sur la scène internationale ».

    Pas question donc pour la Russie de reconnaître la moindre implication dans le drame qui s’est joué, le 17 juillet 2014 au-dessus du Donbass séparatiste. Pas question non plus d’envisager l’extradition ou l’arrestation des trois Russes accusés par les enquêteurs, souligne notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot.

    L’un d’entre eux, l’ancien colonel du FSB Igor Guirkine a lui aussi rejeté toute responsabilité dans le drame. « Tout ce que je peux dire, a-t-il déclaré à l’agence Interfax, c’est que le Boeing n’a pas été abattu par les rebelles ».

    Victoire diplomatique de Kiev

    Peu à peu, la vérité sur la tragédie se fait jour, et elle prouve que l’Ukraine n’était pas impliquée. Kiev s’est longtemps défendue contre des accusations russes infondées, notamment la théorie d’un jet militaire ukrainien qui aurait visé le Boeing. Des allégations démontées par l’enquête, rappelle notre correspondant à Kiev, Sébastien Gobert.

    Victimes de cette situation, et de l’agression russe en général, les Ukrainiens ont fait de ce cas un exemple de leur coopération avec les instances internationales, et un test du soutien des pays occidentaux. Le nouveau président Volodymyr Zelenskiy espère « pleine justice », et que l’ensemble des coupables soient jugés. Les services de sécurité ont mis en examen, par contumace, les suspects.

    Ils ont à charge de trouver et appréhender au moins un des individus nommés, le citoyen ukrainien Leonid Kharchenko. Nul ne semble pourtant savoir où il se trouve, ou si même il est encore en vie. Olena Zerkal, vice-ministre des Affaires étrangères, promet que l’affaire ne s’arrête pas là: elle veut obtenir des signes de coopération de la Russie. Pour avoir des résultats concrets, mais aussi pour sauvegarder la crédibilité du système du droit international.


    ► Qui sont les 4 suspects?

    La figure la plus médiatisée est celle d’Igor Guirkine, nom de guerre « Strelkov », le tireur. Fine moustache, visage toujours pâle, le ministre de la Défense de la République autoproclamée de Donetsk était célébré en héros à la télévision russe. Cet ancien colonel du FSB a organisé les premières milices armées dès le début de la rébellion séparatiste dans l'est de l'Ukraine au printemps 2014. Quelques semaines après l'explosion de l'avion, il est démis de ses fonctions dans des conditions troubles, en août 2014, et regagne Moscou loin des caméras de télévision.

    C’est lors de la première guerre de Tchétchénie que Sergueï Doubinski, 56 ans, aurait fait la connaissance d’Igor Guirkine. Les autorités ukrainiennes le soupçonnent d’être lié au renseignement militaire russe, le GRU. Selon le site d'investigations Bellingcat, c'est lui qui avait demandé la livraison du système de défense anti-aérienne BUK à la Russie.

    L’un de ses adjoints est également dans le viseur des enquêteurs internationaux : Oleg Poulatov, 52 ans, est un ancien officier des forces armées russes.

    Enfin, l’Ukrainien Leonid Khartchenko, surnommé la Taupe, 47 ans, était lui aussi lié aux services de renseignement des séparatistes. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir aidé au transport et à l'évacuation du système de lance-missile BUK après le tir. Les trois premiers suspects habitent aujourd'hui en Russie. Les services de sécurité ukrainiens affirment en revanche ne rien connaître du sort de Leonid Khartchenko.

    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.