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    Europe

    À Istanbul, une élection municipale, un enjeu national

    media Le candidat de l'opposition Ekrem Imamoglu avait gagné l'élection le 31 mars 2019. Le scrutin avait été annulé à la suite de recours du parti du président, l'AKP, qui dénonçait des «irrégularités». REUTERS/Murad Sezer

    Les dix millions d'électeurs d'Istanbul sont rappelés aux urnes ce dimanche 23 juin pour élire leur maire à la suite de l'annulation du scrutin du 31 mars pour irrégularités.

    Tout un symbole. Istanbul est la ville natale de Recep Tayyip Erdogan, celle dont il est devenu maire en 1994, celle qui l’a propulsé au pouvoir et dont il jouit, depuis 25 ans, de l’énorme potentiel en matière financière et de mobilisation électorale. La bataille qui s'y joue ce dimanche 23 juin n'est donc pas seulement municipale, elle oppose également un président à une figure montante de l'opposition dont il veut couper les ailes à tout prix, analyse notre correspondante, Anne Andlauer.

    En mars, le candidat de l'opposition Ekrem Imamoglu l'avait emporté d'un cheveu, avec 13 000 voix d'avance sur son adversaire dans une ville qui compte 10 millions d'inscrits sur les listes électorales. Cette fois, les sondages lui promettent une victoire plus large face à l’ancien Premier ministre Binali Yildirim, candidat de l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan.

    Erkrem Imamoglu a repris pendant cette campagne la stratégie qui l’avait fait gagner une première fois : occuper sans cesse le terrain, ne pas répondre aux polémiques, offrir l’image d’un rassembleur dans une Turquie minée par la polarisation. Face à lui, Binali Yildirim a tenté de se concentrer sur des enjeux locaux. Mais cette campagne – comme la première – lui a finalement échappé, accaparée dans les derniers jours par les déclarations du chef de l’État.

    La base électorale de l'AKP s'est effritée. Une partie de l'électorat conservateur reproche au président d'avoir annulé la première élection. Elle regrette également la personnalisation du pouvoir et la polarisation du pays. En réclamant l’annulation du scrutin qu’il avait perdu en mars, Recep Tayyip Erdogan a pris un grand risque. Car une défaite passe encore. Mais deux défaites, coup sur coup, constitueraient un sérieux camouflet. Erdogan peut-il accepter le message des électeurs en cas de défaite ? Rien n'est moins sûr.

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