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    Europe

    UE: deux femmes aux postes clés des principales institutions

    media La Française Christine Lagarde a été nommée à la tête de la Banque centrale européenne. REUTERS/Carlos Jasso

    Pour la première fois dans l'histoire de l'Union européenne, deux femmes ont été choisies à des postes clés des instances dirigeantes : Ursula von der Leyen, l'actuelle ministre allemande de la Défense à la tête de la Commission européenne, et la Française Christine Lagarde, qui va quitter le FMI pour prendre la tête de la Banque centrale de Francfort.

    Après trois jours d'intenses tractations, les 28 pays de l'Union européenne se sont mis d'accord. Deux femmes aux postes les plus décisionnels des instances européennes. Une parité enfin réalisée et un équilibre franco-allemand de retour. Cela faisait cinquante-deux ans que l'Allemagne n'avait pas dirigé la Commission.

    Très francophone, Ursula von der Leyen pourrait appuyer la relance de l'Europe de la défense souhaitée par Paris. Et cette fédéraliste européenne pourait également pousser pour des avancées vers une Europe plus sociale.

    Quant à la Française Christine Lagarde, actuellement directrice générale du Fonds monétaire internationale (FMI), elle aura, en tant que présidente de la Banque centrale européennee, la main sur les grandes affaires monétaires communautaires, explique notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet.

    Christine Lagarde, à l'unanimité

    Mme Lagarde a quitté ses fonctions à Washington en attendant la confirmation du Parlement européen, qui doit se prononcer sur toutes les nominations. « Elle a fait l'unanimité au sein des 28 chefs d'État et de gouvernement de l'UE », a indiqué le président français Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse.

    Son prédécesseur Mario Draghi est certes un éminent banquier, mais c'était aussi un homme sachant parler à l'oreille des marchés et faire passer des messages aux dirigeants politiques, des messages qu'ils n'avaient pas toujours envie d'entendre.

    Autant de qualités indispensables au poste de gouverneur de la BCE et que possède Christine Lagarde : l'écoute, le charisme et le verbe pour s'exprimer. Après sa nomination, l'euro a continué à grimper. Les marchés l'ont déjà adoubée.

    Consacrée troisième femme la plus puissante du monde par Forbes l'année dernière, Christine Lagarde, 63 ans, a été ministre de l'Économie de Nicolas Sarkozy quand la crise financière de 2008 a éclaté.

    Elle a ensuite pris la suite de Dominique Strauss-Kahn, arrêté à New York, pour diriger le FMI à partir de 2011. Dorénavant à la tête de la Banque centrale de Francfort, elle devient ainsi la première femme à ce poste en Europe.

    Ursula von der Leyen, contestée

    Ursula von der Leyen sera donc aux manettes de l'agenda politique européen désormais. Mais la ministre allemande de la Défense ne fait pas l'unanimité dans son pays, à commencer par sa classe politique, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut.

    Les conservateurs n'ont pas vraiment apprécié que leur candidat Manfred Weber ait été sacrifié. « Il aurait été légitime pour la Commisison européenne et cela aurait été la solution la plus démocratique », a déclaré le patron de la Bavière et président de la CSU, Markus Söder.

    L'abandon du principe des « Spitzenkandidaten », des têtes de liste européennes, passe mal à droite.

    Du côté du SPD, le Parti social-démocrate, la candidature défendue était celle du social-démocrate néerlandais Frans Timmermans. Le SPD a rejeté la candidature d'Ursula von der Leyen, et a contraint Angela Merkel, paradoxalement, à Bruxelles, à s'abstenir mardi faute d'accord au sein de la « grande coalition ».

    Les écologistes, grands gagnants des élections européennes en Allemagne fin mai, dénoncent le choix d'une personnalité qui n'était d'ailleurs pas candidate lors de ce scrutin.

    La presse allemande, encore plus critique

    Si la presse allemande ne met pas en cause les qualifications d’Ursula von der Leyen, les commentaires critiquent la remise en cause de la légitimité du Parlement.

    « Sous la direction d'Angela Merkel, les chefs d'État et de gouvernement ont annulé d'un trait le résultat des élections. Peu importe qui était candidat, peu importe qui a gagné, ils ont bricolé leur propre solution », estime le quotidien le plus lu en Allemagne, Bild Zeitung.

    La presse allemande critique un compromis ficelé en coulisses, mais rappelle aussi que la gestion de la ministre de la Défense a été secouée par de nombreux problèmes et scandales dans le pays.

    Les commentaires positifs sont rares. Le quotidien Leipziger Volkszeitung parle d’un « énorme succès » pour Mme Merkel. Le journal Berliner Morgenpost, plus patriotique, commente : « L’Europe devient plus féminine et plus allemande, c’est une bonne chose ».

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