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    13 août 1961: la construction du Mur de Berlin

    media Le 26 août 1961, des hommes discutent avec leurs amies derrière une clôture à la gare Stettiner Bahnhof à Berlin. AFP/Günter Bratke

    Le 9 novembre prochain marquera le 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Après vingt-huit ans, ce symbole de la guerre froide disparaît. En août 1961, l’impensable était devenu réalité : une ville était coupée en deux par une frontière quasi infranchissable que le régime est-allemand perfectionnera durant des années, mais qui symbolise aussi son échec.

    « Personne n’a l’intention de construire un mur ». Le 15 juin 1961, l’homme fort de la RDA, Walter Ulbricht, répond à la question d’une journaliste ouest-allemande qui lui demande s’il est envisageable qu’une frontière étatique soit érigée à la porte de Brandebourg. La collègue n’a pas utilisé le terme de « mur ». Ulbricht commet-il un lapsus freudien annonçant ses intentions ou veut-il lancer un avertissement à l’Ouest, et à ses compatriotes ?

    L'exode des Est-Allemands

    La situation est particulièrement tendue en juin 1961. Durant les deux semaines qui précèdent la conférence de presse d’Ulbricht, 10 000 Est-Allemands fuient leur pays. L’hémorragie met la RDA en difficulté. Depuis 1952, une zone interdite existe entre les deux parties du pays et empêche les Est-Allemands de quitter leur pays. Mais gagner Berlin-Ouest reste assez facile. La ville a été découpée après la guerre (comme l’ensemble du pays) en quatre secteurs entre les Alliés vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale (Soviétiques, Américains, Britanniques et Français).

    Berlin-Est comme le reste de la RDA socialiste fondée en 1949 font partie de la zone contrôlée par Moscou. Les trois secteurs occidentaux de Berlin-Ouest constituent une zone commune. Mais la frontière reste ouverte entre les deux parties de la ville. Des écoliers et des étudiants les traversent quotidiennement comme des personnes travaillant dans un autre secteur. Depuis 1958, la RDA comme l’Union soviétique tentent de remettre en cause cette situation. Les bus et les tramways entre les deux parties de la ville sont interrompus. Mais le métro et le S-Bahn (une sorte de RER) fonctionnent toujours et 80 rues relient les secteurs occidentaux à la zone soviétique. 2,6 millions de personnes quittent la RDA entre sa fondation en 1949 et la construction du Mur de Berlin en août 1961.

    Des Berlinois de l'Ouest assistent à la construction du Mur de Berlin, le 15 août 1961. AFP

    Opération « Muraille de Chine »

    Face à cet exode qui menace la survie du régime, Berlin-Est veut riposter et envisage depuis 1958 une opération « Muraille de Chine » prévoyant de fermer la frontière inter-berlinoise. Le 15 juin 1961, Walter Ulbricht ment donc honteusement lorsqu’il déclare que « personne n’a l’intention de construire un mur ». Début août, le numéro un est-allemand obtient le feu vert de Moscou pour son plan « Muraille de Chine ». L’URSS précise : des barbelés doivent d’abord couper la ville en deux. Ils ne seront remplacés par un mur que si l’Ouest ne réagit pas.

    Le samedi 12 août, 4 000 personnes (un record) fuient la RDA. Après minuit, l’armée quadrille Berlin-Est. 25 000 miliciens et policiers armés se déploient tous les deux mètres le long des 155 kilomètres de frontière séparant les deux parties de la ville. Le métro et le S-Bahn sont interrompus. Au matin, la ville est coupée en deux par des fils barbelés. Certains Est-Allemands prennent la fuite en sautant par-dessus ou en les cisaillant. Dans la Bernauer Strasse, les immeubles d’un côté de la rue sont en RDA. Dans cette rue qui devient rapidement un symbole du Berlin divisé, des personnes sautent depuis les fenêtres des étages des immeubles pas encore murés dans des filets tendus par des pompiers de Berlin-Ouest. Les maisons seront plus tard évacuées et détruites.

    Face au mécontentement en RDA, 1 000 personnes sont arrêtées pour crime d’État. À l’Ouest, des habitants face à la frontière observent la coupure de leur ville abasourdis ou insultent les forces de l’ordre de l’Est. Des familles déjà déchirées se font des gestes de la main en pleurs par-dessus les barbelés.

    Femme faisant un signe devant le Mur de Berlin. US Library of Congress

    La réponse des Alliés occidentaux est des plus modérées. Personne ne souhaite un conflit armé. La coupure de la ville ne remet pas en cause les intérêts fondamentaux des uns et des autres. L’étape suivante du plan « Muraille de Chine » peut donc être mise en œuvre. À partir du 15 août, des maçons remplacent les barbelés par un mur de béton de 1,50 mètre et empilent des parpaings. Deux mois plus tôt, Walter Ulbricht avait déclaré que tous ces ouvriers étaient d’urgence nécessaire pour construire des logements en RDA.

    Cette division de la ville, invraisemblable quelques jours plus tôt, ne sera pas une mesure provisoire. « Le mur de protection antifasciste », construit par la RDA pour protéger officiellement ses citoyens d’agressions occidentales, va rester en place durant vingt-huit ans jusqu’au 9 novembre 1989. Le mur va être perfectionné au cours du temps. Dans sa version finale, il sera composé d’éléments préfabriqués en béton hauts de 3,60 mètres et surmonté d’un tuyau en ciment rond sur lequel un grappin n’a pas prise. Il y a en fait deux murs parallèles au milieu desquels se trouve un no man’s land (de 50 à 500 mètres de large) permettant un meilleur contrôle avec des tours, des barbelés, des alarmes. Des systèmes automatiques de tirs et des mines seront installés à la frontière entre la RDA et la RFA (mais pas à Berlin). Une partie des frontières est constituée par des cours d’eau dont l’accès est aussi particulièrement contrôlé.

    Vue aérienne du Brandenburg Gate et du mur de Berlin en juillet 1973. AFP

    Fuir à tout prix

    Après la construction du mur en août 1961, différentes mesures sont prises pour le rendre moins étanche, mais toujours dans le sens ouest-est. En 1963, un million de Berlinois obtiennent le droit de rendre visite à leurs proches pour Noël. D’autres assouplissements suivront. Pour les Allemands de l’Est, sauf des cadres du régime et autres exceptions, le mur reste hermétiquement fermé. Il faut attendre la retraite pour pouvoir passer à l’Ouest. Si d’aucuns ne reviennent pas, cela allège les caisses du régime est-allemand.

    Certains ne veulent pas attendre et prennent la fuite. Environ 5 000 personnes y parviennent entre 1961 et 1989, utilisant des véhicules comme boutoirs, en passant par des canalisations ou des tunnels creusés durant des semaines ou encore en traversant un fleuve. Pour d’autres, la fuite est interrompue par une arrestation et des peines de prison. Certains ne survivent pas après un accident ou bien sont tués par les forces est-allemandes. Au total, au moins 140 personnes ont été tuées à Berlin entre 1961 et 1989 en tentant de passer à l’Ouest. À ces victimes s’ajoutent celles mortes en tentant de franchir la frontière entre les deux Allemagnes ailleurs qu’à Berlin. Les derniers morts sont à déplorer quelques mois avant la chute du mur. Le jeune Chris Gueffroy est la dernière victime tuée par balles en voulant gagner Berlin-Ouest le 6 février 1989. Le mois suivant, Winfried Freudenberg, réussit à fuir avec un ballon gonflable. Il gagne la liberté, mais s’écrase à Berlin-Ouest où il meurt de ses blessures.

    ► À lire aussi : Cinquante ans après, le mur de Berlin

    ► À écouter aussi : Berlin aujourd’hui, où sont les traces du mur ?

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