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    Europe

    L'Espagne envoie un navire militaire récupérer les migrants sur l'«Open Arms»

    media Quelques migrants, aidés par des secouristes espagnols, ont été autorisés à débarquer à Lampedusa lundi 19 août au soir. Francisco Gentico/Open Arms/Handout via REUTERS

    Les rescapés de l’Open Arms bloqués au large de Lampedusa depuis maintenant dix-huit jours vont être récupérés par un navire militaire espagnol. Une centaine de migrants sont toujours sur le navire humanitaire au large de l'île italienne de Lampedusa. Lundi 19 août, l’Italie avait tout de même accepté d’évacuer quelques personnes.

    Avec notre envoyée spéciale à Lampedusa, Juliette Gheerbrandt

    Alors qu'il reste un peu moins de 100 personnes à bord de l'Open Arms, le navire militaire Audaz « partira cet après-midi à 16H00 TU, naviguera pendant trois jours jusqu'à Lampedusa où il prendra en charge les personnes recueillies par l'Open Arms ». Le navire militaire les transportera au port de Palma de Majorque dans les Baléares indique le gouvernement espagnol dans un communiqué, ce mardi 20 août.

    Situation extrême à bord

    Psychologiquement, tous les rescapés à bord sont de plus en plus fragiles, une personne s’est par exemple jetée à l’eau ce mardi 20 août au matin, neuf autres l'ont imité un peu plus tard dans la matinée pout tenter de rejoindre Lampedusa à la nage, mais les garde-côtes sont intervenus.

    La situation est très difficile. Cela fait des jours que les migrants voient la côte à quelques centaines de mètres du navire. Le dénouement semble se rapprocher : à moins d’un changement, compte tenu des dernières informations, l'ONG Proactiva n’aura pas eu gain de cause et les migrants devraient reprendre la mer vers les Baléares.

    Ils devraient être transbordés dans les 24 heures sur un navire des garde-côtes italiens qui les y conduira. Mais il reste à résoudre, semble-t-il, la question du pavillon du navire humanitaire. Le ministre italien des Transports exige que l’Espagne le lui retire.

    Matteo Salvini, c’est Matteo Salvini, mais toutes les fois où la France a envoyé vers l’Italie à Vintimille, sans rien dire, comme ça, des jeunes, des mineurs… Personne n’a rien dit !

    [Reportage] Lampedusa se sent bien seule face à l'afflux de migrants 20/08/2019 - par Juliette Gheerbrant Écouter

    Le bras de fer de Matteo Salvini sur les ONG n’a jamais été aussi loin et ce n’est pas un hasard du calendrier. Le ministre de l’Intérieur italien souhaite des élections le plus rapidement possible. Le Sénat se réunit d’ailleurs sur cette question ce mardi après-midi.

    À Lampedusa, la vie continue

    À Lampedusa, l’ambiance est plutôt aux paréos, aux parasols et les scooters des mers des vacanciers pétaradent autour du port. C’est actuellement le pic de la saison. La présence du bateau ne perturbe ni les touristes, ni les habitants que l’on a pu rencontrer. Ce qui revient dans les conversations, c’est que l’Italie se trouve seule dans cette situation, comme toujours.

    D’autant qu’à Lampedusa, les gens sont bien placés pour constater que si Matteo Salvini s’en prend aux ONG et fait beaucoup de bruit sur Twitter, les migrants continuent d'arriver chaque jour ou presque en Sardaigne, en Sicile ou à Lampedusa, à bord de ce que les Italiens appellent « les bateaux fantômes », de petites embarcations qui passent parfois inaperçues. Ces deux derniers jours, 108 personnes sont arrivées seules de la Tunisie toute proche.

    Ne pas savoir pourquoi le débarquement n’est pas autorisé ; ne pas savoir où, comment, et si ils arriveront à terre, crée beaucoup de tensions et ravive les traumas. Il ne faut pas oublier qu’ils ont vécu des tortures, des violences, des guerres pendant des mois voire des années pour certains. Donc se voir nier la possibilité d’arriver à terre est une nouvelle sorte de torture.

    Rosella Miccio, présidente de l’ONG médicale italienne Emergency 20/08/2019 - par Juliette Gheerbrant Écouter

    Le maire de Lampedusa, a lui pu se rendre à bord du navire Open Arms à l’invitation de l’ONG Proactiva et quand on l’interroge sur l’état des gens à bord, sa réponse est simple : « Je vous souhaite de ne pas voir une chose pareille. »

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