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    Europe

    Brexit: rien ne va plus pour Boris Johnson

    media Débat animé et noms d'oiseaux mercredi 4 septembre à la Chambre des communes à Londres: Boris Johnson a été envoyé dans les cordes avec un double revers. UK Parliament/Jessica Taylor

    Il n'a plus de majorité et pourrait être forcé de repousser le Brexit. Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est pris une série de gifles mercredi à la Chambre des Communes, échouant même dans son projet de dissoudre l'assemblée pour se sortir de l'impasse. Après à peine six semaines au pouvoir, rien ne va plus pour Boris Johnson au Parlement même si un calme relatif est revenu ce jeudi à Westminster.

    avec notre envoyée spéciale Anissa el Jabri et notre correspondante Muriel Delcroix

    Un nouveau vote sur la tenue de législatives anticipées au Royaume-Uni se tiendra lundi à la Chambre des communes, a-t-on appris ce jeudi de source gouvernementale.

    Boris Johnson qui n’a pas obtenu le soutien de l’opposition pour déclencher des élections anticipées se rend lui ce jeudi après-midi dans le Yorkshire et le discours que le Premier ministre doit y prononcer devrait avoir de forts accents électoraux. Il faut s’attendre à entendre des slogans et arguments-clés qui seront dans les prochaines semaines répétés à l’envi contre le camp travailliste ; notamment la « lâcheté » de son leader Jeremy Corbyn, prêt avec sa « loi de capitulation » à mendier un nouveau report du Brexit à Bruxelles.

    Grandes manoeuvres pour les législatives anticipées

    L’objectif est d’exercer désormais une pression maximale sur le chef du Labour pour qu’il finisse par accepter le déclenchement de législatives anticipées à la mi-octobre, une date à l’avantage de Boris Johnson qui se poserait alors en sauveur du Brexit. Les travaillistes sont, eux, divisés sur la date la plus judicieuse. Certains craignent que Boris Johnson ne révoque la nouvelle loi et parte sans accord.

    Ils préfèrent attendre début novembre lorsque le dirigeant conservateur sera affaibli après avoir dû demander un report du Brexit et ainsi trahi sa promesse faite aux « Brexiters » de quitter le bloc européen quoi qu’il arrive. Mais d’autres travaillistes veulent éviter qu’en retardant le scrutin, Jeremy Corbyn paraisse se dégonfler. Surtout il leur faut convaincre les autres partis d’opposition, fin prêts à en découdre, qu’il est également à leur avantage de laisser passer la date butoir du 31 octobre. 

    Commentaire hier soir d'un éditorialiste politique : «  si c'était un jeu, il serait passionnant... Mais ça n'est pas un jeu ».  « Pendant que la bulle de Westminster bout, l'amertume et la colère grandissent dans le pays », souligne un autre.

    La presse clivée après les vifs échanges de mercredi aux Commons

    Boris Johnson «  acculé » : trois grands quotidiens, le Financial Times, le Guardian et the independant, utilisent le même terme pour décrire en Une la position actuellement très inconfortable du Premier ministre : non seulement il n’a pas réussi à empêcher les députés de faire adopter un projet de loi contre un Brexit sans accord, mais il n’a pas non plus convaincu les partis d’opposition d’approuver son offre d’élection anticipée le 15 octobre. Une « humiliante double défaite » pour le Financial Times et qui laisse Boris Johnson de facto « piégé par un Parlement hostile dans un 10 Downing street bunkerisé ».

    Même constat dans le Times pour qui le dirigeant et son très controversé stratège politique, Dominic Cummings, « livrent une bataille de plus en plus désespérée pour imposer une élection générale face à des opposants qui veulent le voir retranché à son poste mais sans aucun pouvoir ». Le tabloid de gauche Daily Mirror, qui n’a jamais été un grand fan de Boris Johnson se contente lui de le qualifier de « Pire Premier ministre britannique » juste derrière Theresa May.

    A l’inverse pour les journaux de droite, le grand fauteur de trouble est Jeremy Corbyn. Le Telegraph traite d’ « hypocrite » le leader travailliste qui a refusé une élection pour sortir de l’impasse. Les tabloids Daily Mail et le Sun reprennent eux la formule de Boris Johnson qui hier aux Communes a traité son adversaire de « poule mouillée » et ils appellent à des élections anticipées pour ne pas capituler face à Bruxelles.

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