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    Afrique

    Les migrations africaines vers l'Europe en recul depuis 3 ans selon l'OCDE

    media Des migrants secourus par le navire «Ocean Viking» pendant leur transfert vers des navires maltais, le 23 août 2019. Anne CHAON / AFP

    Le nombre de demandes d’asile ne cesse de chuter dans les pays de l’OCDE, selon un dernier rapport de l’organisation publié mercredi 18 septembre démontrant que seulement 300 000 Africains ont gagné un pays membre. « L’idée selon laquelle l’Europe est envahie par des migrants africains est complètement fausse », affirment des spécialistes.

    Alors que le gouvernement français est prêt à lancer un débat parlementaire sur l’immigration et avance que la France doit « s’armer » face à l’immigration, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a publié un rapport mercredi 18 septembre prouvant que les demandes d’asile ont une nouvelle fois reculé.

    Selon les Perspectives des migrations internationales 2019, ces demandes ont reculé de 35% en 2018 par rapport au record de 1,65 million en 2015 et 2016. Parmi les pays européens, cette baisse a été de 10%, et de 17% parmi les pays non européens de l’OCDE, dont les États-Unis qui restent la première destination des demandes d’asile. Elles ont atteint seulement 1,07 million en 2018 contre 1,26 million en 2017.

    Alors que ce rapport insiste sur un monde ouvert au mouvement, où 5,3 millions de personnes ont migré de manière permanente dans un pays de l’organisation – soit une hausse de 2% par rapport à 2017 - il démontre également que le continent africain ne contribue que légèrement à ce mouvement : seulement 300 000 Africains ont gagné un pays de l’OCDE en 2018.

    Aucun pays africain parmi les 17 premiers

    « L’idée selon laquelle l’Europe serait envahie par les migrants africains est complètement fausse, affirme fermement à RFI François Héran, professeur au Collège de France sur la chaire Migrations et sociétés. L’OCDE ne fait que rappeler des faits qu’on connaît depuis longtemps et qu’ont également été confirmés par Eurostat. »

    Car selon le rapport, la majorité des demandeurs d’asile sont originaires de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Syrie et du Venezuela. Même parmi les migrants - raisons humanitaires, économiques et autres confondues -, aucune nation africaine ne figure parmi les premiers pays d’origine : les cinq premières places sont occupées par la Chine, la Roumanie, l’Inde, la Pologne et le Vietnam. Le Maroc est le premier pays africain à figurer dans la liste… à la 18e place, suivi ensuite par le Nigéria (31e), l’Algérie (46e), l’Égypte (48e) et l’Érythrée (49e).

    « On a cette image du migrant qui traverse la Méditerranée en bateau, au péril de sa vie, et qui vient demander l’asile en Europe, démystifie Jean-Christophe Dumont, responsable de la division Migrations internationales de l'OCDE en interview à RFI. Il y a aussi un fantasme, comme quoi l’immigration vers la France et l’Europe vient surtout de l’immigration africaine, mais il faut aller loin dans la liste pour trouver des pays africains. »

    La preuve dans le dernier rapport de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), publié en juin : 80% des 25,9 millions de réfugiés dans le monde vivent dans un pays voisin de leur lieu d’origine, notamment en Ouganda et au Soudan, parmi les cinq premiers pays d’accueil avec 1,2 million et 1,1 million de réfugiés, respectivement.

    En France, une hausse chez les Afghans, Albanais et Géorgiens

    Quoiqu’en net recul dans l’ensemble de l’OCDE, le nombre de personnes demandant l’asile en France « a augmenté de 21,1%, pour s’établir à 111 000 personnes, environ. La majorité des demandeurs viennent de l’Afghanistan (10 300), de l’Albanie (8 300) et de la Géorgie (6 800) », lit-on dans le rapport.

    « Viennent ensuite les Guinéens et les Ivoiriens, complète Jean-Christophe Dumont. La France reste le premier pays d’accueil de ressortissants africain avec 3,8 millions de personnes, suivie par les États-Unis avec 2,2 millions ».« Mais quand on regarde le nombre d’arrivants par rapport à la population de chaque pays, la France est très très loin derrière en matière d’accueil, avec moins que la moitié de l’Union européenne », insiste de son côté François Héran, qui est également sociologue, anthropologue, démographe et dirige l’Institut Convergences Migrations.

    L’Espagne a également connu une explosion de 73% en 2018, à cause des arrivées massives en provenance de la Méditerranée occidentale, surtout de Vénézuéliens. Pour l'Espagne, la tendance est spectaculaire : en 2016, on y recensait 15 000 demandes. En 2018, il y en a eu 52 000.

    Un regroupement familial rapide qui favorise l’intégration

    Dans ce rapport, l’OCDE affiche également le taux d’emploi chez les migrants. S’il est de 68,8%, soit 2,4 points de moins que les natifs du pays d’accueil, le taux de chômage est passé de 9,4% à 8,7% entre 2017 et 2018.

    Les migrants jeunes et peu qualifiés sont les plus concernés : en UE, plus de 18% des migrants 15-24 ans étaient sans emploi ni à l’école, contre 11% des natifs, un taux inférieur chez les autres pays membres de l’OCDE. En France et en Italie, seulement 40% des immigrés récents avaient trouvé un emploi en 2018, à l’inverse du Royaume-Uni et de l’Irlande où les perspectives se sont améliorées en 2018.

    Alors que « certains pays ont restreint les procédures de regroupement familial », note l’Organisation, l’intégration de la famille, et surtout des enfants, se fait plus rapidement lorsque cette dernière bénéficie « d’un regroupement familial rapide ».