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    Brexit: Dublin prévoit 1,2 milliard pour faire face à un «no deal»

    media Vue du passage frontalier entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord à l'extérieur de Newry, Irlande du Nord, Grande-Bretagne, le 1er octobre 2019. REUTERS/Lorraine O'Sullivan

    À peine plus de trois semaines de la date fixée pour le Brexit, l'Irlande se prépare au pire. Dublin a pris l'événement en compte dans son budget 2020, et pas qu'un peu. Le ministre des Finances, Paschal Donohoe, a présenté au Parlement un budget qui comprend une provision d'un 1,2 milliard d'euros, hors aides européennes, pour soutenir l'activité en cas de no-deal.

    Un peu plus de la moitié de l'enveloppe totale, soit 650 millions d'euros seront injectés dans des secteurs clefs de l'économie irlandaise au rang desquels le tourisme et l'agriculture. Une hausse brutale des taxes douanières pourrait selon la banque centrale, faire disparaître environ un tiers des exploitations agricoles. Pour éviter une telle hécatombe, 85 millions d'euros seront destinés aux éleveurs bovins, les pêcheurs bénéficieront, eux, d'une aide de 14 millions d'euros.

    « C'est un budget sans précédent », a souligné Paschal Donohoe, le ministre irlandais des Finances devant le Parlement, mais d'ajouter : « ce sont des heures sans précédent ».

    S'il ne veut pas céder à la fatalité, s'il estime que le scénario d'une sortie sans accord redouté par l'Irlande n'est pas inévitable, le ministre veut être prêt.

    Car, l'Irlande sera le plus exposé des 27 pays restants dans l'Union européenne. En cas de rétablissement des frontières physiques, le gouvernement anticipe un plongeon du PIB, le produit intérieur brut ne progresserait alors que de 0,7% en 2020 contre 5,5% attendus cette année une croissance en berne qui aura aussi un impact sur le chômage.

    À lire aussi : Brexit: Boris Johnson plus que jamais prêt au bras de fer avec l'UE


    Brexit : que pensent les Européens ?

    Que pensent les citoyens européens de toutes les péripéties autour du Brexit ? Un institut a mené l’enquête dans 5 pays - France, Allemagne, Pays-Bas, Irlande, Espagne et Pologne. Il en ressort beaucoup d’incertitude, mais aussi de lassitude.

    En finir au plus vite : une majorité de sondés par l’institut Kantar estime qu’il est temps de trancher. 66% des Allemands et 57% des Français jugent que l’Union européenne ne devrait pas autoriser un nouveau report de la date du Brexit.

    Les Irlandais, concernés au premier chef, sont aussi 56% à penser qu’il ne faut pas accorder de nouveau délai aux Britanniques.

    Incertitude, mais aussi inquiétude par ailleurs quant à l’issue du divorce. En Allemagne, moins de 40% des sondés misent sur une sortie avec ou sans accord au 31 octobre. Ils sont près de la moitié en revanche à pencher pour un maintien dans l’UE au-delà de cette date.

    Je ne veux pas rester mais ma femme est des Philippines. C’est un problème parce qu’en Pologne, elle n’arrivera pas à s’intégrer. La langue est très difficile. Et puis elle a de la famille ici. Donc, je reste quoi qu’il arrive.

    Les Polonais expatriés se dépêchent de demander le statut de résident 09/10/2019 - par Aabla Jounaïdi Écouter

    52% de Polonais redoutent des retombées négatives du Brexit, contre 48% en Allemagne et 33% en France. 63% des Espagnols et 52% des Irlandais considèrent que leur pays n’est pas suffisamment bien préparé au Brexit. En Allemagne, à l’inverse, on se sent prêt à 61%.

    Quoi qu’il arrive, une majorité d’Européens considère que la sortie du Royaume-Uni est une mauvaise chose. Quant à l'image du Premier ministre britannique, elle est déplorable : seuls 4% des Néerlandais, 5% des Allemands et 8% des Français font confiance à Boris Johnson pour aboutir à une solution satisfaisante avant le 31 octobre.

    À lire aussi : En Écosse, le stress du Brexit pèse sur le moral des pro-européens

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