GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 14 Novembre
Vendredi 15 Novembre
Samedi 16 Novembre
Dimanche 17 Novembre
Aujourd'hui
Mardi 19 Novembre
Mercredi 20 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    • Il est nécessaire de «restaurer l'ordre» à Hong Kong (ministère chinois de la Défense)
    • Fusillade en Californie dans la ville de Fresno: quatre morts et six blessés (police)
    • Manifestations et violences en Iran: Téhéran condamne le soutien de Washington à des «émeutiers»
    • Biélorussie: aucun représentant de l'opposition n'a été élu aux législatives (résultats officiels)
    • «Déchets, ça déborde! On fait quoi?» Journée spéciale ce lundi sur les antennes de RFI dès 6h TU (7h heure de Paris)
    • Hong Kong: la loi interdisant le port du masque est jugée anticonstitutionnelle (Haute cour)
    Europe

    Łukasz, ex-prêtre et gay, dans une ville libre de «l’idéologie LGBT»

    media Łukasz Kachnowicz, ex-prêtre qui a décidé de quitter l'Église catholique polonaise. RFI/Thomas Giraudeau

    Après huit ans passés au sein de l’Église catholique polonaise, Łukasz Kachnowicz a décidé de quitter l’habit de prêtre. Dégoûté par les propos de l’archevêque de Cracovie sur une prétendue « peste arc-en-ciel » et par l’homophobie de plus en plus assumée au sein de l’institution, Łukasz a fait son « coming-out », et veut désormais quitter la région où il réside. Rencontre.

    La situation l’amuse presque. Łukasz Kachnowicz, 34 ans, est peut-être aujourd’hui un des homosexuels les plus connus de Pologne, depuis son coming-out très médiatisé cet été. Pourtant, il vit à Puławy, une ville qui s’est déclarée libre de « l’idéologie LGBT », au mois de mai dernier.

    Les conseillers municipaux ont ainsi voulu empêcher l’instauration de cours d’éducation sexuelle – inexistants en Pologne - et des leçons contre la discrimination dans les écoles. Des cours qui pourraient être donnés par des associations LGBT, comme à Varsovie, la capitale du pays, à 130 kilomètres plus au nord.

    « Peste arc-en-ciel »

    Mais Puławy n’est pas Varsovie la libérale. Puławy, 50 000 habitants est située au sud-est de la Pologne. Une terre ultraconservatrice, catholique, qui vote massivement pour le parti Droit et Justice, au pouvoir aujourd’hui.

    Le 1er août 2019, l’archevêque de Cracovie, la deuxième ville du pays, prononce un sermon incendiaire contre les LGBT. Il parle de « peste arc-en-ciel » qui aurait remplacé la « peste rouge communiste » aujourd’hui. C’en est trop. Lukasz révèle son homosexualité, et prend ses distances avec l’Église.

    « Je savais que j’étais gay avant d’entrer au séminaire », raconte-t-il. « Mais je ne pensais pas que cela allait poser un problème. Normalement, Dieu aime chaque individu, quel qu’il soit. Et l’Église est une maison qui accueille tout le monde. »

    « Ne jamais serrer la main d’un homosexuel »

    Issu d’une famille non croyante, il découvre la foi au lycée, et décide de servir Dieu par le sacerdoce. « Quand j’ai débuté dans ma première paroisse, j’ai tout de suite compris que je ne pouvais pas dire ouvertement que j’étais gay, aux fidèles ou à mon supérieur, l’évêque. »

    Un événement l’a particulièrement marqué. « Je suis allé dîner chez des amis avec un autre prêtre de ma paroisse. Au cours du repas, il a dit qu’il ne pourrait jamais serrer la main d’un homosexuel. Évidemment, il ne savait pas que je l’étais. »

    Les années passent. L’homophobie dans l’Église est de plus en plus visible. Février 2019, le maire de Varsovie signe une déclaration LGBT+ prévoyant la création des fameux cours d’éducation sexuelle.

    Immédiatement, l’Église catholique dénonce un texte « qui remet en cause la vision chrétienne de l’Homme, et qui constitue une menace pour l’avenir du continent européen. »

    L’alliance du trône et de l’autel

    Inquiets que les environnements LGBT entrent dans les écoles, des dizaines de prêtres et évêques se mettent à dénoncer, à coups de sermons durant les messes du dimanche, une prétendue idéologie. « L’Église prononce des mots sur les LGBT qui sont en totale contradiction avec les messages de tolérance du pape François », s’émeut Łukasz.

    Dans un pays où, selon les chiffres de la conférence des évêques, un peu moins de 40 % des Polonais se rendent régulièrement à la messe, le poids politique de l’Église est encore considérable. À cela, il faut ajouter la puissance des médias catholiques, dont Radio Maryja, ultraconservatrice et favorable au gouvernement actuel.

    « Le Premier ministre et les membres de l’exécutif se rendent chaque année à l’anniversaire de cette radio. Une immense messe célébrée par le propriétaire de ces médias, le père Tadeusz Rydzyk. Le parti au pouvoir, le PiS, s’affiche officiellement à ses côtés. C’est l’alliance du trône et de l’autel » détaille Łukasz.

    L’Église et le PiS, Droit et Justice, partagent une même vision conservatrice de la société. Pour une restriction de l’avortement, contre la fécondation in vitro, pour le maintien des cours de religion à l’école. Et donc contre « l’idéologie LGBT ». « Ce parti nous a déclaré la guerre, et l’Église a suivi », déplore Łukasz.

    Il ajoute : « En avril dernier, l’évêque Mering, lors d’une messe, s’est tourné vers le chef du parti au pouvoir, Jarosław Kaczynski, et lui a dit « Vos succès sont nos succès ! »

    Une Église politisée et homophobe

    Plus récemment, fin septembre, un prêtre de Lublin, la plus grande ville du sud-est de la Pologne, non loin de Puławy, a laissé un candidat du PiS aux législatives faire campagne devant son église, juste avant la messe. Et durant l’office, il a directement appelé ses fidèles à voter pour lui.

    « Je ne me sentais plus à ma place dans cette Église politisée et homophobe », raconte Łukasz. « J’ai envoyé un mail à mon évêque en disant que je devais partir. En prenant cette décision, j’ai enfin agi en accord avec ma conscience. »

    Łukasz se sent trahi par l’Église catholique polonaise. Il veut quitter sa ville de Puławy, qui a signé la déclaration contre l’idéologie LGBT, et aller vivre avec son compagnon dans une grande ville, généralement plus tolérante.

    Pour écouter le Grand Reportage de Thomas Giraudeau, cliquez ici

    Chronologie et chiffres clés
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.