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    Europe

    Manger, jeter… Il est temps de sortir du cycle malsain

    media Toine Timmermans, expert néerlandais anti-gaspillage, dans l'usine néerlandaise de recyclage gastronomique. Thomas Bourdeau/RFI

    Le gaspillage alimentaire est un fléau silencieux. Perte d’argent, d’énergie, c’est toute une économie qui vacille à cause de cette gabegie. Corollaire principal : quand vous payez un produit, vous payez aussi pour son gâchis. Des solutions sont expérimentées aux Pays-Bas, un pays précurseur dans le domaine, qui a décidé de diminuer ce gaspillage insensé.

    Plus d’un tiers des aliments, au lieu d’être consommé, finit à la poubelle. Le constat se fait sur tous les continents, mais les responsables sont différents. Souvent désignés comme coupables idéals, les distributeurs ou grands magasins ne sont pas si gaspilleurs. En réalité, ce sont les ménages qui aux Etats-unis (pour 60% ) et en Europe (pour 50%) sont les grands responsables du gâchis alimentaire ! Autre chiffre symptomatique européen, plus du tiers du gaspillage provient des producteurs. En Afrique, ce sont les producteurs comme les distributeurs qui gaspillent trop. Au bout du compte, ce sont 88 millions de tonnes de nourriture qui sont perdues chaque année en Europe ! Pour un montant de près de 143 milliards d’euros et l’équivalent de 20% de la production totale.

    Inverser cette tendance, diminuer cet effarant gaspillage pourrait apporter un triple gain :
    ► Faire gagner de l’argent aux fermiers, compagnies et ménages.
    ► Gâcher moins signifie pouvoir nourrir plus de gens.
    ► Une réduction des conséquences écologiques du gâchis (en eau + terres utilisées + transport + fabrication des emballages + incinération etc....).

    Les Pays-Bas, en avance sur le traitement des déchets 

    Sur le papier c’est bien, mais qui va descendre les poubelles et surtout moins les remplir ? C’est la question à laquelle tentent de répondre les Pays Bas depuis plusieurs années. C’est en périphérie de la ville d'Eindhoven, lors de la Dutch Design Week, que nous avons rencontré Toine Timmermans, coordinateur de Fusions, un programme pour une chaîne alimentaire durable. Cela fait 20 ans qu’il travaille sur le sujet des déchets alimentaires et il se réjouit que son pays est sans nul doute un des plus en avance dans le domaine du traitement des déchets. Maintenant « on partage notre savoir avec les autres pays », explique-t-il plein de bon sens, et d’ajouter : « Pour créer un mouvement, il faut débuter à petite échelle ! » Le gouvernement néerlandais a calculé que ce gâchis représente de 105 à 152 kg par personne par année et il a décidé de le réduire de moitié pour les 10 prochaines années. « On a déjà obtenu 7 kg de réduction, sans récession ni souci économique » s’enthousiasme-t-il.

    Depuis trois ans Toine Timmermans travaille conjointement avec la Verspillingsfabriek, une usine qui remet dans le circuit alimentaire des produits voués à la poubelle. « Bien souvent nos sociétés jettent les aliments à cause de la législation et de méconnaissances profondes » explique-t-il. On peut parler dans le cas de cette usine de gastronomie du recyclage : « Les déchets alimentaires, c’est trop souvent négligé ou mal vu. Notre idée : Donner un sens aux déchets et plutôt que les incinérer, leur redonner une vie dans la chaîne alimentaire. » Le jour de notre rencontre, une soupe était réalisée à partir de tomates vouées à la poubelle car trop mal calibrées pour les étals ou les restaurants, on l’a goûtée juste à sa sortie d’usine. Délicieuse !

    Une usine néerlandaise gastronomique pour recycler les denrées alimentaires trop facilment jetées. DR

    Les réflexions et actions économiques de Toine Timmermans sont une leçon de civisme et une inspiration pour enfin réduire le gaspillage et enclencher un changement de vie en société. Il sourit quand on lui parle de l’importance du recyclage, des poules ou du compost : « ça reste du gâchis alimentaire, non ? La prévention, la réduction valent mieux que le recyclage ou le gâchis. » Il explique : « Ce n’est pas facile à admettre pour nos sociétés consuméristes, mais il faut aller plus loin ! On peut éduquer le consommateur, c’est en chemin, mais c’est le producteur aussi qui doit apprendre à réfléchir différemment ! Pourquoi produire autant quand un tiers sera jeté ? Produire moins peut représenter un bénéfice sociétal. » Il conserve ce sourire d’européen du Nord conscient qui souhaite « opérer un vrai changement et en tout cas sortir du greenwashing » souligne-t-il concerné  (le green washing c’est prétendre qu’on fait quelque chose pour la planète alors que le lendemain on se comporte de façon pire pour l’environnement, et ça vaut pour les entreprises, les producteurs ou les particuliers). Et il ne mâche pas ses mots : « Sur la planète, en matière de gâchis alimentaire, il y a les Américains et les autres. A l’échelle européenne, on peut dire aussi qu’il y a les Anglais et les autres européens. » Il est conscient de l’ampleur de la tâche : « En Europe il y a autant de démarches que de pays. 6% des terres agricoles sont utilisés à produire des aliments qu’on n’utilisera pas ! »

    « Il est temps de changer les règles du jeu »

    Mais Toine Timmermans se félicite de certaines démarches : « L’application danoise Too good to go a plus de six millions de consommateurs conscients. » Avec cette application, utilisable aussi en France, on apprend où sont disponibles des produits proches de leur date de péremption et à acheter rapidement (à moindre coût). « Il y a souvent un conflit d’intérêt entre la sûreté et le gâchis, mais il est temps de changer les règles du jeu. Un euro investi dans cette lutte contre le gâchis permet d’en gagner 200 à l’arrivée mais personne ne pense à faire le calcul ainsi. Faire un meilleur packaging, recyclable, oui certes c’est bien, mais l’impact du packaging sur le gaspillage est de 10%, c’est le produit le problème ! » C’est avec les producteurs que le mécanisme peut s’installer durablement Toine Timmermans en est certain et c’est son autre cheval de bataille qui s’appelle : « Food Waste Free United, cela fait maintenant 10 années que nous travaillons avec de nombreuses entreprises, pour enrayer le gâchis dès la source de production et nous allons vers une nouvelle étape de développement. Quand vous payez pour le produit vous payez aussi pour son gâchis. On imagine maintenant un nouveau modèle où toute la production est utilisée. »

    La plus grande ferme à insectes au monde !

    La boîte à idées hollandaise fait des prouesses ! Les voisins de l’usine alimentaire Verspilling ? Protix : il s’agit de la plus grande ferme à insectes au monde ! « Les insectes sont une source de protéines, mais sont aussi une nourriture saine pour les animaux » ( quoi de mieux que des asticots pour nourrir les poules…) Les mêmes insectes croissent dans cette ferme en consommant de la nourriture jetée. C’est un cercle alimentaire vertueux, un retour vers une chaîne alimentaire équilibrée. Cette plus grande ferme d’insectes du monde pourra nourrir les poissons aussi, qui auront une alimentation plus saine (le meilleur moyen pour retrouver cet équilibre alimentaire parfois perdu). La compagnie a seulement cinq ans et continue de lever de l’argent.

    Le cercle vertueux de la production d'insectes. DR

    En Afrique, le Ketchup project

    Et Toine Timmermans d’énumérer d’autres projets qui contribuent à améliorer la chaîne alimentaire : Un véritable restaurant qui cuisinent des produits proche de la date limite de vente. Mais aussi des projets enthousiasmants en Afrique dont le Ketchup project, « Près de 50% des tomates produites au Kenya sont jetées après la récolte » avec ce projet deux Néerlandais évitent le gaspillage en réalisant du ketchup. Des patates à consommer sans gâchis et facilement au Nigeria. Et aussi au Kenya avec eProd et Twiga qui pourront changer la donne dans la distribution des produits et éviter le gaspillage.

    Paradoxalement les secteurs de la distribution sont très actifs selon Toine Timmermans, et « même si il est encore tôt pour désigner les plus efficaces mais des entreprises comme Mac Donald, Amazon ou Ikea font de véritables avancées pour la lutte contre le gaspillage. » Des idées pour les autres sociétés ?

    → Retrouvez tous nos articles sur les déchets en cliquant ici

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