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    Europe

    Allemagne: un paysage politique déstabilisé et fragmenté

    media Les principaux candidats de la dernière élection ayant eu lieu en Allemagne dans le Land de Thuringe. Tout à droite, le vainqueur du scrutin, le très droitier Björn Höcke. REUTERS/Ralph Orlowski

    C’est la saison des congrès pour les partis politiques allemands. Une période délicate pour la « grande coalition » au pouvoir, qui doit ou non être reconduite d’ici quelques semaines.

    Après les écologistes la semaine dernière, c'est au tour des conservateurs allemands d'organiser leur congrès annuel ce week-end, suivis par l’extrême droite (Afd) puis par les sociaux-démocrates, qui adouberont début décembre une nouvelle direction.

    Résumé 2019 : quatre élections en Allemagne, et tout autant de claques pour les partis au pouvoir. Les Européennes de mai, puis les trois régionales de cet automne, ont à chaque fois montré une CDU et SPD en fort recul.

    C’est dire si le 32e congrès du parti d'Angela Merkel, la CDU, qui s’ouvre ce vendredi 22 novembre à Lepizig, s’annonce agité. Et en premier lieu pour sa cheffe Annegret Kramp-Karrenbauer, élue sur le fil il y a à peine un an.

    Pour les militants et les cadres, c'est elle la responsable - voire la coupable - des claques électorales de l’année écoulée. « AKK » multiplie les gaffes et les erreurs stratégiques à leurs yeux, comme en mai dernier avant les européennes.

    La cheffe des conservateurs déjà démonétisée

    Mèche bleue sur le front, casquette vissée sur la tête, le jeune youtubeur Rezo, 26 ans, avait alors assassiné le bilan de la CDU dans une vidéo vue plus de 7 millions de fois. La réaction pendant la campagne avait fait sourire, celle post-scrutin d’AKK beaucoup moins.

    « Que ce serait-il passé dans ce pays si un certain nombre, disons 70 médias, avaient lancé deux jours avant le scrutin un appel commun : "S'il vous plaît, ne votez pas CDU et SPD" ? », lançait Annegret Kramp Karrenbauer dans sa conférence de presse au lendemain du vote.

    « Cela aurait été une intervention dans l’élection. Donc la question se pose clairement : quelles sont les règles à appliquer au monde digital ? C’est une question absolument fondamentale, dont nous devons parler. Et cette question, à la CDU, nous allons l’aborder de manière très offensive. »

    Scandale en Allemagne, où une grande partie de la classe politique et de la presse avait parlé d’une attaque en règle contre la liberté d’expression.

    CDU : la tentation d'un rapprochement avec l'AfD

    À cela, il faut ajouter une blague de carnaval jugée discriminatoire contre la communauté transgenre, et sa proposition cet automne de créer une zone de sécurité internationale dans le nord de la Syrie, sans avoir consulté ses collègues du gouvernement.

    Désormais démonétisée, avec à peine 19% d’avis favorables dans l’opinion, la ministre de la Défense, nommée à la grande surprise des observateurs après le départ d’Ursula von der Leyen pour la présidence de la Commission européenne, a bien tenté un mea culpa.

    À quelques jours du congrès, des phrases où elle reconnaît des erreurs, dans un documentaire télévisé qui sera diffusé le 2 décembre, ont été rendues publiques. Mais sans que cela génère la moindre sympathie.

    Son autorité et celle d’Angela Merkel sont de toute façon depuis des semaines ouvertement bafouées : dans un appel publié le 4 novembre, 17 responsables du parti en Thuringe, dernier Land où se sont déroulées des élections cet automne, se sont prononcés pour l’ouverture de « discussions ouvertes » avec l’AfD.

    Et ce, alors même que la CDU, lors de son dernier congrès, a clairement interdit toute coopération avec l’extrême droite, sans cesse au centre des débats en Allemagne, et qui doit également se choisir une nouvelle direction.

    L'ascension inquiétante de Björn Höcke à l'AfD

    Alternative pour l'Allemagne pourrait d'ailleurs encore radicaliser. Au centre du jeu peut-être, faiseur de rois sans doute, le grand vainqueur de l’année politique allemande s’appelle Björn Höcke, yeux bleus d'acier dans un visage poupin.

    Sa victoire fut sans appel à la dernière élection qu’a connue l’Allemagne cette année. Avec près de 24% des voix dans le Land de Thuringe, dans l’est, ce professeur d’histoire a doublé le score de son parti par rapport au précédent scrutin.

    Un gage d’influence pour une figure radicale : « À l’intérieur de la direction du parti, Björn Höcke représente en effet cette aile très droitière qui n’hésite pas à avoir recours à un vocabulaire qui date de l’agitation d’extrême droite sous Weimar dans les années 1930, voire du nazisme », explique la professeure à la Sorbonne Hélène Miard-Delacroix.

    Cela lui a même valu de passer à deux doigts de l’expulsion du parti après un discours prononcé à Dresde en janvier 2017, où il s’était indigné de la présence du Mémorial de la Shoah de Berlin en ces termes : « Nous sommes le seul peuple du monde à avoir planté au cœur de notre capitale un monument de la honte. »

    Il y a quelques semaines, une chaîne de télévision allemande a tenté une expérience : demander à des députés AfD qui est l’auteur d’une citation donnée : Adolf Hitler dans Mein Kampf, ou Björn Höcke dans un récent ouvrage.

    Entre fous rires et hésitations, personne n’a su répondre, encore moins s’indigner du parallèle. Alors candidat en campagne, l'intéressé n'avait pas aimé : « Faites attention, ceci aura des conséquences », avait-il dit-il au journaliste de la ZDF dans l'interview qui avait suivi.

    « On ne sait pas ce qu'il peut se passer. Je pourrais devenir une personnalité politique importante à l’avenir dans ce pays », avait-il ajouté, dans une menace à peine voilée, et pesante.

    La dirigeante du SPD jette l’éponge au bout d'un an

    Björn Höcke et ses militants en Thuringe sont sous surveillance du renseignement allemand. Un de ses proches, lui aussi adepte du « parler clair et parler vrai », Stephan Brandner a été démis de ses fonctions à la tête de la commission de la Justice du Bundestag le 13 novembre.

    Une première depuis 1949 et la naissance de la République fédérale d’Allemagne. En cause : une série de provocations considérées par l'ensemble des autres groupes politiques comme incompatibles avec ses responsabilités.

    L’AFD continue à faire le débat politique en Allemagne, quand le SPD des sociaux-démocrates n’est plus que l’ombre de lui-même, distancé par l’extrême droite, doublé par les écologistes. Sa précédente dirigeante, élue il y a un an, a jeté l’éponge. Le parti en est à se poser la question de sa survie.

    « Tous les observateurs de la sociale-démocratie en Europe pointent le risque de "pasokisation", un nom dérivé du Pasok, le parti socialiste grec qui, en adoptant des politiques d'austérité, une politique de droite, a été réduit à la portion congrue et à l’insignifiance électorale », explique l’historien Johann Chapoutot.

    « On a observé ça en France ; on observe très clairement cette pente en Allemagne. On a un SPD qui, depuis 2005, c’est-à-dire depuis 14 ans presque sans discontinuer au niveau fédéral, est en "grande coalition" avec la CDU-CSU, et qui dès lors perd son électorat de manière absolument spectaculaire. »

    Il y a un peu plus d’un an, après quatre mandats à la tête du gouvernement fédéral depuis 2005, Angela Merkel annonçait qu’elle ne serait pas candidate à sa succession. Un départ programmé qui n’a crevé aucun abcès.

    Le paysage politique allemand s’est même encore davantage fragmenté, déstructuré. La « grande coalition » est à bout de souffle et, gros paradoxe, les Allemands souhaitent, sondage après sondage, qu’Angela Merkel reste chancelière et aille au bout de son mandat.

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