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    Europe

    La COP 25 s'ouvre à Madrid, sans grand enthousiasme dans la population espagnole

    media Travailleur passant devant le logo de la COP 25, au Palais des congrès de Madrid, le 30 novembre 2019. REUTERS/Sergio Perez

    Ce lundi 2 décembre, c’est l’ouverture de la COP 25, la conférence climat de l’ONU qui se tient en 2019 à Madrid. Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a confirmé, dimanche, que 2019 allait se hisser dans le top 5 des années les plus chaudes.

    Cette COP 25ne suscite pas un grand enthousiasme en Espagne, rapporte notre correspondant François Musseau. Pas non plus un rejet, mais plutôt de l'indifférence même si, bien sûr, à Madrid, on se montre fier que leur ville ait pu organiser en si peu de temps un sommet qui en général nécessite de longs mois de préparation.

    C’est d’ailleurs un paradoxe, il y a d’un côté l’efficacité logistique et organisationnelle, et de l’autre une ville et un pays qui ne sont pas particulièrement en pointe quant à la prise de conscience environnementale.

    En Espagne et à Madrid, le discours critique, voire sceptique, serait même en vogue. « Je sens qu‘il y a une manipulation excessive sur le changement du climat. Je crois certes qu’il faut chercher la durabilité, mais je pense que c’est très manipulé », estime José Maria, ingénieur.

    « Une référence sociale, mais pas politique »

    Il y a aussi bien sûr des personnes très concernées et persuadées que c’est le grand débat du moment. Ils savent qu’après les accords de Paris, la rencontre de Madrid est importante pour mesurer l’engagement des Etats à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

    Or l'Espagne n'est pas précisément un modèle en la matière se désole Inmaculada, pharmacienne. « L’Espagne est une référence sociale, mais pas politique. Nous ne sommes pas un pays qui sait légiférer pour tenter d’entraver le changement climatique », dit-elle. Tandis que le chef du gouvernement Pedro Sanchez tente pourtant de faire passer le message inverse, le maire de Madrid, José Luis Almeida parle de faciliter l’accès des véhicules dans le centre-ville.

    ►À lire aussi : Le Chili renonce à organiser l'Apec et la COP25


    Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, lors d'une conférence de presse en préambule de la COP 25, le 1er décembre. REUTERS/Sergio Perez

    Antonio Guterres : « Nos efforts ont été insuffisants »

    Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a dénoncé un manque de volonté politique, dimanche 1er décembre, en préambule de la COP 25. Confirmant que 2019 allait se hisser dans le top 5 des années les plus chaudes, a dressé une liste des autres effets dévastateurs et meurtriers du changement climatique : hausse du niveau des océans, fonte des calottes polaires, sécheresses...

    « Depuis de nombreuses décennies, l'espèce humaine est en guerre contre la planète et la planète est en train de se défendre. Nous devons arrêter notre guerre contre la nature, et la science nous dit que nous pouvons y arriver. Nous devons limiter la hausse des températures mondiales à 1,5 degré Celsius, atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050 et réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % par rapport à 2010 d'ici à 2030. »

    « Soyons clairs : jusqu'à présent, nos efforts pour atteindre ces objectifs ont été tout à fait insuffisants. Les engagements pris à Paris amèneraient quand même à une hausse des températures de trois degrés, de nombreux pays ne respectent même pas ces engagements », poursuit-il.

    « Ce qui manque toujours, c'est la volonté politique, la volonté politique de mettre un prix sur le carbone, d'arrêter les subventions sur les combustibles fossiles, d'arrêter la construction de centrales au charbon à partir de 2020, de taxer la pollution au lieu de taxer les personnes. Il suffit d'arrêter de creuser et de forer, et tirer parti des vastes possibilités offertes par les énergies renouvelables et les solutions fondées sur la nature. »

    À lire aussi En Irlande, un père Noël vert pour sauver la planète

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