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    Trump et Macron affichent plus que jamais leurs différends au sommet de l'Otan

    media L'échange entre Donald Trump et Emmanuel Macron devant la presse a été particulièrement tendu à Londres ce mardi 3 décembre 2019. Ludovic Marin/Pool via REUTERS

    Ce devait être une courte réunion formelle pour commémorer les 70 ans de l’Otan mais après la levée de boucliers de ses partenaires, l’échange brutal avec Erdogan et la convocation de l’ambassadeur turc au quai d’Orsay, c’est Donald Trump qui a sévèrement marqué sa désapprobation face à Emmanuel Macron.

    La température est un peu redescendue entre Donald Trump et Emmanuel Macron, rapporte notre envoyée spéciale à Londres, Anissa El Jabri. Après trente minutes d’entretien et quarante minutes de conférence de presse, le président américain a finalement affirmé que le désaccord entre les États-Unis et la France était « mineur » et que le terrorisme est bien un ennemi commun.

    Un peu plus tôt Donald Trump avait toutefois fustigé les déclarations de son homologue français qui avait affirmé que « l'Otan était en état de mort cérébrale ». Le président américain reproche également à la France sa volonté de taxer les géants du numérique, pour la plupart américains. Trump menace en rétorsion de taxer pour plus de deux milliards de dollars de produits français comme certains vins, certains fromages ou encore la maroquinerie de luxe.

    Emmanuel Macron est moins isolé mais les désaccords avec le président américain restent nombreux. À commencer par la Turquie et la stratégie américaine vis-à-vis de l’État islamique.

    Les États-Unis, qu'ils soient démocrates ou républicains (...) ont toujours accusé leurs alliés européens, mais aussi asiatiques, de ne pas payer le prix de leur sécurité...

    Cyrille Bret, professeur de géopoligique à Sciences Po. 03/12/2019 - par Vincent Souriau Écouter

    Un désaccord qui irrite particulièrement Trump. « Nous avons capturé beaucoup de combattants européens, en voulez-vous quelques-uns ? » demande ainsi le président américain à Emmanuel Macron. « Il y en a peu et ce n’est pas le problème. Le problème, c’est que l’État islamique n’est pas vaincu », réplique Macron, sans convaincre son homologue qui lui répond, moqueur : « C’est la meilleure non réponse que je n’ai jamais eue ».

    L’autre rendez-vous qui s’annonçait très compliqué pour le président français était celui prévu avec le président turc. Recep Tayyip Erdogan s’est affiché très souriant à sa sortie de Downing Street décoré par un immense sapin de Noël.

    « Tout s’est très bien passé », a-t-il simplement dit en turc à la presse. On n’a en revanche pas entendu un mot de la chancelière allemande et quant à Emmanuel Macron, il s’est contenté de souligner que tous les malentendus et clarifications n’étaient pas levés.


    Réceptions à Buckingham Palace puis à Downing Street : des distractions de courte durée

    Appelée à la rescousse pour arrondir les angles, la plus grande diplomate du Royaume n’aura que partiellement détendu l’atmosphère, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix. Elisabeth II, fervente avocate de l’Otan, avait convié les différents participants dans le faste de Buckingham dans l’espoir de célébrer 70 ans de coopération et de solidarité. Mais sa réception a été assombrie par les désaccords actuels, tandis que des centaines de protestataires opposés à Donald Trump et à l’Otan ont réservé à chaque leader arrivant aux grilles du palais des huées et des clameurs hostiles.

    Et pour couronner le tout, la famille royale elle-même n’était pas au mieux de sa forme. Si le prince Charles était aux côtés de la reine, il y avait un grand absent : le second fils de la monarque, le prince Andrew, qui a dû se retirer de la vie publique, embourbé dans le scandale Jeffrey Epstein.

    Absents également, Harry et Meghan, actuellement en congé sabbatique pour six mois, loin de la pression médiatique et des obligations royales. Enfin, une autre personnalité aura brillé par sa discrétion, l’hôte même de ce sommet, Boris Johnson. Il recevait lui aussi les 29 dirigeants à sa résidence de Downing Street mais on l’aura à peine vu et encore moins entendu dans ses efforts pour éviter, du moins en public, Donald Trump et tout risque de faux-pas afin de ne pas compromettre à quelques jours des élections sa campagne électorale, jusqu’ici très verrouillée.

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