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    Europe

    Ukraine: pas d'avancée à l’ONU après l’ultimatum de Kiev

    media Olexandre Tourtchinov (D) et son ministre de la Défense, à l'occasion d'exercices militaires dans l'oblast de Tchernihiv (Nord) le 2 avril 2014. AFP PHOTO/ ANATOLIY STEPANOV

    Olexandre Tourtchinov a annoncé, ce dimanche 13 avril 2014, le déclenchement d'une opération « antiterroriste » de « grande envergure » dans l'est de l'Ukraine. Ultimatum fixé : lundi 6 h TU. Selon lui, « le sang a été versé dans la guerre que la Russie mène » contre l'Ukraine. Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU n'a abouti à aucune avancée.

    La réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation en Ukraine  n'aura débouché sur aucune avancée, comme attendu. Elle avait démarré dans la nuit, ce dimanche soir, après une journée marquée par un nouveau regain de tensions entre l'Ukraine et la Russie.

    Organisée à l'initiative de la Russie, cette réunion ne semblait pas propre à changer fondamentalement la donne avant même son démarrage. « Il en sortira un constat de désaccord » , avait ainsi jugé un diplomate occidental, quelques minutes avant l'ouverture de la réunion. « Les Russes feront valoir leurs arguments et nous [les Etats-Unis et les Européens, ndlr]  leur dirons que cette crise est pilotée par Moscou et que la manoeuvre est la même qu'en Crimée. »

    De fait, la réunion a tourné au dialogue de sourds. « Le scénario auquel nous assistons rappelle, à un mois d'intervalle, les évènements qui se sont déroulés en Crimée », a ainsi déclaré Gérard Araux, ambassadeur de la France. « La Russie cherche à imposer sa volonté au peuple d'Ukraine en utilisant désinformation, intimidation et agression, c'est totalement inacceptable », a dénoncé le britannique Mark Lyall Grant, réclamant le départ des troupes russes massées le long de la frontière ukrainienne.

    L'ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, a pour sa part demandé aux Occidentaux de faire pression sur Kiev pour que le gouvernement ukrainien « cesse d'utiliser la force contre le peuple ukrainien et entame un véritable dialogue ». Il a également laissé entendre que la réunion quadripartite programmée le 17 avril prochain à Genève était « menacée si les opérations militaires commencent dans l'est de l'Ukraine ».

    « Le sang a été versé », accuse l'Ukraine

    Cette réunion d'urgence est intervenue à un moment de regain de tensions extrêmement préoccupant, suite notamment aux propos très offensifs du président ukrainien par intérim, ce dimanche. Pour l'instant, l'opération ressemble plus à une offensive médiatique qu'à un véritable acte militaire. Mais la charge est puissante. Selon l'homme fort de Kiev, « l'agresseur ne s'arrête pas et continue d'organiser des troubles dans l'est du pays ». Olexandre Tourtchinov prévient ses compatriotes : « Nous ne laisserons pas la Russie répéter le scénario de la Crimée dans les régions de l'Est. »

    Il assure que « le sang a été versé dans la guerre que la Russie mène » à l'Ukraine, et en tire les conséquences en annonçant le déclenchement d'une « opération antiterroriste de grande envergure » dans l'est de son pays, pour mettre fin aux troubles en cours. Et de préciser : « Tous ceux qui soutiennent les agresseurs et les occupants, qui mènent la lutte armée contre notre patrie, n'échapperont pas au châtiment et à leur responsabilité. » Avant de réitérer son offre d'amnistie aux assaillants qui déposeraient les armes. Ultimatum fixé : lundi à 6 heures du matin TU (temps universel).

    Un militant pro-russe à Slaviansk, en Ukraine, le dimanche 13 avril. REUTERS/Gleb Garanich

    En direct depuis Donetsk, dans l'est ukrainien, notre envoyé spécial Damien Simonart analyse la situation : « Olexandre Tourtchinov a peut-être prononcé les mots que tous les manifestants pro-ukrainiens et pro-européens attendaient. Mais ces mots donnent aussi des frissons, car ils prédisent des confrontations directes entre l'armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes, eux aussi armés. »

    La Russie se dit indignée de l'ultimatum lancé

    La réaction russe ne s'est pas fait attendre. Comme l'explique notre correspondante sur place, Veronika Dorman, « Moscou est en colère, et c'était prévisible ». C'est Alexandre Loukachevitch, porte-parole de la diplomatie russe, qui a demandé ce dimanche à la télévision une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU.

    Selon M. Loukachevitch, « l'ordre criminel d'Olexandre Tourtchinov de recourir à l'armée pour réprimer les protestations provoque l'indignation. » Et d'ajouter : « Nous exigeons des hommes de main de Maïdan, qui ont renversé le président légitime d'Ukraine, de cesser immédiatement la guerre contre leur propre peuple. »Et c'est aux Occidentaux de les y contraindre, précise le porte-parole, puisque la coalition considérée comme nazie, chauvine, russophobe et antissémite qui menace les Ukrainiens de l'Est a pris selon Moscou le pouvoir à Kiev avec le soutien direct des Etats-Unis et de l'Union européenne.

    Alors que Kiev, les Américains et les européens accusent la Russie de déstabiliser les régions russophones d’Ukraine, Moscou retourne la situation, en rejetant toute la responsabilité sur l’Occident, dont dépend, selon le ministère des affaires étrangères russes, « la possibilité d'éviter une guerre civile en Ukraine ».

    Inquiétude généralisée dans le concert des nations

    Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, organisation paneuropéenne dont sont membres à la fois la Russie et l'Ukraine, a publié un communiqué ce dimanche. Thorbjorn Jagland se déclare « profondément préoccupé » par l'escalade des tensions en Ukraine. Il invite « toutes les parties » à s'abstenir de recourir à la violence. L'Allemagne juge également la situation « hautement dangereuse ».

    Autre réaction : celle de Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères. Par communiqué, il déclare que « la France condamne très fermement les violences survenues hier et aujourd'hui » en Ukraine. Et d'implorer « toutes les parties à la retenue et au dialogue afin qu'une solution pacifique à la crise se dégage rapidement ». Avant de conclure : « Chacun doit œuvrer à la désescalade. »

    Comme le relate notre correspondant à Bruxelles Grégoire Lory, les tensions en Ukraine inquiète vivement l’Union européenne toute entière. Par la voix de leur responsable de la diplomatie, Catherine Ashton, les Vingt-Huit s'adressent directement à la Russie, lui demandant de « respecter l’intégrité territoriale » de l’Ukraine, de cesser toute tentative de déstabilisation, et de retirer ses troupes massées près de la frontière. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se retrouveront ce lundi à Luxembourg. Le dossier sera bien sûr au cœur de cette réunion.

    Le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen demande également à la Russie des actes pour calmer le jeu. Pour l’Alliance, la présence dans l'est ukrainien d’armes russes et d’uniformes semblables à ceux vus en Crimée participe à l’aggravation de la crise. Les Alliés demandent eux aussi un retrait des soldats russes postés le long de la frontière. Mais l’Otan tient aussi à mettre en garde Moscou : toute intrusion militaire renforcerait l’isolement de la Russie.

    → À (RE)LIRE : Situation confuse à Slaviansk, dans l'est de l'Ukraine

    Plus tôt dans la journée, l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Samantha Power, avait affirmé que les attaques de groupes armés pro-russes dans des villes de l'est ukrainien portaient les « signes d'une implication de Moscou, comme ce que nous avons vu en Crimée ». 

    A Moscou, 5 000 personnes se sont rassemblées ce dimanche pour défendre la liberté de la presse et protester contre les mesures prises par les autorités russes pour étouffer, selon elle, tout débat sur la crise ukrainienne. Le régime a par exemple suspendu les retransmissions d'une chaîne de télévision indépendante, Dojd, dont la couverture des manifestations antirusses à Kiev avait contrasté avec celle des autres chaînes.


    ■ DÉCRYPTAGE

    L'Ukraine a-t-elle les moyen d'entrer ouvertement en conflit avec son voisin russe ? Pas vraiment. On peut donc se demander si le président Olexandre Tourtchinov, ainsi que les autres responsables du pouvoir à Kiev, ont réellement ou non l'intention d'engager l'armée dans l'est du pays, notamment au vu des menaces de Moscou d'intervenir pour « protéger » la population russophone en cas de besoin. Mais le président ukrainien ne pouvait pas rester passif et prendre le risque de voir son pouvoir s'effriter progressivement dans tout un pan du pays. Par son annonce, M. Tourtchinov fait par ailleurs pression sur les Occidentaux, pour qu'ils s'engagent de manière peut-être plus efficace en faveur de l'intégrité de l'Ukraine.

    → À (RE)LIRE : Des photos de troupes russes aux portes de l’Ukraine

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