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    Europe

    Migrants: l’UE prévoit un milliard d’euros d'aide supplémentaires

    media Des migrants attendent d'être enregistrés dans un centre d'accueil à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, le 23 septembre. AFP PHOTO / NIKOLAY DOYCHINOV

    Renforcer les frontières européennes et l’aide humanitaire pour endiguer le flux de migrants : c’est la conclusion du sommet de Bruxelles ce mercredi qui s’est achevé après minuit. Après les discussions houleuses ces dernières semaines entre les pays de l’Union européenne, et un accord in extrémis sur la répartition de 120 000 réfugiés, l’accord global entend fermer les frontières.

    Le sommet de Bruxelles est une réponse globale à l’arrivée de réfugiés : renforcement des frontières extérieures de l’Europe et aide accrue aux pays qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés (4 millions entre la Turquie, le Liban et la Jordanie).

    Les 28 Etats membres de l’Union européenne ont convenu de mobiliser au moins un milliard d'euros supplémentaires pour les agences de l'ONU venant en aide aux réfugiés dans les pays voisins de la Syrie, a indiqué le président du Conseil européen Donald Tusk. Cette aide financière ira principalement au Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) et au Programme alimentaire mondial (PAM) a précisé le président François Hollande : « L’essentiel des aides seront orientées vers les pays qui à l’extérieur de l’Union européenne ont aujourd’hui des réfugiés et en grand nombre. Et aux institutions internationales notamment les agences des Nations unies qui font leur devoir au nom de la communauté internationale pour que les réfugiés vivent décemment, pour que leurs enfants soient éduqués et pour que aussi à terme ils puissent avoir un travail et rester dans les régions dont ils sont eux-mêmes originaires », rapporte l'envoyée spéciale de RFI à Bruxelles, Véronique Gaymard.

    François Hollande et Federica Mogherini échangent lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, au Conseil européen de Bruxelles, le 23 septembre 2015. REUTERS/Yves Herman

    Selon une estimation du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), les fonds nécessaires pour la prise en charge des réfugiés syriens devraient s’élever à un peu plus de 4 milliards d’euros. Fin août, seuls 37% de ces aides avaient été perçues, soit un peu moins de 1,5 milliard. La Commission européenne propose de mobiliser 1,7 milliard d'euros pour faire face à la crise des réfugiés (500 millions étant inclus dans le milliard annoncé lors du sommet), s'ajoutant à des sommes déjà prévues pour atteindre un total de 9,2 milliards d'euros.

    Limiter le nombre d'entrées

    Le président de la fondation Robert Schuman, Jean-Dominique Giuliani, rappelle que cette politique européenne d'aide aux pays limitrophes de la Syrie n'est pas absolument nouvelle. Ce sont bien les circonstances qui ont changé : « L’Union européenne est l’ensemble politique qui, dans la région que ce soit au Liban, en Turquie, en Jordanie, donne le plus d’argent pour aider les gouvernements (...) Mais un effort supplémentaire est nécessaire de la part de l’Union européenne pour aider ses partenaires (...) Dans le budget européen, il y a beaucoup d’argent dépensé pour essayer de faire face à cette vague d’immigration, plus d’1,8 milliard chaque année (...) Et il y a bien sûr de quoi réorienter un certain nombre de crédits et de programmes de coopération vers cette priorité du moment qui doit être maintenant concentrée sur cette urgence », explique Jean-Dominique Giuliani.

    Le président du Conseil européen Donald Tusk a par ailleurs annoncé mercredi que les hotspots, des centres d'accueil et d'enregistrement des migrants en Italie et en Grèce, seront mis en place « d'ici la fin novembre ». Ces centres d'accueil, installés dans les pays situés en première ligne face à l'afflux de demandeurs d'asile, doivent permettre d'identifier, d'enregistrer et de prendre les empreintes digitales des migrants arrivants, avec une aide logistique d'agences de l'Union européenne.

    Des lieux d'accueil existent déjà en Grèce et en Italie, mais ils devront répondre à un certain nombre de règles de fonctionnement, sous supervision européenne. C'est à partir de ces lieux que seront « relocalisés » des réfugiés vers d'autres Etats membres. C'est aussi à partir de ces endroits que devront être renvoyés vers leurs pays d'origine ceux qui seront considérés comme des migrants illégaux, sans besoin d'une protection internationale.

    Relance de l'adhésion turque ?

    Les 28 pays de l’Union européenne ont donc surtout voulu lancer un message : l’accueil des réfugiés ne peut plus se faire en masse, l’Europe doit protéger ses frontières. Il faudra aussi accélérer les réponses politiques, sur la Libye, la Syrie. Un volet spécifique concernera la Turquie où vivent la plupart des réfugiés. D'ailleurs, la position turque dans cette crise migratoire pourrait lui donner l'occasion d'exiger un donnant-donnant politique entre elle et l'Union européenne, sur la question de son adhésion : « La question des réfugiés et la question migratoire remontent très haut dans l’agenda politique et des discussions qui existent aujourd’hui entre l’Union européenne et la Turquie (...) Maintenant est-ce que cet élément-là aura un impact ou un effet sur l’adhésion ? C’est quand même difficile à dire parce que, d’une part, Jean-Claude Juncker [président de la Commission européenne] a annoncé qu’il n’y aurait pas d’élargissement au cours de son mandat », analyse Yves Pascouau, directeur à European Policy Center et chercheur associé à l’Institut Jacques Delors.

    Le sommet de Bruxelles se veut un message d’unité de l’Union européenne après la cacophonie des dernières semaines, et de durcissement de l’accueil aux réfugiés.

    Il faut faire comprendre que l'Europe est prête à s'engager bien au-delà ce qu'elle a fait aujourd'hui pour que les réfugiés puissent rester tout près de leur pays d'origine, là où ils veulent vivre, là où ils veulent retourner.
    François Hollande Président de la République française 24/09/2015 - par Véronique Gaymard Écouter


     ■ Le mouvement des migrants dans l'UE

    En une seule semaine, plus de 44 000 migrants sont passés en Croatie en provenance de Serbie. Pour la seule journée de mercredi, plus de 10 000 migrants ont franchi la frontière hongroise. Ceci dit, rapporté à la population totale de l’Union européenne qui les accueille, le nombre de migrants paraît peu impressionnant.

    En effet, les 500 000 migrants recensés par l’agence Frontex entre janvier et août de cette année ne représentent qu’un millième de la population de l’Union, qui compte plus de 500 millions d’habitants. Des chiffres à comparer avec la Turquie, où les réfugiés constituent environ 2,5 % de la population du pays, ou le Liban, où cette proportion s’élève à 25 %.

    L’Union européenne compte maintenant renforcer l’aide aux pays limitrophes de la Syrie. L’objectif est d’améliorer sensiblement les conditions de vie des migrants dans ces pays, afin de réduire l’afflux actuel de réfugiés en Europe.

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