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    Europe

    La Russie et la France pilonnent Daech quasiment main dans la main

    media Vladimir Poutine avec le chef d'état-major des forces armées, Valery Gerasimov, le ministre de la Défense Sergueï Choïgou, le chef du FSB, Alexander Bortnikov et le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov au Kremlin, le 17 novembre 2015. REUTERS/Alexei Nikolskyi

    Situation nouvelle en Syrie. Le crash d'un Airbus russe le mois dernier en Egypte était bien un attentat, ont annoncé les services secrets à Moscou. Dans la foulée, la Russie a lancé des frappes massives sur le groupe Etat islamique en Syrie, dans le sillage des raids français à Raqqa. Un rapprochement des positions russe, iranienne, française et américaine n'a jamais semblé si proche concernant le conflit syrien. Vladimir Poutine a ordonné à ses troupes de coordonner leurs mouvements avec la France.

    Récit mis à jour en fonction des dernières informations disponibles

    Tout a commencé à Moscou. Le président russe, Vladimir Poutine, était apparemment affecté par la nouvelle qu'on lui rapportait ce mardi 17 novembre au matin, et a écouté religieusement les explications d’Alexandre Bortnikov au sujet des causes du crash du mois dernier. Ces dernières vont pleinement dans le sens de la thèse défendue jusqu'ici par les services occidentaux, en tête desquels les services secrets britanniques.

    Le chef du Service fédéral de sécurité de la Fédération (FSB) a en effet expliqué que pendant le vol civil du 31 octobre dernier, reliant Charm el-Cheikh à Moscou pour la compagnie Metrojet, un engin explosif artisanal d'une puissance équivalente à 1 kg de TNT s'est déclenché, provoquant l’explosion et la dislocation de l’appareil.

    Les services secrets russes promettent 50 millions de dollars de récompense pour des informations supplémentaires sur les terroristes responsables de la mort de 224 personnes ce jour-là dans le Sinaï égyptien. Les victimes étaient principalement des touristes russes rentrant de vacances. Le groupe Etat islamique avait revendiqué la paternité de l'attentat.

    Poutine pleinement en guerre contre Daech

    Après avoir observé une minute de silence avec les responsables de la sécurité présents autour de lui à Moscou ce mardi, ainsi qu'avec le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, Vladimir Poutine a alors pris la parole : « Le meurtre des nôtres dans le Sinaï est l’un des crimes plus sanglants en nombre de victimes », a dit le président russe.

    Et de promettre que la Russie retrouverait et punirait les coupables : « Nous allons les chercher partout, où qu’ils se cachent. Nous les retrouverons dans n’importe quel point de la planète et nous allons les châtier. » Une déclaration entrecoupée de longs silences, pendant laquelle Vladimir Poutine a précisé que l’action militaire de l’aviation russe en Syrie devrait être non seulement poursuivie mais également intensifiée.

    Objectif : « Que les criminels se rendent compte que le châtiment est inévitable », explique le numéro un de Russie. « Tous ceux qui s’efforceront d’aider les criminels devront en payer les conséquences », prévient M. Poutine. Et de conclure par ces mots : « Nous comptons sur nos amis ».

    Répercussion immédiate sur le terrain

    Les forces russes n'ont pas attendu longtemps pour appliquer le programme annoncé par le chef de l'Etat. Les frappes ont très vite commencé, et de manière significative. Des bombardiers stratégiques russes, de type Tu-22, ont notamment envoyé leurs bombes sur des positions de l'organisation Etat islamique (EI) dans les provinces de Raqqa, Deir Ezzor, et des avions Tu-160 et Tu-95MC se sont chargés des provinces d'Alep et d'Idleb.

    Puis le président russe a ordonné à ses navires de guerre positionnés en Méditerranée d'entrer en « contact direct » avec le porte-avions Charles-de-Gaulle. « Un détachement naval français mené par un porte-avions arrivera bientôt dans votre secteur. Il faut établir un contact direct avec les Français et travailler avec eux comme avec des alliés », a-t-il dit pendant une réunion de l'état-major dans l'après-midi.

    Hollande ira à Washington et Moscou

    Le rapprochement opérationnel s'accompagne d'un rapprochement diplomatique. Le président français va rencontrer ses homologues américain et russe, Barack Obama et Vladimir Poutine, pour bâtir comme il l'a annoncé une grande coalition visant à détruire le groupe EI en Syrie. Il sera à Washington le 24 novembre, puis à Moscou le 26 novembre. François Hollande a d'ores et déjà parlé au téléphone avec Vladimir Poutine et s'est déjà entretenu avec le secrétaire d'Etat américain aussi, puisque John Kerry était à Paris ce mardi.

    Et ce dernier, au moment de prendre la parole, a été explicite : « Avec les attaques au Liban, les événements en Egypte ou à Ankara - en Turquie -, et maintenant les attaques à Paris, explique M. Kerry, nous devons unir nos forces pour frapper Daech au cœur. Nous avons bien entendu un programme commun, nous ferons davantage sur le plan du contrôle des frontières et du mouvement des populations. Notre coopération doit se renforcer. Nous avons convenu ensemble d'accroître notre échange d'informations. »

    Le chef de la diplomatie américaine est optimiste : « Je suis convaincu que dans les semaines à venir, comme c'est déjà le cas aujourd'hui, Daech va ressentir une pression plus forte, nous gagnerons plus de terrain. Daech a déjà perdu des territoires, nous avons éliminé un certain nombre de ses dirigeants, libéré des populations, pris le contrôle de la raffinerie de Baiji en Irak, libéré des populations en Syrie. Nous avons donc une stratégie très claire. Et petit à petit, j'en suis convaincu, nous allons réussir à les défaire. »

    Américains et Russes déjà d'accord ?

    Ce week-end au sommet du G20, en Turquie, le président russe avait lui-même plaidé pour une large coalition internationale. Il avait pu en discuter directement avec Barack Obama lors d'un rare tête-à-tête tenu en marge des débats. Selon le journal Vedomosti, après les attentats de Paris, Moscou espère rallier à sa position Européens et Américains, même si un désaccord majeur demeure sur le rôle qu'aura à jouer le grand allié de la Russie en Syrie dans le processus, à savoir le président Bachar el-Assad, honni côté occidental.

    Qu'à cela ne tienne, l'alignement des planètes ne semble pas bien loin, puisque le président français s'est également entretenu au téléphone avec son homologue iranien Hassan Rohani ce mardi. Ensemble, ils ont « marqué l'importance » des négociations entre grandes puissances pour régler le conflit en Syrie, a indiqué l'Elysée, mais aussi « l'importance vitale de lutter de toutes leurs forces contre Daech et le terrorisme ».

    Nous ne sécherons pas nos larmes. Cela nous marquera à jamais. Mais cela ne nous empêchera pas de trouver et punir les criminels. Nous devons le faire sans tarder, trouver leur identité. Nous allons les chercher partout, où qu’ils se cachent. Nous les trouverons en n'importe quel point de la planète et nous les punirons. Pour cela nous devons nous appuyer sur ceux qui partagent nos valeurs morales qui constituent les principes de notre politique de lutte contre le terrorisme. L’action militaire de notre aviation russe en Syrie doit être non seulement poursuivie, mais aussi intensifiée, de façon à ce que les criminels se rendent compte que le châtiment est inévitable. Je demande au ministère des Affaires étrangères de s’adresser à tous nos partenaires; nous comptons sur tous nos amis.
    Déclaration de Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie 17/11/2015 Écouter

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