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    Disparition d'Ettore Scola, géant du cinéma italien

    media Le réalisateur et scénariste italien Ettore Scola lors du Festival du fillm de Rome, le 18 octobre 2015. TIZIANA FABI / AFP

    Le cinéaste italien Ettore Scola est décédé mardi 19 janvier 2016 à Rome à l'âge de 84 ans. Il avait notamment réalisé Le Bal, Une Journée particulière ou encore Affreux, sales et méchants, pour lequel il avait été obtenu le prix de la mise en scène à Cannes. Auteur de près d’une quarantaine de films, il est considéré comme un maître de la comédie italienne.

    Ironique, audacieux, doux, mélancolique. Au lendemain matin de sa disparition, ce mercredi 20 janvier, Ettore Scola est salué comme l'un des grands maîtres du cinéma italien. Scénariste, réalisateur, l'homme qui vient de s'éteindre a mis en scène des noms comme Marcello Mastroianni, Sophia Loren, Vittorio Gassman, Fanny Ardant, Claude Rich, et bien sûr Nino Manfredi.

    Ettore Scola naît à Trevico, un village du sud de l’Italie, le 10 mai 1931. D’abord journaliste pour des revues satiriques, il entre dans le cinéma au début des années 1950 en tant que scénariste, avant de passer derrière la caméra en 1964, avec Si vous permettez, parlons de femmes. Pendant près de soixante ans, il réalise ensuite pas loin d'une quarantaine de films.

    Parmi ses chefs-d'œuvre : Nous nous sommes tant aimés (1974), Affreux, sales et méchants (1976), La Famille (1987), Une journée particulière (1977), ou encore Le Bal (1983). Il y a quelques années, le réalisateur octogénaire avait présenté un ultime documentaire à la Mostra de Venise, consacré à son ami intime Federico Fellini et écrit avec ses filles, Paola et Silvia. Cela s'appelait Qu'il est étrange de s'appeler Federico.

    Mon cinéma est un cinéma de mots, de silence, de regards...
    Ettore Scola 20/01/2016 Écouter

    Pour un cinéma engagé

    Les films de Scola ont raconté l’Italie de l’après-guerre et l’évolution de la société, explique notre correspondante à Rome, Anne Le Nir. Or, Ettore Scola était un homme engagé à gauche. Au début des années 1970, il tournait d'ailleurs des documentaires pour le Parti communiste italien. « Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changés. » Cette réplique désenchantée de Nous nous sommes tant aimés illustre bien la philosophie du maître de la comédie italienne vacharde, cruelle, désabusée.

    Ce film culte d'Ettore Scola raconte la sombre destinée de trois hommes entrés en résistance en 1944, amis pleins de rêves au début de l'après-guerre, dans une Italie traumatisée par le fascisme, à l'avènement de la République. Tous trois seront amants de la même femme, et ne pourront que constater le changement profond qui s'est opéré dans leur vie lorsque leurs routes se recroiseront bien des années plus tard.

    C’est l’histoire moderne de son pays, l'Italie, qu’ausculte en profondeur Ettore Scola dans ses films. Dans Affreux, sales et méchants, dans ans après Nous nous sommes tant aimés, il met en scène sans tabou la vie quotidienne d'une famille du quart-monde dans un bidonville de Rome au début des années 1970. A sa sortie, cette comédie grinçante choque. Mais elle vaudra au cinéaste le prix de la mise en scène au 29e Festival de Cannes.

    L’année suivante, en 1977, Ettore Scola revient et marque encore les esprits, en offrant des contre-emplois à deux stars, Marcello MastroIanni et Sophia Loren, dans Une journée particulière, l'histoire d'une rencontre amoureuse improbable entre un homosexuel et une femme au foyer esseulée dans l’Italie fasciste. Il raflera le César du meilleur film étranger en 1978.

    Si on veut se faire une idée de l'Italie, les films de Scola sont là pour nous aider
    Jean Antoine Gili, critique et historien du cinéma 20/01/2016 - par RFI Écouter

    Les hommages affluent

    La mort d'Ettore Scola, annoncée par les médias italiens mardi 19 janvier 2016, a rapidement suscité de nombreuses réactions. Le président du Conseil italien Matteo Renzi a salué un « maître dans l'art d'observer avec acuité l'Italie, sa société et ses changement ». Nul n'aura oublié qu'au début des années 2000, on l’avait vu très impliqué dans les mouvements contre l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi.

    Le ministre italien de la Culture, Dario Franceschini, décrit Ettore Scola comme « un homme extraordinaire, resté jeune jusqu’au dernier jour de sa vie ». Sur Twitter, l’ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob rend un hommage appuyé à cette figure majeure du cinéma. « Je suis infiniment triste et orphelin, comme l’Italie », écrit-il.

    De leur côté, ce mercredi, les titres de la presse italienne sont à l'unisson. Pour La Repubblica, Il Corriere della Sera et La Stampa, c'est « Adieu à Scola ». Le quotidien L’Unità se démarque, avec un vibrant « Nous t’avons tant aimé. Ciao Ettore Scola ». Une chapelle ardente sera dressée jeudi à la Maison du cinéma de Rome, afin que toute le monde puisse lui rendre hommage. Plusieurs autres initiatives sont déjà prévues, dont une grande rétrospective.

     

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