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    Europe

    Royaume-Uni : Cameron durcit le ton et assure que «la riposte est en cours»

    media « Il fallait une riposte et la riposte est en cours », a annoncé sur un ton très offensif David Cameon depuis le perron de Downing Street, ce 10 août 2011. REUTERS/Suzanne Plunkett

    Le Premier ministre britannique a convoqué ce mercredi 10 août 2011 une nouvelle réunion d'urgence à Downing Street. Très offensif, David Cameron affirme que la riposte est en cours notamment concernant les moyens attribués à la police. Dans les villes touchées par les émeutes, Londres, Manchester, Liverpool ou encore Birmingham, le calme semblait revenu ce mercredi soir. Les premières peines contre les fauteurs de trouble ont été prononcées à Manchester où deux hommes ont été condamnés à 10 et 16 semaines de prison.

    Confronté à l'immense défi des émeutes qui embrasent depuis quatre jours le Royaume-Uni, le Premier ministre David Cameron a encore haussé le ton ce mercredi.

    Vingt-quatre heures après une première mise en garde aux fauteurs de trouble il est revenu à la charge. « Il fallait une riposte et la riposte est en cours », a annoncé sur un ton très offensif le Premier ministre conservateur depuis le perron de Downing Street, faisant fi des inquiétudes « bidons concernant les droits de l'homme » après la publication par la police de photos de pilleurs présumés.

    David Cameron promet à la police tous les moyens dont elle aura besoin 10/08/2011 Écouter

    Les policiers sont désormais autorisés à utiliser « toute tactique qu'ils jugent nécessaire », a averti David Cameron, promettant qu'il ne laisserait pas une « culture de la peur s'instaurer dans les rues ». « Les policiers pourront désormais utiliser les canons à eau et des balles en plastique, déjà utilisés en Irlande du Nord mais jamais sur le sol anglais », explique Adrien Moss, notre correspondant à Londres.

    Après Londres, les violences s'étendent à d'autres villes

    Ces débordements, constituent sans doute la pire crise à laquelle doit faire face David Cameron en quinze mois de pouvoir.

    A Birmingham, trois personnes, qui tentaient selon des médias de protéger leur quartier des pilleurs, ont été écrasées dans la nuit de mardi à mercredi par une voiture dans des circonstances encore confuses. La police a ouvert une enquête pour meurtre, sans préciser toutefois si ces décès étaient directement liés aux émeutes.

    A Manchester, des centaines de jeunes, sont descendus dans les rues mettant le feu à des magasins, pillant des commerces.

    A Londres, des centaines d'habitants ont constitué des groupes d'autodéfense qui ont arpenté les rues toute la nuit pour assurer la surveillance. Mêmes scènes à Hackney et Kentish Town (nord) où des commerçants, en majorité turcs, ont monté la garde devant leurs échoppes, nombre d'entre eux arborant des armes de fortune.

    C'est du hooliganisme, rien à voir avec la récession ou quoi que ce soit de politique

    Retour au calme à Londres... 10/08/2011 Écouter
    ... Et poursuite des violences à Manchester 10/08/2011 Écouter

    Les émeutes qui secouent Londres depuis samedi et qui se sont étendues à plusieurs villes ont repris hier mardi en fin d'après-midi près de Birmingham, deuxième ville du Royaume-Uni. Un homme de 26 ans, blessé par balle lundi soir au cours de violences dans la capitale, a succombé à ses blessures.

    Par ailleurs, aux yeux de la commission indépendante des plaintes contre la police (IPCC) chargée de faire la lumière sur la mort de Mark Duggan, qui a été le déclencheur de ces nuits de violence, il n'y aurait pas de preuve que la police a agi en légitime défense.

    Selon Béatrice Leveillé, notre envoyée spéciale à Londres, les hooligans ont fait profil bas la nuit dernière, les policiers étant partout, circulant à pied deux par deux armés de simples talkie walkie tandis que sur la chaussée des camionnettes et des voitures de police toute sirène hurlante sillonnaient à vive allure les quartiers à risque. Une façon de dire que la police était prête à intervenir rapidement.

    Face à des policiers débordés par les émeutes, le Premier ministre David Cameron, rentré précipitamment de vacances en Italie, a annoncé le déploiement immédiat de 10 000 policiers supplémentaires dans Londres, où devraient désormais patrouiller 16 000 membres des forces de l'ordre. Les congés dans la police ont aussi été suspendus.

    Même l'Irlande du Nord, province britannique régulièrement en proie à des troubles politico-religieux a proposé de fournir 20 Land Rover blindés.

    Puissance des réseaux sociaux

    Carte détaillée des émeutes au Royaume-Uni
    Google Maps

    Les forces de l'ordre, qui ont été attaquées ces derniers jours à coups de briques, bâtons et autres bouteilles, sont dépassées par l'extrême mobilité des fauteurs de troubles, souvent encagoulés, qui communiquent essentiellement via une messagerie gratuite sur Blackberry.

    La configuration de Londres, où les logements sociaux sont répartis sur l'ensemble de la ville, y compris dans des quartiers très aisés, est également propice à la propagation des troubles, ce qui oblige la police à ventiler ses forces, au risque de rendre son action totalement inefficace.

    La réputation ternie et le moral en baisse pour Scotland Yard

    Ces troubles inédits depuis plus de vingt ans interviennent en outre à un très mauvais moment pour la police. Elle reconnaît, aujourd'hui son impuissance face à une situation « sans précédent », en raison de « la nature et de l'ampleur des violences » qui ont embrasé plusieurs quartiers défavorisés, mais aussi aisés de la capitale britannique.

    Les émeutes qui secouent Londres jette la lumière sur les difficultés accumulées depuis des mois. La démission de son patron, Sir Paul Stephenson, dans l'affaire Murdoch a affaibli Scotland Yard. De plus le moral des forces de l'ordre n'est pas au plus haut, leur budget devant être amputé de 20% d'ici à 2014-2015. Un sacré défi alors que Londres s'apprête à accueillir les jeux Olympiques en 2012.

    Une mauvaise publicité pour Londres à un an des JO

    Entrepôt Sony en flammes à Enfield au nord de Londres au troisième jour des émeutes, le 9 août 2011. REUTERS/Luke MacGregor

    Les chaînes de télévisions ont toute la journée diffusé les effrayantes images des incendies de la nuit dernière. Les images du quartier d'Hackney, à l'est de Londres, tout proche du stade olympique qui s'est embrasé dans la nuit de lundi à mardi entre jeunes et policiers, ont frappé les esprits.

    A un an des JO, ce n’est pas l’image que la capitale britannique voudrait montrer au reste du monde. Londres se serait bien passée de cette publicité.

    Dès mardi matin, la Fédération anglaise de football a annoncé l'annulation du match entre l'Angleterre et les Pays-Bas. La Metropolitan Police manque d'effectifs pour assurer la sécurité des 70 000 spectateurs attendus mercredi soir au stade. La quasi totalité des forces de l'ordre est  appellée pour faire face aux émeutiers : 6 000 déjà postés à travers la capitale et 10 000 supplémentaires appelés en renfort.

    Les joueurs de l'équipe d'Angleterre, ont lancé un appel au calme par voie de communiqué : « La sécurité, priorité des autorités ». La ministre de l'Intérieur Theresa May a assuré aujourd’hui que les autorités « regarderaient ce qui est nécessaire de faire » pour assurer des Jeux sans heurts. Le Comité olympique britannique (BOA) s'est voulu également rassurant et a estimé que les JO ne seront pas affectés par ces émeutes.

    Des millions de pertes

    L’annulation du match Angleterre - Pays-Bas est estimée à plusieurs millions d'euros de manque à gagner pour les deux fédérations. Les pertes commerciales se comptent en millions. La rencontre Ghana-Nigeria, prévue mardi à Watford, a été annulée également. Quatre matches du 1er tour de la Coupe de la Ligue prévus le même soir à Londres (West Ham, Charlton, Crystal Palace) et Bristol ont été reportés. Devant cette situation, certains émettent déjà des doutes sur l'ouverture ce week-end du Championnat d'Angleterre.

    Le point de départ et les raisons des émeutes

    Tout commence jeudi 4 août avec la mort de Mark Duggan, père de quatre enfants, dans un quartier défavorisé de Londres, lors d'une opération de police contre la criminalité au sein de la communauté noire. Une partie de la capitale britannique est donc plongée dans le chaos. Les choses dégénèrent après une manifestation pacifique, samedi soir à Tottenham, organisée par ses proches pour réclamer « justice » suite à la mort de ce jeune de 29 ans, victime d'un échange de tirs avec la police. Depuis les émeutes se sont étendues à d'autres villes d'Angleterre.

    Rien n'indique que la police britannique a agi en état de légitime défense

    Selon la commission indépendante chargée de l'enquête (IPCC), et au vu des expertises balistiques, « il n'existe à ce stade aucune preuve que l'arme retrouvée sur la scène (de crime) a été utilisée » pendant l'intervention de la police. En effet, l’arme retrouvée sur les lieux du drame n'appartenait pas à la police. Rien n'indique que la police britannique a agi en état de légitime défense lorsqu'elle a tiré sur Mark Duggan. Une balle qui s'était logée dans une radio de la police a en outre été tirée par un policier, selon les premiers résultats de l'enquête. Mais selon la police scientifique, il ne serait peut-être pas possible de « dire avec certitude » si l'arme de Mark Duggan a fait feu. Mark Duggan a été abattu par balles par un policier.

    Dans un communiqué publié quelques minutes après celui de l'IPCC, Scotland Yard a lancé un appel au calme, soulignant que la famille de Mark Duggan avait elle-même pris ses distances avec les émeutiers.

    Le plan d’austérité montré du doigt

    En toile de fond, c'est bien la situation économique qui est montrée du doigt. Les tensions sont principalement attribuées au ras-le-bol général et particulièrement aux difficultés économiques. Les émeutiers viennent le plus souvent de quartiers où le chômage est très élevé. Une situation qui, pour certains, n’est qu’un début après le plan d’austérité lancé par le Premier ministre David Cameron en octobre dernier. Parmi les mesures décriées : des coupes dans les dépenses sociales et une augmentation des impôts dans l'espoir de réduire le déficit budgétaire du pays.

    L’été londonnien dans le sillage du « printemps arabe »

    Si les deux mouvements se ressemblent par leur spontanéité, leurs revendications et l'utilisation des réseaux sociaux, la vague de violence en Grande-Bretagne pourrait cacher un mal-être profond de la jeunesse auquel il sera difficile de répondre à court terme.

    Depuis samedi, plus d'un millier de personnes ont été arrêtées et 111 policiers blessés à Londres, dans les pires violences survenues dans la capitale depuis plus de 20 ans.

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