Article publié le 23/10/2009 Dernière mise à jour le 16/11/2009 à 15:39 TU
Asteraï d’Omri Teg’ Amlak Avera raconte le « retour » à Jérusalem des juifs éthiopiens lors de l’opération Moïse lancée en 1984. L’auteur, né dans les années 70, prit lui-même part à ce périple. C’est d’ailleurs l’histoire d’un enfant, Petgu, qui nous est ici contée. Venu des montagnes du Gondar, il va alors découvrir la dureté du monde contemporain. Ce texte, entre roman d’apprentissage et conte initiatique africain, est la première œuvre écrite en hébreu par un Ethiopien.
Courts-Circuits d’Alain Fleisher rend, quant à lui, compte du brouhaha du monde contemporain. Roman en poupées russes, il nous fait, au grès des rencontres, passer d’un pays, d’une classe sociale, d’une sexualité, d’un métier à l’autre. Les narrateurs se passent la plume pour chacun raconter leur monde, l’auteur n’est cependant jamais bien loin et à la manière d’un réalisateur, qu’il est d’ailleurs, il dirige ses personnages avec précision.
Avec En Afghanistan, Rory Stewart s’inscrit dans la tradition des écrivains voyageurs. En se mettant, au lendemain de la chute des talibans et presque par hasard, dans les pas du premier empereur moghol de l’Inde (XVème XVIème.s), il croise, d’Hérat à Kaboul, Talibans et Occidentaux, admire les montagnes d’Hazarajat et traverse les zones bombardées. Il nous livre ainsi un témoignage sur l’Afghanistan d’aujourd’hui.
A travers Le Châtiment des Rois Thierry Falise fait la chronique du cyclone Nargis survenu le 2 mai 2008 en Birmanie et qui fit 140 000 morts. Au-delà de la gestion par les autorités birmanes de cette catastrophe, l’auteur dresse tout à la fois le portrait de la dictature militaire mais aussi de la société civile birmane et analyse la réaction de la communauté internationale. Il peut alors aborder la question de l’avenir de ce pays.
L’Inde en héritage d’ Abha Dawesar prend le pouls de ce pays à travers la vie d’un petit garçon. Il est le témoin, au sein du cercle familial mais aussi de celui plus large de la société indienne, du tiraillement entre traditions et modernité. Le regard naïf de l’enfant nous introduit dans une société complexe, tant dans la sphère privée que publique, et permet à l’auteur de porter un regard finalement acerbe sur son pays.
Marie de Varney avec Parfois le silence est une trahison emmène ses lecteurs en Irak à la rencontre de sa population. C’est alors par la voix des Irakiens eux-mêmes que l’on saisit leur quotidien depuis la guerre débutée en mars 2003. C’est cependant bien Marie de Varney qui orchestre l’ensemble en nous guidant à travers le pays et en nous livrant son analyse.
Yanvalou, mot haïtien, désigne à la fois une musique et un hommage rendu à la terre. Yanvalou pour Charlie de Lyonel Trouillot est d’ailleurs un chant ; un chant désespéré pour Haïti. Mathurin D. Saint Fort, avocat pétri d’ambition et résolu à vivre loin de la misère de ses contemporains, voit son parcours dévier quand Charlie fait irruption dans sa vie. Il va alors embarquer pour un voyage au sein de la misère et de la révolte engendrée par ce qu’il incarne.
Le jury va donc, au fil de la plume de ces sept auteurs, traverser la Bohême, le Brésil, l’Inde, Haïti, la Birmanie ou encore l’Ethiopie et L’Irak. Il pourra alors, le 18 novembre, au sortir de ce périple, désigner le Témoin du Monde 2009.
Le Prix RFI Témoin du Monde est organisé en partenariat avec Books.
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