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Coronavirus: l'épidémie affecte l'économie mondiale

Une zone de quarantaine dans un terminal de ferry de Port Klang en Malaisie le 13 février 2020.
Une zone de quarantaine dans un terminal de ferry de Port Klang en Malaisie le 13 février 2020. REUTERS/Lim Huey Teng

L'épidémie de coronavirus sévit toujours. En Chine, le nouveau bilan fait état de 1367 morts. Des mesures de quarantaine et de confinement ont été prises. Même si certaines entreprises ont pu reprendre leur activité, l'économie chinoise tourne au ralenti.

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Chiffrer les conséquences économiques de cette épidémie est un exercice encore difficile tant les délais de retour à la normale sont incertains. Néanmoins, divers économistes revoient déjà des prévisions de croissance à la baisse car le confinement implique nécessairement une réduction de la production et une baisse de la consommation explique Julien Marcilly, chef-économiste de l'assureur-crédit Coface.

« Les effets immédiats se font sentir sur des activités de service notamment en Chine avec un arrêt de la consommation des ménages pour des activités comme la restauration ou des services de proximité. Pour ces activités-là, il y aura sans doute des pertes sèches parce que si vous allez au restaurant une fois par semaine vous n'allez pas vous rattraper quand vous pourrez y retourner », explique ce spécialiste.

Moins de restaurants, moins de voyages également. Euler Hermes évalue l'impact sur les services dans le monde à six milliards de dollars par semaine de confinement. À Barcelone, par exemple, le salon du mobile devait générer un demi-milliard d'euros de retombées, or il vient d'être annulé. Le manque à gagner pour le commerce de biens va jusqu'à 18 milliards par semaine car l'onde de choc économique ne manquera pas de se propager.

Un sixième de l'économie mondiale

La Chine pèse en effet de plus en plus dans l'économie mondiale, souligne Julien Marcilly. « C'est un sixième de l'économie mondiale, donc trois fois plus que lors de l'épidémie de Sras. Et encore ce chiffre sous-estime sans doute le poids réel de l'économie chinoise. D'autant que la Chine joue un rôle central dans beaucoup de chaînes de valeur. Les entreprises du pays sont à la fois clientes et fournisseurs de beaucoup d'autres entreprises dans le monde. »

Les effets du coronavirus se sont déjà fait ressentir sur le marché des matières premières. La Chine absorbe 50% de l'acier mondial, 13% du pétrole. L'Opep a revu mercredi à la baisse de 19% sa prévision de croissance de la demande de brut cette année. Les marchés avaient déjà sanctionné certaines produits. Les prix du pétrole ou du cuivre par exemple ont chuté.

À lire aussi : L'OPEP revoit à la baisse la croissance de la consommation de pétrole en 2020

L'électronique et l'informatique en première ligne

Du côté des clients des usines chinoises, General Motors va suspendre une ligne de montage en Corée du Sud faute de pièces chinoises, l'une des dernières conséquences en date. Mais les effets divergeront en fonction des secteurs, estiment Julien Marcilly.

« Il y a plusieurs secteurs d'activités qui ressortent : l'électronique et l'informatique où la Chine joue un rôle central. Les pays les plus affectés vont sans doute être le Japon ou la Corée du Sud, poursuit l'analyste. Ensuite, il y a l'automobile et l'habillement ». Dans ces cas-là aussi beaucoup de pays asiatiques seraient les premiers touchés. Mais d'ajouter : « Si la crise se prolongeait, d'autres seraient aussi pénalisés ». L'Allemagne et l'Italie en Europe, par exemple, selon Euler Hermes, ou encore les États-Unis et le Brésil.

►À lire aussi : Le coronavirus en sept points

En France, des entreprises s'inquiètent aussi. Christian Janson, président de la société SEDEPA et vice-président de la Fédération des Industries pour équipement des véhicules, n'est pas certain que toutes les usines fonctionnent de nouveau normalement dès lundi.

« Souvent les ouvriers partent trois semaines pendant les vacances du Nouvel an car ils rentrent dans leur famille très loin. Mais là, s’ils ne reviennent pas, je ne vois pas comment l'activité reprendra, nous explique-t-il. Même si les cadres et quelques ouvriers sont présents cela ne suffit pas à faire tourner une usine. J'ai un stock tampon, mais si la production ne redémarre pas la semaine prochaine, cela va commencer à être très compliqué ».

Injection de liquidités et mesures budgétaires

Alors, certains pensent au plan B. C'est le cas de Bruno Grandjean, patron de Redex, un fournisseur d'équipements industriels, qui exporte en Chine. « Les équipes en Chine télétravaillent mais on va arriver à la limite de cette formule d'ici une semaine. Pour ce qui est des équipes commerciales, on est en train de regarder s'il ne faut pas se redéployer un petit peu sur les États-Unis et les pays européens qu'on a parfois un peu délaissés pour aller prospecter sur le marché chinois. Il est possible que des usines européennes voient un afflux de commandes supplémentaires du fait du blocage d'usines chinoises », détaille-t-il.

Pékin a décidé d'injecter 240 milliards de dollars pour tenter d'atténuer les conséquences de l'épidémie sur l'économie. Certains taux d'intérêts ont été abaissés. La province du Hubei accorde des facilités fiscales, entre autres exemples. C'est la raison pour laquelle, Ana Boata, directrice de la recherche macroéconomique chez Euler Hermes, anticipe un effet moindre que lors de l'épidémie de SRAS.

« En 2003, on a eu un choc de moins deux points sur la croissance chinoise au trimestre qui était concerné. Maintenant, on attend moins un point sur la croissance chinoise au premier trimestre. La réactivité des politiques publiques va aider l'économie à rebondir à partir du deuxième trimestre », annonce-t-elle.

Sur l'année, Ana Boata anticipe un impact de 0,3 points de pourcentage sur la croissance chinoise ; -0,1 point au niveau mondial. Mais, bien sûr, cela ne vaut que si l'épidémie se résorbe rapidement.

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