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Coronavirus: pas d'accord entre les ministres des Finances de l’UE

Le président de l'Eurogroupe, le Portugais Mario Centeno, ici à Lisbonne le 28 février 2020.
Le président de l'Eurogroupe, le Portugais Mario Centeno, ici à Lisbonne le 28 février 2020. Pedro Nunes/Reuters

Après une nuit entière de discussions, les ministres européens des Finances ne sont pas parvenus à s’entendre, mercredi 8 avril. Les pays du Nord et les pays du Sud s’opposent à propos de la réponse économique à apporter face aux ravages causés par la pandémie de coronavirus.

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Seize heures. Pendant 16 heures, les ministres des Finances des pays de l’Union européenne ont discuté. Une durée « record pour une réunion virtuelle », note Pierre Bénazet, correspondant de RFI à Bruxelles. Leur rendez-vous crucial s’est étiré jusque dans la matinée de ce mercredi 8 avril. Et finalement, Mario Centeno, président de l’Eurogroupe, a annoncé sur Twitter qu'aucun accord n’a été trouvé quant à la réponse commune à apporter à la crise économique causée par la pandémie de Covid-19. « Nous nous sommes rapprochés d’un accord, mais nous n’y sommes pas encore. J’ai suspendu l’Eurogroupe », a écrit l’économiste portugais sur le réseau social, confirmant un peu plus les divisions entre les pays-membres.

Les pays du Nord refusent la mutualisation des dettes

Le président de l’Eurogroupe a rappelé son objectif de maintenir « un filet de sécurité européen solide contre les retombées du Covid-19 » et d’ « engager un plan de relance important ». Les ministres de Finances des 27, réunis en visioconférence, s’opposent toujours. Le plan initial comprenait le prêt d’un fonds de secours d’un montant pouvant aller jusqu’à 240 milliards d’euros, un fonds de garantie pour les entreprises et un soutien au chômage partiel.

Mais les pays du Sud, qui comptent parmi les plus touchés par la pandémie (Italie, Espagne, France, Grèce…), réclament un effort financier sans précédent et plus important. Objet majeur de leur demande : la création d’un instrument de dette commun, les « coronabonds ». Les pays du Nord, vertueux, parmi lesquels la Finlande, les Pays-Bas, l’Autriche ou encore la Suède, se montrent plus mesurés. Ils s’opposent notamment à l’idée d’une mutualisation des dettes, jugeant certains États du Sud endettés trop laxistes.

S'il semble y avoir un consensus, a priori, sur les investissements privés qui pourraient être financés par la Banque européenne d'investissement et sur le chômage partiel qui pourrait être financé par des emprunts de la Commission européenne, la question d'un instrument de solidarité pour mutualiser temporairement la dette révèle de véritables « lignes de fractures », constate Pierre Bénazet.

► À lire aussi: Les «coronabonds», l’outil solidaire qui fracture l’Europe

Reprise des discussions demain jeudi

Bruno Le Maire, ministre des Finances français, a joué la carte du compromis en avançant l’idée d’un fond prenant en charge la dette commune des États de l’UE mais limité aux services publics essentiels comme la santé et les filières menacées. Les pourparlers n’ont pas abouti pour le moment. Il y a eu, durant les seize heures de visioconférence, de nombreuses interruptions de séance pour que des petits groupes se réunissent afin de chercher à arrondir les angles.

« Avec Olaf Scholz (son homologue allemand, ndlr), nous appelons tous les États européens à être à la hauteur des enjeux exceptionnels pour parvenir à un accord ambitieux », a tweeté Bruno Le Maire. Les discussions doivent reprendre jeudi 9 avril. Si un accord était trouvé, il devrait encore être approuvé par les chefs d’États et de gouvernement, qui avaient eux-mêmes tenus une réunion de crise le 26 mars et n’avaient pas trouvé de terrain d'entente.

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