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Prix Marc-Vivien Foé

Vincent Enyeama: «C’est un grand honneur de gagner ce Prix»

Le Nigérian Vincent Enyeama mord de plaisir son Prix Marc-Vivien Foé 2014.
Le Nigérian Vincent Enyeama mord de plaisir son Prix Marc-Vivien Foé 2014. RFI / Pierre René-Worms

Vincent Enyeama, le gardien de but de Lille, a reçu le Prix Marc-Vivien Foé RFI / France 24, qui récompense le meilleur footballeur africain de Ligue 1, ce 12 mai 2014. Le Nigérian s’est dit honoré de cette distinction et a accepté de parler religion, racisme, politique et cinéma pour rfi.fr et france24.com. Entretien exclusif.

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RFI / France 24 : Vincent Enyeama, qu’avez-vous ressenti en apprenant que vous étiez le lauréat du Prix Marc-Vivien Foé ?
Vincent Enyeama : C’est un grand honneur de gagner ce Prix. Je n’ai pas pensé à quelque chose en particulier. Je veux juste remercier tous ceux qui sont impliqués dans ce vote. Je veux remercier ceux qui ont voté pour moi. Je suis très honoré.

►A (RE)LIRE : Vincent Enyeama remporte le Prix Marc-Vivien Foé 2014

Vous êtes quelqu’un de très croyant. Vous vous référez souvent à Dieu. D’où vous vient cette foi ? Est-ce une affaire de famille ?
En fait, ma famille nous a éduqués comme ça. Nous sommes catholiques. Nous avons été élevés de ce point de vue. Nous allions à l’église tous les jours. Nous priions tous les jours. Vous savez, quand vous êtes un bébé et que vous êtes élevé dans ce style de vie, vous avez tendance à adopter ce style de vie. Quand j’ai grandi, j’ai réalisé que je croyais en D.ieu. Après, je n’ai pas eu de raison de changer. J’ai suivi ce chemin-là.

Votre première expérience à l’étranger a eu lieu en Israël, dans un pays très important pour les catholiques. Mais est-ce que ça a été facile de s’adapter à un mode de vie très différent ?
J’ai toujours été très ouvert aux changements. Si vous êtes ouvert aux changements, c’est facile d’accepter les autres et un nouveau mode de vie. J’ai toujours eu cette mentalité. Je suis comme ça. Ça n’est pas très facile. Je suis toujours optimiste. J’ai l’esprit positif. Je suis donc allé en Israël, je l’ai vu et je l’ai conquis.

Il y a eu une polémique récemment sur la manière dont les Africains sont traités en Israël. Avez-vous déjà été victime de racisme dans ce pays ?
En Israël, j’ai ressenti du racisme, oui. Mais je n’aime pas parler de ce qui est arrivé à d’autres personnes. Je n'aime pas parler de ce que je n’ai pas vu. Personnellement, ça m’est arrivé quelques fois : au restaurant, sur un terrain de football. Certaines personnes sont nées racistes et on ne peut pas les changer. La vie continue, je préfère tracer mon chemin.

►A (RE)LIRE : Les immigrés africains en Israël seraient poussés à partir en Ouganda

Plusieurs religions cohabitent au sein de l’équipe nationale du Nigeria. Comment cohabitent les chrétiens et les musulmans chez les «Super Eagles» ?
Parfaitement ! Bien que notre pays ait différentes religions, nous avons ce respect les uns pour les autres, sauf pour les extrémistes chrétiens ou musulmans. En équipe nationale, ce qui nous lie, c’est l’unité des Nigérians. Nous sommes tous en mission, dans le même camp. Cette idée unit l’équipe. Chacun choisit sa religion. Quand l’équipe se réunit, chacun prie : les Musulmans, les Chrétiens… En équipe nationale, il y a un mélange parfait.

Que pensez-vous de l’enlèvement de quelques 200 jeunes filles par la secte islamiste Boko Haram ?
C’est un véritable crève-cœur. C’est quelque chose qu’on ne pourrait même pas souhaiter à son pire ennemi. J’ai envie de croire que mon gouvernement fait de son mieux pour libérer ces filles. Nous ne savons pas comment ce problème peut être réglé, mais nous sommes pressés qu’il le soit. Nous voulons vraiment qu’elles reviennent. Nous, les « Super Eagles », nous espérons vraiment que ce problème va être réglé.

Suivez le dossier Boko Haram sur rfi.fr

Pour parler d’un sujet plus léger, espérez-vous devenir le plus le plus capé de l’histoire de l’équipe nationale du Nigeria, un jour ?
Non, je me fiche des statistiques. Je veux juste voir jusqu’où je peux aller et aider mon équipe. Je veux juste pouvoir aider l’équipe. Dès que je ne serai plus efficace, je quitterai la scène. Je m’en fiche d’être le joueur le plus capé de l’histoire des « Super Eagles ».

Etes-vous le meilleur gardien de but africain à l’heure actuelle ?
Je dirai que non…

Qui sont vos rivaux alors ?
Il y a tellement de bons gardiens de but que vous ne connaissez même pas, que vous n’avez même pas vus… Ils n’ont pas tous la chance d’être sur le devant de la scène. Il y a le gardien de but togolais de Reims (Kossi Agassa) qui fait un travail incroyable avec son club. Il y a aussi mon remplaçant (en équipe du Nigeria), qui joue en Israël. Austin Ejide est vraiment une superstar là-bas. Il n’a juste pas eu la chance d’être sur le devant de la scène, comme je le suis. Il y a aussi Carlos Kameni, le gardien de but du Cameroun, et aussi Charles Itandje, un autre Camerounais. Ce sont des gardiens de top niveau. J’ai beaucoup de respect pour eux.

Pensez-vous vraiment que le Nigeria peut gagner la Coupe du monde 2014 ?

Oui, tout est possible. Le Ghana était tout près des demi-finales (en 2010). Si nous faisons le maximum tous ensemble, tout est possible.

Vous avez trois enfants. Est-ce qu’ils veulent suivre le même chemin que vous ?
Mon fils adore le football. Il se jette sur un sol, même s’il est dur, pour jouer les vrais gardiens de but. (Il rit) Imaginez que vous ayez un gardien de but à la maison qui saute sur une chaise. C’est mon garçon et je l’aime !

Le Nigeria est devenu réputé pour son industrie du cinéma. Avez-vous déjà pensé à devenir un acteur ?
Oui ! J’espère bien ! Peut-être après le football. Qui sait ? J’ai déjà tourné pas mal de publicités. Je sais donc qu’être un acteur, c’est agréable. Je veux bien en être. Mais pas un musicien ou un artiste ! Parce que je serai incapable de chanter juste (il rit).

Tous propos recueillis par David Kalfa et Sylvain Mornet, avec Radio Foot Internationale.

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