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Football

A la FIFPro, Geremi Njitap luttera pour les droits des footballeurs africains

Membre éminent du Cameroun champion olympique en 2000, Geremi Fotso Njitap est désormais dirigeant à la FIFPro dans la division Afrique.
Membre éminent du Cameroun champion olympique en 2000, Geremi Fotso Njitap est désormais dirigeant à la FIFPro dans la division Afrique. PATRICK HERTZOG / AFP

L’ancien footballeur Geremi Fotso Njitap a été élu représentant des joueurs africains à la FIFPro, le syndicat international des footballeurs. Conscient des problèmes de précarité qui touchent les joueurs en Afrique, le Camerounais entend s’y attaquer avec l’aide de tous, à commencer par le président de la CAF Ahmad Ahmad et la Fifa.

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Il a raccroché les crampons il y a quelques saisons déjà, mais Geremi Fotso Njitap est loin d’en avoir terminé avec le football. Bien au contraire, l’ancien joueur du Real Madrid, de Chelsea et de Newcastle notamment, s’est vu confier un rôle très important à la FIFPro, le syndicat international des footballeurs. A Accra, au Ghana, Geremi a été élu représentant des joueurs africains le 6 juillet.

Le football africain toujours gangrené par la précarité

Joint par RFI, le Camerounais de 38 ans vit cette nomination comme « un honneur ». « C’est une lourde responsabilité. C’est ensemble que nous allons contribuer à représenter les valeurs africaines », déclare-t-il. Pendant quatre ans, le néo-dirigeant va « continuer à représenter et à défendre les droits et les intérêts des footballeurs africains », en collaboration avec tous les membres de la zone Afrique.

Et l’un de ses principaux combats sera celui contre la précarité qui gangrène toujours le football en Afrique. Fin 2016, un rapport de la FIFPro mettait à nouveau en lumière les conditions de travail de beaucoup de joueurs sur le continent. Des centaines d’entre eux ne disposent d’aucun contrat. D’autres paraphent des accords, mais ceux-ci ne sont pas respectés. Certains joueurs ne sont carrément pas payés ou doivent se battre pour l’être, avec les difficultés liées à l’absence de contrats… 55% des joueurs en Afrique ne sont pas payés dans les délais.

La précarité, un « gros chantier » en Afrique, mais certains signes sont encourageants

Ces problèmes, Geremi Njitap les connaît bien. « C’est un gros chantier, nous le savons », affirme-t-il en passant en revue quelques-uns des fléaux du ballon rond en Afrique : non-paiement des salaires, non-respect des contrats, isolation des joueurs, non-protection des mineurs… « Ce sont des chantiers que nous allons voir, au sein de la division Afrique, pour les remonter au board », affirme le Lion indomptable.

Il y a de la place pour beaucoup de progrès, mais Geremi constate déjà des améliorations, en prenant pour exemple les avancées positives au Ghana via l’Association des footballeurs professionnels ghanéens : « Les choses avancent petit à petit. Le secrétaire général de la Fifpro et le représentant de la Fifa étaient satisfaits (de ce qu’ils ont vu au Ghana, ndlr). Ils ont apporté leurs encouragements et étaient surpris de voir comment les choses avancent en Afrique. »

« Ahmad est ouvert. Il veut travailler avec tout le monde »

En 2011, un accord avait été signé entre la FIFPro et la Confédération africaine de football pour lutter contre la précarité. Six ans après, presque rien n’a été entrepris. L’élection d’Ahmad Ahmad à la tête de la CAF fait souffler un vent d’optimisme chez Geremi. « Ahmad est ouvert. Il veut travailler avec tout le monde, tous les joueurs. Et on ne peut pas parler du football sans parler des footballeurs. Il a compris cela », estime-t-il.

Geremi et ses partenaires de la division Afrique de la FIFPro seront présents au Maroc pour le symposium (congrès de spécialistes) prévu les 17 et 18 juillet. Il y sera question de l’avenir du football en Afrique. « Je crois qu’à la sortie de ce symposium, et après l’assemblée, beaucoup de choses seront décidées. Et le plus important pour nous, c’est que ce soit mis sur papier. Nous espérons qu’Ahmad et le représentant de la CAF travailleront avec nous », confie Geremi, qui entend aussi consacrer ses quatre années de mandat à parler avec les jeunes joueurs pour éviter qu’ils ne soient victimes des dérives constatées.

Propos recueillis par Philippe Zickgraf pour RFI

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