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Football / Afrique

Dix ans après le drame de Cabinda, les Togolais restent bouleversés

Lors du rapatriement des dépouilles d'Abalo Amélété et de Stanislas Ocloo, le 15 janvier 2010, une semaine après l'attaque mortelle du bus de l'équipe de football du Togo à Cabinda.
Lors du rapatriement des dépouilles d'Abalo Amélété et de Stanislas Ocloo, le 15 janvier 2010, une semaine après l'attaque mortelle du bus de l'équipe de football du Togo à Cabinda. EMILE KOUTON / AFP

Le 8 janvier 2010, des «Éperviers» du Togo en route pour la Coupe d’Afrique des nations en Angola sont victimes d'un attentat dans l'enclave de Cabinda. Leur bus est mitraillé. Le bilan togolais est de deux morts : Stan Ocloo, le chargé de communication de l'équipe, Amélété Abalo, le sélectionneur adjoint et des blessés parmi lesquels le portier Kodjovi Obilalé grièvement atteint et aujourd'hui handicapé. Dix ans après ce sont toujours l'amertume et la tristesse qui dominent. Reportage.

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Dix ans après cette attaque, la douleur reste vive au sein des familles des victimes. Émile Ocloo continue de pleurer Stan, son fils unique, fauché par une balle, lors de la fusillade du bus des « Éperviers ». « Je reste très affecté et très triste, lâche-t-il. Stan Ocloo est notre seul garçon parmi nos filles et c’est lui qui a disparu comme ça. Ça m’étouffe lorsque je veux parler de ce que je ressens… »

L’épouse du sélectionneur adjoint Amélété Abalo est également rongée par la douleur et par la maladie. « J’ai appris la nouvelle par la radio RFI à midi du 9 janvier 2010, raconte la veuve Emma Amélété. Je suis tombée, évanouie. Depuis ce jour, je suis sous tension. Ça a été très difficile. Mais je peux dire que, grâce à Dieu, je vis aujourd’hui ».

Des joueurs marqués à vie

Grièvement blessé, le gardien de but Kodjovi Obilale, lui, ne peut plus jouer au football, depuis lors.

Triste bilan pour ce voyage en direction de Cabinda où était basé le groupe B dont faisaient partie le Togo, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Burkina Faso. Un voyage qui avait pourtant bien débuté. « Le 8 janvier, on était sur la route de Cabinda après avoir quitté Pointe-Noire, raconte le portier Kossi Agassa. Il y a alors une attaque, une fusillade, mais on ne savait pas d’où ça venait. Aujourd’hui, c’est une triste histoire. On a tous vu la mort en face. Ça aurait pu être moi, comme ça aurait pu être les autres. Chaque année, le 8 janvier, on a tout ça dans un coin de la tête. J’ai eu la chance, à l’époque, d’être à Istres (au sud de la France, Ndlr). Un psychologue était venu nous voir pour des consultations. Ça a pu passer plus vite que prévu. Deux semaines après, j’ai pu recommencer à jouer. J’ai laissé ça dans un coin de ma tête pour pouvoir poursuivre ma carrière ».

Les Togolais restent dans le flou

Quelques jours après le drame, les « Éperviers », traumatisés, diminués, regagnent le Togo où l’attaque a suscité consternation et tristesse. « À Lomé, c’était la désolation. On ne savait plus à quel saint se vouer, se rappelle le journaliste sportif Sylvestre Gounoubou. Parce qu’on avait déjà des interrogations par rapport au crash de Lungi [un accident d’hélicoptère le 3 juin 2007 avait provoqué le décès d’une vingtaine de membres de la délégation togolaise, Ndlr]. On continuait à pleurer nos morts. Et, malheureusement, cette attaque est venue pour nous enfoncer davantage dans nos problèmes. Ce qui a encore enfoncé le clou, c’est le comportement de la Confédération africaine de football (CAF) qui a manqué d’un peu d’humanité. La CAF avait sanctionné le Togo parce que le gouvernement de l’époque avait demandé à ce que l’on rapatrie les ‘Éperviers’. Heureusement, cinq mois après, la sanction avait été levée ».

Si l’ensemble des joueurs sortis de l’attaque ont pu se reconstruire et poursuivre leurs carrières professionnelles, pour les familles éplorées, l’attente d’une réparation s’avère longue. D’où cet appel d’Émile Ocloo : « Je voudrais profiter de l’antenne de RFI pour lancer un SOS à toutes les bonnes volontés qui voudront nous apporter une contribution dans le traitement de ce dramatique dossier. » Ce mercredi 8 janvier, au soir, à Lomé, une messe solennelle sera dite en mémoire des disparus.

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