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Pape Diouf, un homme d’influences sur le foot africain

Le Franco-Sénégalais Pape Diouf (à gauche) remettant un trophée à l'Ivoirien Bonaventure Kalou, en 2016.
Le Franco-Sénégalais Pape Diouf (à gauche) remettant un trophée à l'Ivoirien Bonaventure Kalou, en 2016. Sia KAMBOU / AFP

Pape Diouf est décédé du coronavirus, ce 31 mars 2020 à Dakar. Le Franco-Sénégalais a longtemps exercé une discrète mais notable influence sur le football africain, que ce soit en tant qu’agent de stars comme Didier Drogba ou André Ayew, comme président de l’Olympique de Marseille ou en simple observateur avisé du continent.

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Pape Diouf était une figure incontournable du football marseillais et même français. Mais quelle était son influence de l’autre côté de la Méditerranée ? Elle était énorme en termes d’image, tout d’abord, à en juger par le déluge de réactions sur les réseaux sociaux, de la superstar du foot à celle du simple amateur de ballon rond, en passant par celles de dirigeants et autres chefs d’État. « Il a été le pionnier dans tant de choses concernant les affaires du football et la gestion des joueurs venant d’Afrique », s’est par exemple ému le Ghanéen Anthony Baffoe, qui occupe des fonctions importantes au sein de la Confédération africaine de football (CAF).

Vedettes ou anonymes, ils sont nombreux à louer le précurseur que Pape Diouf a été, notamment en tant que premier président noir d’un club majeur en Europe, l’Olympique de Marseille (2005-2009). Son passé de journaliste emblématique (1976-1987) et d’agent de joueurs (1987-2004) a également marqué les esprits.

Agent et mentor de nombreuses icônes du continent

C’est d’ailleurs à travers cette dernière fonction que le Franco-Sénégalais a peut-être le plus pesé dans le devenir du foot continental. Il a en effet géré la carrière de nombreuses icônes du continent. La liste de ses ex-protégés est vertigineuse : Joseph-Antoine Bell, François Omam-Biyik, Abedi Pelé, Rigobert Song, Marc-Vivien Foé, Habib Beye, Frédéric Kanouté, Didier Drogba, André et Jordan Ayew… Sans parler de tous les joueurs français nés en Afrique : Basile Boli, Marcel Desailly, Péguy Luyindula, etc.

Et, apparemment, Pape Diouf ne se contentait pas de négocier des contrats lucratifs à ses poulains, à en croire André Ayew : « Tu as été un grand-père, un père mais avant tout mon mentor et même bien plus que ça, tu as été mon tuteur légal quand je suis arrivé en France à l’âge de 14 ans. Tu m’as accueilli, tu as pris soin de moi, tu m’as soutenu et accompagné dans la poursuite de mon rêve celui de devenir footballeur professionnel. À chaque étape tu répondais présent. »

Des conseils qui ont pesé…

En Afrique, Pape Diouf n’a jamais occupé de fonctions importantes alors que le tapis rouge lui était régulièrement déroulé. Le ministère des Sports du Sénégal lui a ainsi été proposé sous Abdoulaye Wade. L’ex-patron de l’OM n’a même pas présidé aux destinées de la Fédération sénégalaise de football (FSF). Ce qui ne l’a pas empêché de peser dans le destin du foot sénégalais notamment. Il a ainsi contribué aux nominations de Claude Le Roy, puis de Bruno Metsu au poste de sélectionneur des « Lions de la Téranga », avec les succès que l’on connaît : une 4e place inédite à la CAN pour le premier, en 1990 ; et une finale à la CAN 2002 ainsi qu’une première participation historique en Coupe du monde, pour le second.

…et des critiques parfois acerbes

S’il était souvent bienveillant envers le football africain, Pape Diouf pouvait aussi se montrer acerbe, notamment vis-à-vis de la CAF. Le binational n’hésitait pas à égratigner l’institution et surtout son président actuel, Ahmad. En 2017, il avait critiqué la décision d’augmenter le nombre d’équipes participantes dès l’édition 2019. Plus tard, dans une chronique pour Le Monde, il lâchait : « La Confédération africaine de football (CAF) est décidément impayable. Avec sa manière d’être, sa part d’ombre, ses affirmations et ses actes. Elle ne communique jamais – ou rarement – sur l’état de ses finances, le traitement de son président, les privilèges accordés aux membres du comité exécutif, les frais de fonctionnement ou les avantages arbitrairement concédés aux amis de l’institution ou à certains anciens joueurs pour se concilier leur alliance, du moins leur neutralité quand un problème surgit. »

Enfin, il y a deux mois, même s’il assurait ne pas vouloir briguer la présidence de la Confédération en 2021, il ajoutait : « L’inconcevable faiblesse de l’administration de la CAF appelle des mesures d’assainissement et l’arrivée à sa tête d’un homme fort, d’un vrai caractère disons-le, d’un patron capable de rallier tous ceux qui veulent vraiment œuvrer pour le développement du football africain. » Pape Diouf aurait-il fait un bon patron du foot continental, après en avoir influencé indirectement le destin, par bien des aspects ?

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