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Entretien

Christophe Galtier, entraîneur de Lille: «Osimhen a le même profil qu'Aubameyang»

Le Nigérian Victor Osimhen court vers son entraîneur à Lille Christophe Galtier après son but face à Strasbourg. Le 25 septembre 2019.
Le Nigérian Victor Osimhen court vers son entraîneur à Lille Christophe Galtier après son but face à Strasbourg. Le 25 septembre 2019. DENIS CHARLET / AFP

Christophe Galtier, l’entraîneur français du Nigérian Victor Osimhen dresse avec fierté le portrait de son joueur qui succède à son ex-poulain, Nicolas Pépé. Il le compare notamment au Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang passé également sous ses ordres et ancien lauréat du Prix Marc-Vivien Foé en 2013. Pour le technicien lillois, le Super Eagle, qui va quitter Lille, a tout pour connaître la même trajectoire que la Panthère et s’imposer au plus haut niveau.

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RFI : Christophe Galtier, vous êtes l’entraineur de Lille, mais aussi de Victor Osimhen, l’attaquant nigérian arrivé à Lille l’été dernier. Osimhen remporte cette année le Prix Marc-Vivien-Foé. Est-ce surprenant pour vous de le voir gagner ce trophée ?

Christophe Galtier : Non, pas surprenant par rapport à sa saison. Son parcours avec nous la saison dernière a été magnifique. Ce qui peut être surprenant, c’est que Victor est arrivé de Charleroi, dans le championnat de Belgique, sur la pointe des pieds, et cela peut surprendre par rapport à la saison qu’il a faite. Le fait qu’il s’acclimate aussi rapidement au championnat de France peut étonner, mais qu’il remporte ce trophée, c’est largement mérité. Il a été intéressant aussi en Ligue des champions et il a encore une marge de progression.

Victor Osimhen a marqué 13 buts en 27 matches de Ligue 1 durant cette saison tronquée. Il était lancé sur de très bonnes bases ?

Oui il était dans une moyenne d’un but par match. C’est très important pour un buteur et très important pour une équipe. C’est une statistique élevée pour un joueur arrivé de Charleroi.

« Il est obnubilé par le but comme Cavani »

Il a marqué 12 buts la saison dernière, il a 21 ans, vous le suiviez depuis plusieurs années ? Comment l’avez-vous repéré ?

Dans la structure que nous avons, dirigée par Luis Campos, nous avons des joueurs que nous suivons depuis plusieurs années. Il nous faut anticiper les départs des uns et des autres. Nous savions qu’on n’allait pas garder à la fois Nicolas Pépé (Arsenal) et Rafael Leao (AC Milan). Très rapidement, Luis m’a présenté Victor à travers des analyses, des images de Charleroi, mais aussi depuis qu’il avait 17-18 ans. Avec le départ de Pépé et Leao, le profil m’a plu, on a pu le faire venir et il s’est adapté très rapidement.

Quelles sont les qualités d’attaquant d’Osimhen ? Décrivez-nous un peu le profil de votre buteur nigérian…

Il a une grande détermination à vouloir marquer. Il est obnubilé par le but comme peut l’être Cavani C’est un joueur qui a un potentiel athlétique très important, qui est capable de répéter les efforts. Il donne beaucoup de profondeur et de vitesse à son jeu. C’est un atout très important pour une équipe. Il s’est amélioré dans les associations quand on est passés en 4-4-2 pour pouvoir combiner avec ses partenaires. C’est un joueur d’axe, puissant, qui va vite et qui est assez adroit devant le but. Evidemment, il devra continuer à travailler pour améliorer toutes ces qualités-là, et aussi son jeu de tête offensif.

Comment s’est passé son acclimatation à Lille depuis son arrivée en août dernier ? À 20 ans, ce n’est pas facile d’arriver dans le vestiaire d’une équipe qui allait jouer la Ligue des champions…

Il est arrivé dix jours avant le premier match de championnat et il a marqué tout de suite. Un doublé contre Nantes. Cela l’a vraiment bien lancé. Après l’intégration dans le vestiaire, c’est assez simple. Les joueurs sont tous jeunes et sont d’horizons divers, il n’y a pas de conflit de génération. Victor a une personnalité très agréable. C’est n’est pas un meneur d’hommes, c’est un garçon bien éduqué, respectueux. Il a eu une enfance très difficile dans un contexte économique très difficile. Il prend plaisir à venir travailler tous les jours et il mesure la chance qu’il a de pouvoir être à ce niveau-là. En dehors de toutes ses qualités de buteur, c’est un partenaire très utile dans le travail défensif, dans le premier rideau, c’est aussi pour cela qu’il est apprécié par ses partenaires.

« Osimhen ne venait pas pour remplacer Pépé »

Il avait quand même un peu de pression en arrivant à Lille, parce qu’il fallait remplacer Nicolas Pépé qui venait de partir à Arsenal et qui avait réalisé une saison exceptionnelle…

Cette pression-là a été très vite évacuée. Tout d’abord, ils ne jouaient pas dans le même registre, car Victor est un attaquant de pointe. Donc, il ne venait pas pour remplacer Nicolas Pépé mais plutôt Rafael Leao. Evidemment, on cherchait quelqu’un qui était capable de marquer des buts, parce qu’on perdait Nicolas qui était notre meilleur buteur. Mais ce qui a été favorable pour lui, c’est qu’il est arrivé dix jours avant le début du championnat et il a enchainé but sur but.

Christophe Galtier avec le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang, prix Marc-Vivien Foé en 2013.
Christophe Galtier avec le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang, prix Marc-Vivien Foé en 2013. PHILIPPE MERLE / AFP

C’est le deuxième joueur nigérian à recevoir le Prix Marc-Vivien Foé après le gardien de but Vincent Enyama en 2014. C’est la sixième fois qu’un joueur lillois remporte le trophée. Y a-t-il une spécialité lilloise à détecter les jeunes africains, de les faire venir, et de les bonifier ?

Lille est un club qui recrute des joueurs de tous horizons et où il n’y a pas de problème d’intégration que cela soit au niveau de la couleur de peau, de la religion, etc. Les joueurs peuvent s’exprimer librement et sont heureux quand ils sont là. Mais je ne pense qu’il y avait une spécificité lilloise plus que dans les autres clubs en France. La Ligue 1 est un championnat qui accueille beaucoup de joueurs africain et nord-africains.

« Victor va surement nous quitter »

Victor Osimhen est international nigérian. Il commence à trouver sa place dans le onze des « Super Eagles » dirigé par Gernot Rohr. Comment voyez-vous son avenir ? Une trajectoire à la Samuel Eto’o, Didier Drogba ? Ou encore Pierre-Emerick Aubameyang ?

Vous avez cité Pierre-Emerick Aumeyang qui a reçu également le Prix Marc-Vivien Foé quand il jouait avec moi à Saint-Etienne. Mais si je dois comparer Victor Osimhen avec Nicolas Pépé et Pierre Emerick Aubameyang que j’ai dirigés, je dirais que Nicolas a une qualité technique innée, intrinsèque. C’est un don. Aubame est un peu pareil que Victor. Aubame a beaucoup travaillé pour arriver à un niveau très très haut. Il a eu l’intelligence de passer par un club intermédiaire avec Dortmund et c’est là-bas qu’il a intégré ce qu'était le très haut niveau. À Saint-Etienne, on est arrivé à le faire grandir, à le faire éclore. Je pense que Victor a ce même profil dans le personnage, dans la relation humaine, mais dans aussi dans les qualités intrinsèques. Dans le choix qu’il devra faire pour son futur club – parce qu’on ne va pas se voiler la face, Victor va surement nous quitter – il devra vite intégrer, comprendre ce qu’il faut faire pour être et rester au plus haut niveau.

Vous l’avez évoqué, Osimhen ne devrait pas rester à Lille au-delà de cet été. Vous l’aviez fait venir pour 12 millions d’euros, c’est un peu la tête de gondole de Lille qui va le vendre cet été  

Je n’aime pas le terme « tête de gondole ». C’est un joueur qui est très sollicité par beaucoup de clubs européens. Dans le projet du club, il y a le volet économique mais aussi dans la tête du joueur, c’est important. Si le club est content, le président est content, et le joueur aussi, c’est qu’on aura bien travaillé. On est tous dans le même état d’esprit. Victor a envie de voir ce qui se passe au  plus haut niveau, cela rentre aussi dans le modèle économique du club.

Si la saison n’avait pas été tronquée avec l’arrêt du championnat à cause du coronavirus, est-ce que la donne aurait pu être différente et voir Osimhen faire une deuxième saison à Lille ?

Je pense que si on avait été au bout de la saison, Victor aurait marqué au moins sept buts de plus et aurait pu atteindre la barre des 20 réalisations. On aurait été dans une bonne dynamique, on se serait battus pour décrocher une place en Ligue des champions. Si on avait atteint cet objectif-là, peut-être que Victor aurait eu une autre réflexion, peut être que tout monde aurait eu une autre réflexion. Mais ça on ne peut pas le savoir.

Victor Osimhen veut voir plus haut. Le tremplin, le championnat qui lui correspondrait le mieux ce serait lequel ? L’Angleterre ?

Victor s’adaptera à tous les championnats. C’est un très bon joueur. Je suis convaincu qu’il peut jouer dans tous les championnats.

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