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Cinéma

Afrique du Sud : lever de rideau pour la 4e édition du Cape Winelands Film Festival

Le directeur du Cape Winelands Film Festival, Leon van der Merwe.
Le directeur du Cape Winelands Film Festival, Leon van der Merwe. Kèoprasith Souvannavong / RFI

En Afrique du Sud, l’édition 2011 du Cape Winelands Film Festival (Festival du film des vignobles du Cap) s’ouvre ce mercredi 16 mars à Stellenbosch, dans la province du Cap-Occidental, avec la projection du très attendu « Reconciliation : Mandela’s Miracle », un documentaire réalisé par Michael Henry Wilson. Fondé en 2008, le festival prône la tolérance dans un pays toujours marqué par l’apartheid. Notre envoyé spécial a rencontré son directeur, Leon van der Merwe. Entretien.

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RFI : Leon van der Merwe, comment vous est venue l’idée de créer le Cape Winelands Film Festival en plein cœur des célèbres vignobles du Cap-Occidental,  dans un véritable lieu de villégiature ? 

Leon van der Merwe : J’ai travaillé pour différents festivals de cinéma pendant assez longtemps en Afrique du Sud et j’ai aussi organisé de nombreuses rétrospectives sur le cinéma sud-africain lors d’événements internationaux […]. En 2006, après la disparition de plusieurs festivals, j’ai réalisé que le public du Cap-Occidental était fort désireux de voir des films issus des quatre coins du monde. Il fallait donc répondre à leurs attentes. L’idée de départ était de créer un festival dans lequel on associerait cinéma, nourriture et vin. La première édition s’est tenue en 2008 et a été couronnée de succès. Mais par la suite, faute de financement et de parrainages, nous avons décidé de nous concentrer uniquement sur les films. Et pour ce faire, nous ne pouvions pas rêver de meilleur endroit pour le festival que Stellenbosch, une ville située au cœur du district des vignobles du Cap-Occidental.
 

Un des célèbres vignobles de Stellenbosch, au Cap-Occidental, en Afrique du Sud.
Un des célèbres vignobles de Stellenbosch, au Cap-Occidental, en Afrique du Sud. Kèoprasith Souvannavong / RFI

  
RFI : Cette année, le festival se déroule du 16 au 26 mars. Quel en est le programme ? Y a-t-il une dominante ou une thématique particulière ?

L.V.D.M. : Le programme est divers et varié. Il comprend 180 fictions, documentaires et courts métrages en provenance de 52 pays. Vingt-quatre de ces fictions sont en compétition internationale. Nous mettons également à l’honneur les œuvres de maîtres comme Federico Fellini, Orson Welles, John Ford, Akira Kurosawa et Jean Renoir.
Le festival est aussi une vitrine de la production cinématographique africaine et sud-africaine.
Par ailleurs, comme l’Afrique du Sud a encore un long chemin à parcourir en termes de réconciliation avec son passé [marqué par l’apartheid], nous avons décidé d’axer les trois prochaines éditions sur le thème de la réconciliation et l’acceptation de « l’Autre ». C’est pourquoi nous ouvrons cette année le festival avec le film « Reconciliation : Mandela’s Miracle », un documentaire réalisé par Michael Henry Wilson.
J’ai toujours pensé que les films nous permettent de nous ouvrir sur les autres cultures et de les mieux comprendre. En ce sens, le cinéma peut littéralement transformer la manière que nous avons de percevoir les choses. Chacun de nous a pu se rendre compte que parfois un film peut devenir plus qu’un simple divertissement. Les films ont ce pouvoir de nous sensibiliser sur les problématiques essentielles de notre époque. Il est tellement facile d’enfermer les gens dans des stéréotypes et, ici en Afrique du Sud, nous ne faisons pas mieux que les autres ; nous commettons les mêmes erreurs. Avec ce focus du festival sur la réconciliation et l’acceptation de « l’Autre », nous espérons que les gens prendront le temps de réfléchir avant de parler ou d’agir.

RFI : Quel est le rôle de l’Institut français d’Afrique du Sud (IFAS) et de l’ambassade de France dans votre festival ?

L.V.D.M. : Notre mission consiste à montrer au public du festival des films qui viennent du monde entier. Des genres de films que nous n’avons plus l’occasion de voir ici dans nos cinémas ni dans les quelques salles indépendantes que compte encore notre pays. En Afrique de Sud, 97% des films projetés sur grands écrans sont plutôt des grosses productions hollywoodiennes, ce qui laisse peu de place pour le cinéma local et international. Comme nous ne disposons pas d’énormes budgets à l’instar des festivals de catégorie A, nous dépendons de l’aide d’institutions comme l’Institut français d’Afrique du Sud (IFAS), l’ambassade de France, Culture France et uniFrance pour faire venir des films français. En 2008, par exemple, nous avons ouvert le festival avec La Vie en rose et nous avons projeté 27 œuvres françaises récentes et classiques. Toutes ces projections affichaient complet en raison d’un véritable engouement pour ces films. Heureusement, nous bénéficions du soutien d’organisations comme l’IFAS, l’ambassade de France, Culture France et uniFrance. Nous leur en sommes vraiment reconnaissants, car grâce à eux le public pourra découvrir cette année encore des longs métrages comme Un prophète et Copie conforme.

Entretien réalisé en Afrique du Sud par Kèoprasith Souvannavong

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