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Niger/Mali/France

Ouverture d’une information judiciaire sur la mort des deux otages français au Mali

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) est basé dans les régions frontalières de l'Algérie, du Niger, du Mali et de la Mauritanie.
Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) est basé dans les régions frontalières de l'Algérie, du Niger, du Mali et de la Mauritanie. RFI/Latifa Mouaoued

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire sur la mort de Vincent Delory et Antoine Léocour, deux Français enlevés au Niger le 7 janvier 2011 et tués le lendemain au Mali, lors d’un assaut contre leurs ravisseurs. La famille Delory espère pouvoir connaître les circonstances exactes de leur mort qui pour l’instant restent ambigües.

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Peu de temps après la mort des deux jeunes Français, le parquet de Paris avait confirmé, en février 2011, que Vincent Delory avait bien été tué dans l’incendie du véhicule où il se trouvait et non par balles, supposées françaises : « son décès n’était pas en relation avec des plaies par armes à feu mais était à mettre sur le compte des effets thermiques dégagés par un foyer d’incendie ». Antoine Léocour a, quant à lui, été « victime d’un tir à très courte distance, voire à bout touchant, qui est la cause directe du décès », selon les expertises.

L’organisation terroriste al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait pour sa part confirmé avoir exécuté un des deux otages et que l’autre avait été tué par des frappes aériennes des forces françaises lors de la tentative pour les libérer.

Des questions en suspend

La famille Delory avait alors annoncé qu’elle comptait se constituer partie civile pour pouvoir connaitre les circonstances exactes et savoir comment les choses se sont réellement passées. Aujourd’hui, elle salue l’ouverture de cette information judiciaire par le parquet de Paris et souligne des zones d’ombre qui n’ont toujours pas été éclairées. Comment se fait-il que les forces spéciales françaises soient intervenues aussi rapidement et de façon si violente, sachant qu’il y avait forcément des risques pour la vie des otages ? Que s’est-il passé pendant les dernières heures de Vincent Delory, avant et après l’explosion de la voiture dans laquelle il se trouvait ? A quel moment a-t-il été secouru ? Quelles sont les causes de l’explosion de la voiture ? Autant de questions qui restent sans réponses et que soulève, au micro de RFI, Annabelle Delory, sœur de Vincent Delory.

On se pose la question de savoir pourquoi cela s’est passé de cette façon là, aussi violemment, puisqu’il devait y avoir forcément des risques pour leur vie.

Annabelle Delory, soeur de Vincent Delory

Enlèvement et intervention de l’armée française

Vincent Delory et Antoine de Léocour, âgés de 26 ans, ont été enlevés le 7 janvier 2011 à Niamey, au Niger, par des membres d’Aqmi. Ils se trouvaient dans un restaurant fréquenté par des expatriés lorsque les ravisseurs sont entrés et explicitement déclaré qu’ils recherchaient des Français. Les deux jeunes hommes ont été enlevés et aussitôt embarqués dans un convoi de véhicules qui a pris la direction du Mali.

Le lendemain, c’est au cours d’une opération d’interception des ravisseurs près de la frontière malienne avec le Niger, que les deux otages ont trouvé la mort. La garde nationale nigérienne qui, depuis la veille, pourchassait le convoi, est entrée en action avec l’appui de soldats français des forces spéciales présents dans la région. Un avion de surveillance ATL-2 aurait fourni un soutien technique pour localiser les ravisseurs. Plusieurs preneurs d’otages ont été tués et deux militaires français blessés.

Dossier soumis aux juges d’instruction

Trois juges d’instruction du pôle antiterroriste, Yves Jannier, Nahalie Poux et Christophe Teissier, ont été désignés pour instruire le dossier. En mars dernier, des enquêteurs français s’étaient rendus au Mali, notamment pour réaliser des expertises sur les véhicules d’Aqmi restés sur les lieux de l’assaut.

Le parquet de Paris a, pour sa part, ouvert une information judiciaire contre X pour enlèvement et séquestration suivis de la mort, commis en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste.

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