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France / Politique / Afrique

Déclarations Bourgi: la contre-attaque de Dominique de Villepin cible l’Elysée

Dominique de Villepin et Jacques Chirac, le 17 janvier 2007.
Dominique de Villepin et Jacques Chirac, le 17 janvier 2007. AFP PHOTO PATRICK KOVARIK

Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont annoncé leur intention de porter plainte après les révélations de Robert Bourgi. L’avocat, homme de l’ombre des réseaux entretenus entre la France et l’Afrique, a accusé Jacques Chirac et Dominique de Villepin d'avoir reçu de nombreuses mallettes d'argent liquide venant d'anciennes colonies françaises de 1995 à 2005. Ce que démentent les supposés récipiendaires. En toile de fonds de cette affaire, la sourde lutte entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin.

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On voit bien la volonté qu'il y a de salir.

Pour Dominique de Villepin, le calendrier dans lequel s'inscrivent les révélations de Robert Bourgi ne doit rien au hasard...

Le procès de Jacques Chirac dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris est en cours devant le tribunal correctionnel, et la cour d'appel de Paris fixera mercredi le sort de Dominique de Villepin dans le cadre de l'affaire Clearstream. Ce scandale politico-financier a violemment opposé le président de la République Nicolas Sarkozy à l’ancien Premier ministre et conditionnera le retour de ce dernier à la vie politique.

Interrogé dimanche soir sur la chaîne de télévision France 2, Dominique de Villepin a dénoncé « une volonté de salir et de construire un écran de fumée ». Dans sa contre-attaque, l’ancien Premier ministre vise l’Elysée de manière sybilline. « Une série d’enquêtes judiciaires sont lancées sur le financement de la campagne d’Edouard Balladur en 1995, on voit bien qu’il peut y avoir la volonté de jeter un soupçon sur d’autres campagnes », a-t-il déclaré. Une allusion aux contrats de vente de sous-marins au Pakistan en 1994 qui auraient donné lieu à des rétrocommissions, soupçonnées d’avoir financé la campagne d’Edouard Balladur dans laquelle Nicolas Sarkozy avait joué un rôle actif.

Un député fidèle de l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Grand, déclare plus abruptement dans les colonnes du quotidien Le Parisien de ce lundi : « Personne ne peut croire que Bourgi se soit exprimé sans l'aval du président. »

Pour les proches de Dominique de Villepin, l’Elysée chercherait ainsi à ligoter les ambitions présidentielles de l’ancien Premier ministre.

Des pratiques révolues ?

Ce n'est pas le genre du Parti socialiste. Il est temps d'en savoir un peu plus.

Robert Bourgi assure que les transferts de valises de billets ont pris fin avec la présidence de Nicolas Sarkozy. Ce qu’a confirmé le ministre de l’Intérieur de l’actuel gouvernement.

« Nicolas Sarkozy désapprouve absolument cette pratique puisqu’il l’a lui-même bannie de sa vie politique », a assuré Claude Guéant, sur l’antenne de la radio RTL.

Mais dans un livre à paraître dans les jours prochains La République des malettes de Pierre Péan, Michel de Bonnecorse, ancien conseiller Afrique de Jacques Chirac, maintient le contraire et déclare que Robert Bourgi a bel et bien déposé une valise de billets en provenance de Brazzaville et Libreville aux pieds de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. « Bourgi a ramené à Sarkozy la ration d'aide financière prévue pour Villepin de la part de Bongo et de Sassou », assurait un chiraquien au journal Le Monde, en août 2009.

Bourgi, homme de l’ombre de l’Elysée

S'il ne figure pas officiellement dans l'organigramme du château, Robert Bourgi est un proche de Nicolas Sarkozy.

En mai 2007, le jour de l'intronisation du chef de l'Etat, il était en tout cas au palais de l’Elysée, dans le carré réservé à la famille. Il a, au mois de septembre de la même année, été décoré par le chef de l’Etat.

En épinglant la rosette de la Légion d’honneur à la veste de Robert Bourgi, Nicolas Sarkozy avait déclaré : « Je sais, cher Robert, pouvoir continuer à compter sur ta participation à la politique étrangère de la France, avec efficacité et discrétion ». Et le chef de l'Etat avait ajouté: « Tu n'es pas homme à oublier les conseils de l’homme qui te conseillait jadis, de rester à l'ombre pour ne pas attraper de coup de soleil. Sous le chaud soleil africain, ce n’est pas une vaine précaution. Jacques Foccart avait bien raison ». (Lire le discours intégral de la remise de la Légion d'honneur du 27 septembre 2007)

Robert Bourgi a finalement décidé de passer outre les conseils de son mentor et de quitter l'ombre pour la lumière, au risque de susciter un grand déballage. Mais faute de preuve, ces pratiques occultes resteront très difficiles à prouver sur le plan judiciaire. 

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