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MALI

Trois touristes enlevés et un tué à Tombouctou

Vue aérienne de la ville de Tombouctou au Mali.
Vue aérienne de la ville de Tombouctou au Mali. (Photo : Alida Jay Boye. <a href="http://www.sum.uio.no/research/mali/timbuktu/project/" target="_blank">Timbuktu Manuscripts Project</a>. Université d'Oslo)

Alors que deux Français ont été enlevés jeudi 24 novembre 2011 à Hombori au nord du Mali, trois touristes, deux Hollandais et un Sud-Africain, ont eux aussi été victimes d'un rapt vendredi à Tombouctou. Un quatrième a été tué, un autre est parvenu à s'enfuir. Le gouvernement malien a réagi peu après, faisant part de sa « détermination » à lutter contre le « terrorisme » sur son territoire.

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Pour la première fois, le Mali a parlé d' « action terroriste » sur son territoire, évoquant « une attaque perpétrée contre la sécurité et la stabilité » du pays. Les autorités veulent donc visiblement prendre au sérieux l'enlèvement de trois touristes et la mort d'un quatrième, vendredi à Tombouctou.

La scène s'est déroulée en milieu d'après-midi sur la place principale de Tombouctou. Cinq touristes, qui étaient attablés devant leur hôtel, ont été pris à partie par des hommes arrivés en voiture, qui les ont sommés sans ménagement de monter dans le véhicule. Trois ont obtempéré, mais un quatrième a tenté de résister. Il a été froidement abattu. Une cinquième touriste a réussi à échapper aux ravisseurs. Le directeur régional du tourisme donne des précisions sur cette attaque et explique pourquoi, malgré le fait que Tombouctou était classé en zone rouge, des touristes continuent de s'y rendre :

Jusque là rien ne s’était passé en pleine ville à Tombouctou, c’est ce qui a poussé certains à braver l’interdit.

Selon un autre témoin joint par RFI, les assaillants auraient agi à visage découvert. C'est en tout cas la première fois que des touristes sont enlevés à Tombouctou, cœur du tourisme malien.

Joint par RFI, le serveur de l'auberge où se trouvaient les touristes, raconte avoir servi ses quatre clients, et les avoir laissés à table, au bord de la route, sur la terrasse. Puis il est sorti dehors. Il n'était pas loin de l'établissement quand il a entendu un coup de feu. En revenant, il voit un « Blanc » tué, puis une voiture qui file en direction du sud. Le réceptionniste lui raconte alors avoir été braqué par un seul assaillant qui lui donne un ordre avec ces mots : « restez là-bas ».

J'étais au sous sol en train de faire des petits travaux. J'ai entendu une voix dire :« aller, aller, aller ».

Lorsque j’ai entendu un coup de fusil, je suis retourné à l’auberge et j’ai vu un Blanc qui était déjà tué.

Dans son communiqué, le gouvernement malien a également fait part de « sa détermination et son engagement sans faille à entreprendre toutes les actions que commande la situation afin de garantir la paix, la sécurité et la stabilité ». Bamako hausse donc le ton dans la guerre au terrorisme, un terme derrière lequel se cache essentiellement un nom, celui d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Boubey Maïga, ministre des Affaires étrangères du Mali, juge que cette attaque révèle la hausse de l'insécurité dans le pays :

Cette attaque s’inscrit dans un climat ou il y a une escalade de différents milieux et une prolifération d’armes.

La réaction du gouvernement malien intervient également au lendemain de l’enlèvement de deux « géologues » (*) français, Serge Lazarevic et Philippe Verdon, kidnappés jeudi à 200km au sud de Tombouctou, à Hombori. Alors que l'armée malienne, épaulée par des troupes françaises, est à leur recherche, cinq hommes ont été arrêtés, dont le guide des deux géologues, Ibrahim Ould Bah. Des enquêteurs français sont également sur place pour tenter de retrouver les deux hommes. Désormais, neuf ressortissants étrangers sont détenus au Sahel, dont six Français.

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(*) Les deux Français ne seraient pas de simples géologues comme ils ont été présentés initialement. 

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