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Sénégal / election présidentielle

Sénégal : tension et incertitude à cinq jours de l’élection présidentielle

Manifestation anti-Wade du mouvement des jeunes «Y’en a marre», le 16 février 2012 à Dakar.
Manifestation anti-Wade du mouvement des jeunes «Y’en a marre», le 16 février 2012 à Dakar. © Reuters/Joe Penney

Au Sénégal, les mouvements de contestation se succèdent à quelques jours de l’élection présidentielle programmée dimanche 26 février 2012. L'opposition continue de protester pour forcer le président sortant Abdoulaye Wade à retirer sa candidature car ils la jugent illégitime. D’autres se demandent même si l'élection pourra se tenir, compte-tenu du contexte actuel.

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Faire de la place de l’Indépendance, à Dakar, une nouvelle place Tahrir, comme en Egypte, c’est l’objectif de l’opposition et c’est en tous cas ce que veulent éviter les autorités. Un robuste cordon de police a empêché les leaders du M23 d’accéder à ce lieu hautement symbolique de la capitale sénégalaise ce mardi 21 février.

Tension sur le Plateau

Les militants du M23 n’étant pas assez nombreux, leur leader le candidat Cheikh Bamba Dièye en tête, ont fait marche arrière. Pas une grenade lacrymogène n’a été tirée. « Nous allons revenir ici, s’est cependant exclamé Cheikh Bamba Dièye en quittant la place. Je ne veux voir personne nous barrer la route par rapport à la place de l’Indépendance », a-t-il repris.

L'élection ne peut pas se tenir dans des conditions normales

Ibrahima Fall

Du coup, Landing Savané, leader d’And-Jëf, venu accompagner les candidats d’opposition en a profité pour rappeler son credo politique : l’avenir sera au dialogue ou ne sera pas. « Je ne peux même pas vous dire ce qu’il va se passer le 26 février. Mais, quoiqu’il se passe, rien ne sera réglé », a-t-il prévenu. « Et il faudra, à un moment ou à un autre, en revenir à ce par quoi on aurait dû commencer : négocier » a-t-il réaffirmé. « Qu’Abdoulaye Wade puisse quitter le pouvoir. Et laisser les Sénégalais se doter du chef qu’ils veulent, et des institutions qu’ils veulent ».

Quelques minutes plus tard, le cortège du candidat Idrissa Seck est venu à son tour sillonner les rues du quartier du Plateau, une façon de montrer sa détermination alors que la présidence sénégalaise hausse le ton, accusant l’opposition de recruter des milices armées. De son côté Ibrahima Fall a estimé lors d’une conférence de presse donnée au siège de son mouvement, Taraw Tem, que la date du 26 février prochain n'était « plus tenable » pour l'élection, et il a appelé tous les acteurs à se réunir pour en discuter. Comme on pouvait s’y attendre, la réponse du camp d'Abdoulaye Wade a été sans équivoque. « Il est hors de question de parler de report » a affirmé Serigne Mbacké Ndiaye, le porte-parole de la présidence.

Incertitude pour dimanche

Le pays est loin d'être dans une situation insurrectionnelle

Serigne Mbacké Ndiaye

Par ailleurs l’opposant Malick Noel Seck a une nouvelle fois été arrêté. Le patron de la Convergence socialiste qui fait campagne pour Ousmane Tanor Dieng a été appréhendé lundi 20 février à Saint Louis alors qu'il menait une caravane dans la ville. Dans l'un des véhicules ont été retrouvés des armes blanches et des battes de base-ball. Il a été déféré ce mardi devant le procureur et attendait d'être mis en examen pour détention illégale d'armes et association de malfaiteurs.

En prévision de l’élection de dimanche, la Cédéao a annoncé qu'elle avait déployé 150 observateurs dirigés par l'ancien Premier ministre togolais Koffi Sama. Quant à l'Union européenne elle a dépêché 90 personnes sur place. Au total, 3 000 observateurs -en comptant les observateurs nationaux- superviseront le scrutin, selon la présidence sénégalaise. Reste à savoir si celui-ci pourra se tenir normalement.
 

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