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Mali

Mali : deux mouvements politiques créés en réaction au putsch

Les mutins apparaissent à la télévision malienne le 22 mars 2012.
Les mutins apparaissent à la télévision malienne le 22 mars 2012. REUTERS/Mali TV

A Bamako, alors que la junte au pouvoir ne semble pas maîtriser complètement la situation, les partis politiques et la société civile montent au créneau mais deux visions s'opposent. D'un coté, le SADI, Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance, d'Oumar Mariko et ses alliés ont créé le MP22, le mouvement populaire du 22 mars favorable aux mutins. De l'autre, le Front uni pour la restauration de la démocratie, un front de 38 partis, notamment le PARENA, le Parti pour la renaissance nationale, et d'associations, qui dénonce le coup d'Etat et demande un retour à l'ordre constitutionnel.  

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Faire front, s'associer pour donner du poids aux déclarations qui fustigent la junte et son coup d'Etat. Trente-huit partis, une longue liste d'associations, et des pointures de l'opposition politique pour porter le message, à l'image de Maître Kassoum Tapo, le porte parole de l'ADEMA, l’Alliance pour la démocratie au Mali : « les objectifs visés sont clairs, à savoir avant toute chose, le retour à une vie constitutionnelle normale, ensuite le rétablissement de la paix et la sécurité dans le nord du Mali et l’organisation dans les meilleurs délais d'élections libres, démocratiques et transparentes ».

Tiébilé Dramé, le président du PARENA, le Parti pour la renaissance nationale, un des leaders de cette coalition, abonde dans le même sens.

Nos objectifs sont clairs : la défense de la Constitution de janvier 1992, la restauration de la légalité constitutionnelle, le retour des mutins dans leurs casernes, et un calendrier électoral.

Tiébilé Dramé

Au sein de la société civile, les syndicats, jusque là silencieux, montent également au créneau. Diakité Shaka, secrétaire général de l'Union des travailleurs du Mali déclare :

« Partout dans le monde, l’union fait véritablement la force. Mais chacun a son indépendance, chacun a sa liberté, chacun a ses moyens d’action. Nous voulons un Mali stable, un Mali qui se développe ».

La justice s'associe aussi à cette coalition. Issala Keita, bâtonnier du barreau du Mali, s’exprime à son tour : « Nous avons condamné ce coup d’Etat, et la prise du pouvoir par des militaires. Aujourd’hui, toutes les forces démocratiques doivent pouvoir se réunir pour défendre la démocratie ».

Cissé Sékou, membre du conseil régional des jeunes de Mopti, fief du président déchu Amadou Toumani Touré, demande un retour à l'ordre constitutionnel.

Si le capitaine Sanogo aime le Mali, nous lui demandons de revoir sa copie, pour l'intérêt de la nation.

Cissé Sékou

Une réunion est prévue ce dimanche 25 mars à la Bourse du travail pour finaliser le document qui sera remis aux mutins. Mutins que les leaders de ce front uni pour la sauvegarde de la république et de la démocratie veulent rencontrer rapidement.

Le MP22, le mouvement populaire du 22 mars

Alors que ce front de 38 partis, notamment le PARENA et d'associations vient d'être mis en place pour dénoncer le coup d'Etat, Oumar Mariko, le secrétaire général du SADI annonce sur RFI la création du MP22, le mouvement populaire du 22 mars favorable aux mutins. Il est très critique avec ceux qui dénoncent le putsch.

Le mouvement MP22 a été créé pour accompagner politiquement le CNRDRE dans ses efforts de redressement de la démocratie, et l'instauration de l'autorité de l'Etat, mais un Etat démocratique et populaire.

Oumar Mariko

Pour sa part, le chef de la junte Amadou Sanogo tente la normalisation, il a rencontré plusieurs personnalités politiques le 24 mars, et notamment l'ambassadeur de France Christin Rouyer. Le chef des mutins, estime que tous les Maliens sont en droit de donner leur point de vue, critique ou non sur les évènements.

On va travailler dans un consensus national.

Amadou Sanogo

L'isolement diplomatique

Quatre jours après le coup d'Etat, le capitaine Amadou Sanogo et ses hommes semblent toujours ne pas avoir une maîtrise complète de la nouvelle donne. Isolés à l'intérieur par la classe politique et la société civile qui viennent de créer ensemble un Front uni pour la restauration de la démocratie, ils le sont également sur le plan diplomatique. Après l'Union africaine, la Cédéao a suspendu le Mali dont les nouvelles autorités ne pourront pas participer au sommet prévu mardi à Abidjan et consacré à la situation dans le pays. Objectif : faire pression sur les militaires et leur demander de rendre le pouvoir. Kadré Ouédraogo, président de la Commission de la Cédéao est formel.

Le Mali dans l'état actuel n'est pas invité au sommet. Il est suspendu jusqu'à ce qu'une décision contraire soit prise.

Kadré Ouédraogo

Les frontières fermées

En raison du coup d'Etat, les frontières du Mali sont toujours fermées. Conséquence de cette fermeture, des deux côtés de la frontière sénégalo-malienne, des  difficultés de circulation et d'approvisionnement. Des dizaines de camions et des centaines de passagers se retrouvent bloqués. Reportage au poste de frontière de Kidira, côté sénégalais.

A la frontière avec le Sénégal

Soumaïla Cissé, ancien président de l'UEMOA, leader politique et candidat à la prochaine élection présidentielle, appelle à un rapide retour à la légalité constitutionnelle et à la réouverture des frontières de peur que cette situation ne soit préjudiciable au Mali.

Il faut revenir à la légalité.

Soumaila Cissé

Depuis le coup d'Etat, le 22 mars, le sort du président Amadou Toumani Touré est toujours inconnu. Hier, le chef de la junte, le capitaine Sanogo, s'est entretenu avec le président sortant sénégalais Abdoulaye Wade. Selon un communiqué officiel sénégalais, il l'a assuré que le président Amadou Toumani Touré et sa famille étaient en lieu sûr et sous une bonne protection.

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