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Mali / Politique / Cédéao

Mali : début d'une semaine politique cruciale

Le chef de la junte Amadou Sanogo sort de sa rencontre avec le président par intérim Dioncounda Traoré, le 9 avril 2012.
Le chef de la junte Amadou Sanogo sort de sa rencontre avec le président par intérim Dioncounda Traoré, le 9 avril 2012. REUTERS/Joe Penney

Où va le Mali ? La question se pose cinq semaines après le coup d’Etat. La crise politique n’est toujours pas résolue dans la capitale alors que le nord du pays est toujours occupé par différents groupes rebelles. Après un week-end tendu à Bamako, et plus précisément au camp militaire de Kati où les décisions de la Cédéao prises jeudi dernier à Abidjan ont été perçues comme une trahison, c'est une semaine chargée qui s’annonce.

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Au menu de cette semaine, un nouveau rendez-vous d’abord avec la médiation. Blaise Compaoré doit recevoir ce lundi 30 avril des émissaires du capitaine Sanogo à Ouagadougou. L’objectif sera de rassurer les militaires qui ont très mal vécu les décisions prises par la Cédéao, jeudi dernier lors du sommet d’Abidjan.

De mon point de vue, il n’y a pas de quoi s’alarmer. Nous nous sommes rendus à Bamako pour apporter certaines clarifications. Nous leur avons dit qu’à aucun moment la conférence des chefs d’Etat a voulu mettre au banc des accusés tel ou tel acteur ; mais devant cette préoccupation, le médiateur a tout de suite souhaité que la CNRDRE se rende à Ouagadougou pour en discuter avec eux…

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Cette rencontre fait suite au huis clos qui s’est tenu samedi, en urgence, pendant près de trois heures au camp de Kati, sur les hauteurs de la capitale malienne. Un huis clos entre le chef de la diplomatie burkinabè et le leader de l’ex-junte. Cet entretien a permis d’éviter un dérapage mais n’a toujours pas mis fin au blocage.

La crise au nord du pays passée au second plan

La Cédéao et le Mali : paroles de Bamakois

Malgré la situation volatile, un conseil de cabinet devrait se tenir aujourd’hui à la Primature, premier rendez-vous entre les nouveaux ministres et leur patron, qui devrait consacrer le redémarrage de l’administration, décapitée depuis cinq semaines après de nombreux pillages.
En se mettant au travail, le gouvernement va aussi peut-être pouvoir commencer à se pencher sur la crise humanitaire et sécuritaire au nord du pays ; le nord laissé à la merci des groupes rebelles touaregs et islamistes ; le nord qui risque d’être encore délaissé tant que la crise au sommet du pouvoir n’est pas résolue.

Dans le Nord, à Tombouctou dominée par les islamistes d'Ansar Dine et d'Aqmi, la population se sent abandonnée.

On se sent même abandonnés par nos propres autorités, parce qu’ils mettent la politique au-dessus de la paix. Nous sommes abandonnés nationalement et internationalement !... pas mal de jeunes aujourd’hui vont intégrer ces groupes parce qu’ils n’ont rien à manger…

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Sadou Diallo, maire de Gao, lance un appel

Le maire de Gao, Sadou Diallo, rencontré à Bamako par notre envoyée spéciale, lance lui aussi un appel à la Cédéao, aux hommes politiques maliens, au capitaine Sanogo. Il met en garde contre le travail de propagande des islamistes, des « malfrats » auprès des populations. « Ces gens sont des spécialistes du lavage de cerveau, explique-t-il, chaque jour je reçois des SMS sur telle personne qui a rallié ces hommes, qui sont capables de mobiliser des milliers de jeunes et de femmes… »

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